Posted on: juin 7th, 2011 Conférence-débat clôturant les 2 ans d’activité de recherche sur l’identité numérique dans la mobilité

Introduction de l’évènement :

« Rémy Bourganel et Étienne Mineur, responsables du laboratoire de recherche EnsadLab IDN leurs étudiants-chercheurs Kevin Boezennec, Geoffrey Dorne, David Serrault sont heureux de vous inviter à la conférence-débat clôturant les 2 ans d’activité de recherche sur l’identité numérique dans la mobilité. Cette conférence aura lieu le vendredi 24 juin, de 18 à 20h, amphi Rodin, Ensad, 31 rue d’Ulm, 75005, Paris. »

La conférence se tient dans le cadre de futur en seine : http://www.futur-en-seine.fr/fiche/enjeux-idn

Le programme de l’évènement :

  • Introduction, génèse du laboratoire,
  • Présence, micro-communauté et mobilité, présentation de David Serrault et Stephane Hugon
  • Identités et sérendipités, présentation de Kevin Boezennec et Dominique Cardon
  • Présence, communication non-verbale et espaces partagés, présentation de Geoffrey Dorne et Stefana Broadbent
  • Table ronde avec Stephane Vial, Giuseppe Attoma et Daniel Kaplan
  • Présentation du programme 2011-2012.

Entrée libre et gratuite.

Vous êtes chaleureusement invités.

Posted on: mai 15th, 2011 IDN devient IDM et annonce son programme 2011-12

in English here
Opportunités de nouvelles formes de communication conséquente de la connexion permanente dans la mobilité et de la convergence internet/telecom.
• Contenu et objectifs :
La convergence internet/telecom et la capacité des smartphones de capture et d’écriture d’information dans le temps et dans l’espace ainsi que l’accès ubiquitaire à mon nuage d’information font émerger une forme d’identité numérique mobile qui transforme notre rapport à notre environnement et à l’autre. Reconnaissant ainsi la nécessité de valoriser le spectre qualitatif de notre graphe social dans nos communications, ainsi que le jeu des facettes identitaires, IDM explore donc les opportunités de nouvelles formes de communication inter-personnelle, médiées numériquement, dans le contexte de mobilité urbaine, à l’horizon de 5 ans. Combinant les nouveaux canaux de communication, les objets communiqués et leur notifications, IDM ambitionne d’identifier de nouveaux paradigmes d’interaction et patterns d’interface esquissant la grammaire d’un nouvel OS mobile résolument ancré dans la post-modernité, pour ré-enchanter et nuancer nos routines quotidiennes de communication.
• Travaux menés :
La recherche sera axée sur 3 chapitres en parallèle:
1. Nouveaux canaux/nouveaux espaces de communication et propriétés: valorisant l’émergence de nouvelles formes de présence et de dynamique de conversation.
2. Nouveaux objets communiqués et propriétés: valorisant une augmentation du contrôle de l’information et de la dynamique de conversation.
3. Nouvelles notifications et propriétés: valorisant une communication plus organique.
Champs disciplinaire :
Interaction design
Service design
Sociologie de l’imaginaire
Anthropology
Cognitive science
Computer science/programming
• Résultats et modes de valorisation :
Veille et blog
Suite de Workshops
Suite de Design probes
Suite de prototypes et expérimentations avec utilisateurs
Colloque: ré-enchanter la communication dans la mobilité.
• Professeurs EnsAD :
Rémy BOURGANEL, Etienne MINEUR.
• Experts et professeurs associés :
Frederique PAIN/Jean-Baptiste LABRUNE, chercheurs Bell Labs, France.
Stephane HUGON, sociologue de l’imaginaire, Sorbonne, Paris
Samuel GRANGE, sémioticien.
• Durée et période de réalisation :
2 années scolaires, à partir d’octobre 2011.
• Rappel des profils recherchés pour les candidatures :
Titulaires d’un master en design ou équivalent (DNSEP par exemple), il est recherché des candidats avec un positionnement mature relevant du design et justifiant d’une experience de recherche et de création avec les technologies informatiques et électroniques. Des candidats venant de disciplines scientifiques connexes peuvent être envisagés, en particulier celles relevant des sciences pour l’ingénieur. L’accueil de candidats déjà inscrits en doctorat est tout à fait envisageable et même souhaitable. Les candidats devront pouvoir justifier d’une activité d’au moins 3 jours par semaine pour le laboratoire.
Les candidats étrangers auront la possibilité de participer en partie à distance, en partie in-situ s’ils justifient leur motivation.
Appel à candidature
info-idn[at]ensad.fr

Posted on: mai 15th, 2011 Neen – non-verbal emotional experience of notification – research project by Geoffrey Dorne

Neen

[ENG] – Neen for (non-verbal emotional experience of notification), is developed by Geoffrey Dorne in the IDN Research Lab (Digital Mobile Identity) head by Remy Bourganel & Etienne Mineur, in EnsadLab Paris. Neen is a project that investigates how to enable phatic communication, and etiquette with someone in digitally mediated conversation engagement. Aiming at introducing fluidity, moods and politness, it revisits digital presence, non-verbal communication as well as messages or call notifications through design probes.

[FR] – Neen pour “non-verbal emotional experience of notification” est développé par Geoffrey Dorne au sein du laboratoire de recherche IDN (Identité Numérique Mobile) sous la tutelle de Rémy Bourganel & Étienne Mineur à l’EnsadLab de Paris. Neen est un projet qui étudie la notification au travers de la communication phatique, émotionnelle et non-verbale. Visant à introduire la fluidité, l’humeur et la politesse, il revisite la présence numérique, la communication non verbale, ainsi que les messages ou les notifications d’appels grâce à des design probes.

Video

Some pictures

neen_geoffrey_dorne

Links

- Website
- Mobile Website
- Flickr [pictures]

Thank you :)

Posted on: mai 14th, 2011 Soul Player

« Soul Player » :

Je m’intéresse aux opportunités de rencontre dans des lieux de transition, de latence,  à des moments ou nous sommes potentiellement disponible et ouvert pour échanger sur nos centres d’intérêt, nos loisir comme par exemple nos jeux vidéo.
l’application met en avant L’aura représentant son univers ludique dans la mobilité.
Cette vitrine est une amorce Dans le but de créer de la communication.

Il y a plusieurs niveaux dans le service car je peut être intéressé par le fait de partager mon univers video ludique de manière ponctuelle mais je peut aussi envisager de garder le contact et de partager plus en détails ce qui construit mon univers. L’espace partagé est considéré comme « une zone d’ouverture sociale temporaire » avec différent niveau de granularité vis-à-vis de l’humeur dans laquelle je suis.

Si deux personnes ont les mêmes champs d’intérêt, ils peuvent engager le dialogue en comparant leurs stats, les victoires et se défier. La visibilité se fait par un « scan » de proximité, d’une carte locale. Les profils se construisent en fonction de ce que l’utilisateur partagent, si ses données sont privée ou public.

Vu qu’il y a plusieurs niveau dans le service, la plateforme se décline également avec un site internet qui témoigne de l’historique des rencontres, de ou elles se sont faites, celles qui ont continuées etc

Document de présentation :

Video :

Soul Player from kevin boezennec on Vimeo.


Kévin

Posted on: mai 14th, 2011 Hic&Nunc

HIC&NUNC*

« Je suis {ici} et {maintenant}, je vais bien et je pense à toi. »
Comment créer en situation de mobilité, un espace partagé intime entre deux personnes situés géographiquement à distance?

L’éloignement est une privation et la carte postale reste, malgré son archaïsme, l’un des subterfuges les plus efficaces pour réduire la distance avec nos proches.

Entre la fin du 19eme siècle, et le début du 20eme la carte postale est un moyen de communication utilisé parfois quotidiennement par nos arrières, arrières grand parents pour leurs communications au sein de leur famille, leurs amis, leurs connaissances. Parfois dans la même ville ou le même quartier, souvent pour se donner rendez vous a déjeuner, échanger quelques nouvelles…

Les cartes postales ne comportaient au début pas d’illustration. Jusqu’au début du 20eme siècle, époque à laquelle elles ont évoluées pour faire face peut être à la concurrence des outils de communication moderne, le télégramme, puis le téléphone.

Aujourd’hui, son usage a diminué, elle n’en a pas pour autant disparu. Avec la diversité des moyens de communication à notre disposition, écrire, recevoir une carte postale n’en a que plus de valeur. Une valeur que les outils de communication numérique à notre disposition peinent à égaler. Leurs dimensions technique et utilitaire prennent encore le dessus sur l’émotion que nous ressentons lorsque nous apprenons qu’une personne à laquelle nous sommes attaché nous a prouvé, par un geste, qu’en un lieu et un moment, à pensé à nous.

Comment reproduire les conditions de l’apparition de l’émotion que nous ressentons lorsque l’on reçoit une carte postale ?

Hic & Nunc est un espace partagé au cœur du quel se situe la géolocalisation des personnes qui en font partie. A la géolocalisation s’ajoute un dispositif de messagerie simple. Ce projet s’appuie sur la métaphore de la carte postale.

La géolocalisation est mise en scène par le biais d’une interface de localisation, métaphore d’une boussole, et d’une interface d’envois et de réception de messages dont la forme, générique, s’articule autours de la localisation, du temps et de l’état d’esprit dans lequel se trouve l’émetteur du message au moment de l’envois.

Il s’agit de développer un sentiment de corps collectif au sein d’une communauté dont le nombre de membres est limité. Un réseau centré sur la communication intime, instigateur du sentiment de présence et d’appartenance à un corps collectif. Un micro-réseau social.

Nous allons étudier la manière dont la communication médiée et géolocalisée peut, par son articulation temporelle et spatiale, fournir la base de la co-création d’une fiction partagée.

Pourquoi Hic&Nunc ?

Nous assistons aujourd’hui au développement d’un comportement  qualifié « d’individualisme en réseau », qui contribue à l’adoption des technologies mobiles de communication. Il nous semble que les technologies mises en œuvre ne répondent encore que partiellement au désir de ré-enchantement latent chez les utilisateurs des NTIC.

L’enjeux de ce projet est de développer et tester une application en ajoutant aux aspects fonctionnels une dimension esthétique et interactive, chercher à identifier la pertinence sociale d’une application, au delà de la fonctionnalité technique.

Dans cette optique, les aspects suivants seront développés avec particulièrement d’attention :
- La représentation du positionnement spatial des contacts du réseau
- La mise en scène de l’envoi et la réception des messages
- La notification de la réception des messages
- L’avatar représentant les membres du réseau
- L’esthétique du dispositif et sa perception par les utilisateurs

Il s’agira ici d’identifier les conditions de l’adhésion par des utilisateurs à un dispositif technologique de communication géolocalisée.

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Posted on: février 22nd, 2011 Entretien avec Yasmine Abbas

yasmine

Bonjour Yasmine, qui êtes-vous et que faites-vous dans la vie ?

Je travaille depuis 1999 sur le néo-nomadisme et en ce moment, j’organise un groupe de recherche sur le développement durable. On peut se demander quelle relation il y a entre le développement durable et le néo-nomadisme. Ce qui m’intéresse c’est l’impact énorme que représente le néo-nomade sur la ville.

Je suis architecte de formation, après avoir travaillé aux émirats je suis allé aux États Unis pour faire un master au MIT puis un doctorat a Harvard. C’est au MIT que j’ai commencé à conceptualiser ce qu’est le nouveau nomade.

Pour moi c’est quelqu’un qui est mobile, physiquement, mentalement et de façon numérique. J’ai commencé à y penser car une thèse est souvent basé sur du vécu et en tant qu’hybride je me suis intéressée aux mouvement culturels. Comment est-ce que l’on recréer un « chez-soi » quand on vient d’une autre culture ? Finalement, partout où je suis passé j’ai laissé des traces, j’ai toujours du mal à me positionner quand on me pose la question d’où je viens. Cela dépend du contexte et de l’interlocuteur car si je me sens confortable je commence à expliquer d’où je viens, tout mon parcours, puis si je me sens moins confortable je prend position. Quand je suis en France je dis que je suis arabe, quand je suis dans un pays arabe je dis que suis française. Je me suis donc aperçu que notre identité était fluide.

Il y avais déjà eu des recherches autour du « new nomad », notamment chez Philips. Je me suis également documentée sur le lien familial gardé par les émigrés et comment ils communiquaient avec leur famille (via des cassettes audio/vidéo). J’ai eu un déclic, la nouvelle technologie comme moyen de se raccrocher finalement à une histoire, à des espaces qui étaient complètement distribués.

Qu’est ce que l’identité numérique pour vous ?

Kévin, tu parlais du « cloud living », je pense que c’est toutes ces histoires, toute cette mémoire qui est stockée et qui fige presque une identité. Ces identités sont dynamiques par ce que au fur et à mesure de son  passage dans des endroits, des photos que l’on ajoute, des amis qu’on enlève etc…

Cette identité est complètement malléable, on devient immortel, on ne la contrôle pas finalement, du moins pas autant qu’on ne le voudrait.

Ce n’est pas pour vendre mon bouquin (*rire*) mais avec le sociologue Fred Hervin (que je n’ai jamais rencontré) nous sommes co-éditeurs de Les Technologies Numériques du Soi » ou Co-construction Identitaire. Il y a donc plusieurs textes qui traitent des identités numériques, de l’aura virtuelle.

Le néo-nomade est par essence mobile, ce qui crée de nouvelles géographies, des territoires nouveaux.  L’identité numérique est donc indissociable du nouveau nomade.

Je tiens à préciser que le nouveaux nomade vient de divers horizons par exemple j’ai rencontré des réfugiés au Danemark qui utilisait HI5 et facebook pour retrouver des personnes qu’ils avaient perdu durant la guerre. Avec eux ils recréent un espace virtuel ou il échangent dans leur langue, se donnent des informations pratiques etc…  Il y a donc différents nomades, de l’activiste numérique au réfugié.

J’ai presque envie d’en faire un outils scientifique. Cette année j’ai parcouru 25 000 km physiquement, mentalement pas vraiment parce que je suis allé de chambre d’hôtel en chambre d’hôtel. Digitalement je suis resté connectée.

Mais le néo nomade n’est pas forcément physiquement mobile, il peut l’être uniquement digitalement.

Geoffrey : « J’ai récemment eu écho de gens qui vivaient avec 100 objets pour être nomade, en tant que néo-nomade comment perçois-tu cette tendance ? »

J’expérimente avec moi-même mais je ne suis pas arrivé a 50 objets c’est pas possible ! Surtout si on bouge dans nos sociétés de consommation. Il y a des objets auxquels on s’attache car  ils représentent des moments, ce sont des objets mémoires que l’on transporte d’un espace à l’autre. Je parle de collection dynamique, d’objet qui nous conviennent dans un endroit mais que l’on à pas envie de transporter dans l’endroit suivant. L’éphémère ça passe aussi dans l’attribut de l’émotion dans l’objet.

Auriez-vous des exemples d’identité numérique mobile ?

Pour moi tout ce qui est stockable sur un appareil numérique fait partie de notre identité. Ce qui me frustre avec facebook c’est que pour être connecté avec d’autres il faut être sur la même plateforme. Si tu veux rester en contact avec des gens tu dois forcer tout tes amis a être sur la même plateforme, ce qui restreint le territoire finalement. C’est encore lié à une géographie et à une communauté. Même l’infrastructure virtuelle ça nous force dans une certaine mobilité, tout comme dans la réalité. J’ai des amis qui refuse d’être sur facebook, ce qui est problématique pour le néo nomade. C’est un choix de pas y aller mais ça ferme la porte des groupes d’amis…

Je me demande si c’est possible d’effacer toute ses traces, ses identités numériques, apparemment il faudrait un virus.

J’aime bien l’idée de créer des choses, de faire du design, de l’architecture qui disparaissent, qui ont une vie limitée. L’architecture vernaculaire c’est ça, ce qui est génial c’est que ça a été créé par plusieurs personnes.

Quels sont les enjeux pour le futur ?

Je pense que nous devons utiliser nos ressources de manière efficace, comprendre que finalement il faut pouvoir permettre aux usagers de pouvoir disparaitre sans imposer des choix ou des identités.

On s’est intéressé à l’usager comme individu, même dans une communauté. Je pense que maintenant nous devons penser à l’intérêt commun, c’est moins le numérique et plus le développement durable. Quand on a créé ces espaces, ces identités… il faut aussi  les penser dans une optique d’enjeux commun, d’échange d’espace de ressources, de recyclage de données etc

Quelles sont vos prédictions pour les cinquante prochaines années ?

Je pense que l’on va être moins mobile mais que la mobilité forcée va être augmenté. Les enjeux vont être la gestion, la prédiction de ces flux, des ces données monumentales.

Posted on: février 2nd, 2011 l’IDN au LIFT 2011

IMG_0400

Nous venons d’arriver au LIFT11 à Genève ou nous présentons deux projets de recherche ainsi que le labo idn:

HICetNUNC

Neen

IMG_0402

Demain nous suivrons Etienne Mineur qui présentera : « Games, beyond Gamification and transmedia »

A suivre au fil des conférences et workshops que nous fairons.

IDN.

Posted on: décembre 18th, 2010 Entretien avec Benjamin Joffe

Benjamin Joffe

Benjamin Joffe

Bonjour Benjamin, Qui êtes-vous ?  Que faites-vous dans la vie ?

C’est devenu une question difficile pour moi. Je suis né en France et j’ai vécu 10 ans en Asie: Japon, Corée du Sud, Chine, ainsi que quelques temps à Singapour et aux Etats-Unis.

Je dirige depuis 7 ans une société de conseil en « Digital Strategy » centrée sur l’innovation en Asie: +8*avec comme clients de grandes sociétés et startups du monde entier (Microsoft, Adidas, Tumblr, IMVU, Layar, et même Harvard Business School!)

Je suis angel investor dans 2 sociétés: Cmune qui vient de lancer UberStrike, le premier first-person-shooter dans Facebook et MyGengo, une plate-forme de traduction multilingue avec des vrais traducteurs.

Je suis speaker dans de nombreuses conférences, déjà plus de 100. Récemment, à LeWeb, j’animais un panel sur l’Asie « Asia: Digital Life, Real Billions« .

Je suis conseiller auprès de deux incubateurs, l’un a San Francisco (500 Startups) et l’autre à Dalian (Chinaccelerator)

J’ai lance le « Mobile Monday » a Pékin et organise 37 événements – plus de 130 speakers et 3,000 participants en 4 ans.

Je voyage beaucoup, choisis les projets qui me plaisent et travaille d’où je suis, ou que je sois. Je m’intéresse a des sujets qui peuvent sembler ésotériques comme les réseaux de confiance, les économies virtuelles, la dynamique sociale numérique, l’intelligence artificielle comme AAI – MyGengo, ainsi que les   »Digital third places ». Cmune a été crée sur ce concept. Mais je recommande Google pour en savoir plus, c’est un peu long a expliquer.

Lorsque nous nous étions croisé au Lift en Corée du Sud l’année dernière, vous m’aviez repris sur la notion de réalité virtuelle. En quoi le terme virtuel est t-il inapproprié pour parler des médias numériques selon vous ?

« Virtuel » est l’un de ces mots que tout le monde pense connaitre, mais dont personne ne peut donner une définition. Il y a des connotations assez vagues derrière ce terme qui empêchent de savoir ce que c’est. Plutôt que virtuel, je préfère parler soit de numérique, soit d’online, soit d’intangible. Virtuel donne l’impression de s’opposer au réel, alors que ce n’est pas le cas. Ce n’est pas parce que c’est numérique que ca n’existe pas.

Je ne suis pas étonné de mon commentaire à l’époque. Je pense qu’il est plus facile de réfléchir avec la notion de numérique ou d’intangible, plutôt qu’avec la notion de virtuel.

Que veut dire identité numérique pour vous ? Dans votre travail ?

Cette question m’intéresse beaucoup car j’étudie depuis des années les réseaux, les médias sociaux et les comportements en ligne. Je pense que la bonne question est « que sont les identités numériques » au pluriel – nous avons de nombreuses identités en ligne, une ou plus par service que nous utilisons. Ma perception est que nous avons aussi de nombreuses identités « offline » et que celles en ligne sont simplement plus maniables.

Dans mon travail, mon identité en ligne est ma principale source de business. Je viens de répondre à une interview sur le « personal branding ». Apparemment mon nom est le premier quand on cherche « linkedin » et « china » dans google.

Je pense que les choses ont vraiment décollées quand j’ai commencé à être invité et parler dans des conférences, ainsi que partager certaines de nos analyses. 100 conférences plus tard, avec plus de 50 présentations partagées sur Slideshare et plus de 100,000 personnes les ayant lues, mon nom et celui de +8* viennent souvent a l’esprit des entreprenautes quand ils parlent d’Asie.

De mon cote, l’Asie est une source d’inspiration mais pas un sacerdoce. Je réfléchis a de nombreux sujets plus vastes, comme on peut le voir parmi mes présentations sur Slideshare, les articles postes sur notre site, ou mon compte Twitter.

On dirait que vous gérez votre identité numérique comme un patrimoine. Quelle est la part de votre temps que vous passer à la développer ?

Je contribue directement à mon identité numérique, à chaque fois que je poste un tweet, à chaque fois que je mets une présentation en ligne ou que j’update mon site Web, ou ma page Linkedin.

Et après, il y a des choses que je fais indirectement, comme répondre à cette interview, ce qui contribue à renforcer, ajouter des nuances ou complexifier mon identité en ligne. Quand je vais à des conférences, et j’en fais pas mal comme à LeWeb cette semaine, cela contribue aussi à mon identité.

La proportion de temps que j’y passe n’est pas facile à estimer. A chaque fois que je partage quelque chose, offline ou online, cela contribue à créer cette identité. Après il y a le temps ou je lis, ou je réfléchie, ou je crée des documents, je fais des recherches…

En ce qui concerne le partage de tweets, je suis sélectif. Il m’arrive de lire ces choses intéressantes, mais qui ne collent pas vraiment à l’image que je veux donner et que je ne vais pas forcément le retweeter. Par exemple, j’ai lu pas mal d’articles sur Wikileaks, dont des analyses vraiment passionnantes mais je n’ai pas vraiment envie d’associer mon identité en ligne à cette histoire tant que je n’ai pas une opinion plus claire. Je ne veux pas que les gens puissent penser que je suis pour ou contre tant que je n’ai pas une opinion claire moi-même.

Qu’est ce que l’identité numérique dans la mobilité, selon vous?

Personnellement, je ne vois pas de très grande différence entre donner son email perso et son numéro de mobile. Par contre, le mobile ajoute potentiellement l’information liée au lieu, et ca, c’est vraiment différent.

J’ai travaillé en 2003 avec Newt Games, une startup qui développait un jeu mobile géolocalisé au Japon, et je me suis rendu compte de la complexité et des aspects aussi bien émotionnels que sécuritaires de cette information.

Je pense qu’il y aura beaucoup de choses intéressantes dans le futur avec le positionnement, mais c’est encore avant-gardiste.

Pouvez-vous nous parler des tendances liées à la mobilité en Asie ?

C’est délicat de parler de l’Asie car les marchés sont trop différents pour tous les mettre dans le même panier.

Le Japon est le premier marché de la 3G dans le monde avec 99% de pénétration. 2/3 des gens y ont des forfaits illimités. On voit au Japon des choses que l’on ne voit pas ailleurs. Par exemple, 3 réseaux sociaux sur mobile sont déjà cotés en bourse et ils sont tous 3 profitables. Les deux premiers valorisés à auteur de 2 milliard de dollars pour l’un et 4 pour l’autre. Ce n’est pas rien et c’est dut à l’avance du Japon sur cet écosystème mobile.

Ensuite il y a la chine qui a lancé la 3G depuis peut de temps. Il y a en chine environ 50 million de personnes connectées en 3G. Cela parait énorme, mais quand on pense qu’il y a en chine entre 700 et 800 millions possesseurs des mobiles, le potentiel est énorme.

Au Japon, 110 millions de personnes ont un mobile 3G et c’est une 3G beaucoup plus fiable. En chine par ailleurs, la moyenne des revenus est de 400$ par mois. Ce n’est pas comparable et cela explique que les usages soient différents, et que les prix ne soient pas les mêmes.

La démographie aussi à une influence. En chine, les utilisateurs sont plutôt jeunes alors qu’au japon, qui est l’un des pays les plus âgés au monde, les utilisateurs de toutes les tranches d’âge sont représentés.

Les services qui se développent là bas sont intéressants et peuvent rapporter beaucoup d’argent, même s’ils comptent peu d’utilisateurs. Le premier réseau social sur mobile lancé par la société DeNA par exemple compte environ 20 million d’utilisateurs et cette année, ses revenus vont être d’à peut près 1 milliard de dollars. Facebook, avec 500 million d’utilisateurs, soit 25 fois plus, génère peut être le double de revenus. Et de plus, Facebook génère à peut près 0$ sur le mobile, alors que le réseau social de DeNA est quand à lui entièrement sur mobile. Le modèle économique est différent. Facebook génère des revenus avec de la publicité alors que DeNA s’appuie sur la vente d’objets « virtuels », des objets numériques pour la personnalisation ou les jeux.

Voila les deux principaux marchés asiatiques en quelques mots.

Ensuite, pour le reste de l’Asie, c’est assez varié. En Corée, ils y a une très très bonne infrastructure mobile, mais elle a été tellement verrouillée par les opérateurs que peu de services ont pu décoller. Les seules dont on entend parler depuis 10 ans sont trois sociétés de jeux mobiles, les autres sont des filiales des opérateurs. La Corée à un peu « raté le coche ».

L’Indonésie est un marché intéressant, qui compte environ 120 million de personnes sur mobile. C’est aussi le 2eme pays ou Facebook compte le plus d’utilisateurs. Beaucoup d’entre eux y accèdent via le mobile.

Une plateforme mobile décolle en ce moment. Elle a été conçue par une société taïwanaise : MediaTek, qui produit déjà des téléphones de toutes les couleurs et de toutes les formes. Elle devrait produire prochainement des téléphones Androïd à 100€ ou moins.

Sur la base de cette plateforme, une petite usine peut créer une série de mobile à partir de 5000 unités, avec des formes variées. J’ai un mobile en forme de Ferrari, et j’avais un mobile avec un rasoir électrique intégré et cela vaut en général entre 50 et 100 $. C’est en train d’attaquer le business de Nokia.

On parle d’iPhone et d’Android, mais ces téléphones sont assez chers. En chine, cela représente à peut près 2 mois de salaire. Les gens dans les pays émergents sont plutôt intéressés par l’achat de téléphones moins cher, mais qu’ils peuvent changer souvent. Ces téléphones marchent très bien, et dès qu’ils intégreront une couche Androïd, on commencera surement à les voir dans tous les pays du monde.

C’est de la « mass customisation ».  A partir de 5000 unités, et avec un effectif très réduit, une équipe de 5 personnes, on va être capable de produire des téléphones mobiles.

Pouvez-vous nous donner des exemples d’usages d’identité numérique dans la mobilité ? Les votre ou des usages que vous connaissez ?

En 2003, nous avions un jeu multijoueur avec le GPS, des avatars et des objets virtuels à travers tout le Japon. J’y ai joué 6 mois et je n’ai retrouvé qu’un pale reflet de l’émotion ressentie avec ce jeu lorsque j’ai utilisé FourSquare.

Un autre service qui m’intéresse est « Foound », une startup de Singapour qui permet de proposer a ses amis des plans – sortie ou autres – souvent géolocalisés. J’ai aussi croisé des exemples de coupons géolocalisés, et même Google et autres cherchent à proposer des services adaptes: cherchez « Inception » le vendredi soir et votre mobile devrait proposer en priorité des cinémas alentour. Un autre aspect intéressant est l’idée que les identités numériques peuvent être aussi bien « réelles » a la Facebook, que virtuelles – les réseaux sociaux en Asie sont majoritairement sur ce modèle (Mixi, Gree, DeNA, mig33). L’identité dite « réelle » est assez limitante…

Et, Y a-t-il des spécificités dans la gestion de l’identité numérique en Asie ? Quels sont les points communs avec l’occident ?

Il a effectivement des différences, mais aussi plein de points communs, et cela ne veut pas dire que différentes approches ne puissent pas coexister, parfois dans un même pays.

Sur Facebook, les « terms of service » disent qu’il faut être inscrit sous son nom réel. Le nom du passeport. C’était le cas aussi du premier réseau social coréen, Cyworld, qui s’est lancé il y 10 ans et qui est encore le plus grand la bas. En Chine c’est un peu mixte, au japon, les 3 réseaux sociaux sur mobile, dont 2 sont très orientés jeux s’appuient sur une identité inventée.

C’est à comparer avec la façon dont on gère l’identité numérique aux Etats Unis, où depuis le 11 septembre 2001, les américains ont un peu pris l’habitude qu’on leur demande des informations personnelles systématiquement et qu’il n’est pas très « patriotique » de ne pas les donner. C’est que l’on a des choses à cacher. De fait, aux US, il est assez difficile de promouvoir l’idée d’utiliser une identité autre que celle du passeport, même si finalement cela crée beaucoup de limitations du fait que bien souvent l’identité réelle est liée au travail, à la banque, l’assurance et que l’on a pas forcément envie de tout mélanger. Alors que l’on fait ça offline. Avec ces amis, on ne parle pas forcément de ce que l’on fait à son travail et à son travail, on ne parle pas forcément de ce que l’on fait comme sport. Finalement, l’Asie est plus en avance dans ce domaine.

Je pense que les japonais son bien sensibles à la vie privée que d’autres pays. Au Japon, il y a aussi une sensibilité supplémentaire autours du nom et de la protection du nom. Par exemple, je crois que le Japon est le premier pays à s’être plaint des Google Cars qui prenaient des photographies des rues pour Google Street View. Cela embêtait pas mal les japonais pour deux raisons.

Premièrement, cela prenait la photographie de la façade de la maison sur laquelle se trouve le nom des habitants, ce qui permettait, via Google Street View de visiter tout un quartier et de relever les noms des personnes qui y habitent sans bouger de chez soi.

La deuxième raison est liée à la position de la caméra des Google cars, sur leur toit, au dessus de la ligne de vue d’un passant. Hors, les barrières des maisons au japon sont aussi à peut près à cette hauteur, ce qui permet de voir dans certaines maisons.

Je lisais aussi juste avant cette interview un document émanant de l’ambassade de France à Washington sur la définition légale de la vie privée en France. C’est assez intéressant à lire car finalement, les gens parlent de vie privée, de vie publique, d’ouverture, mais personne n’a regardé la loi. Il y a des lois sur ce que l’on a droit de partager, les photographies que l’on peut prendre, ou pas et il y a des amendes, ou des peines de prison pour des infractions à la vie privée.

Quels sont selon vous les enjeux de l’identité numérique ?

La vraie difficulté à mon sens est de bien ressentir les implications lorsqu’on partage des informations: une photo sur Facebook peut se retrouver n’ importe où, un tweet est visible de tous…

A ce jour, imposer une identité centrale et visible à tous me semble être une menace.

Sans vouloir dramatiser, je pense que l’on s’achemine vers des problèmes de société importants car l’individu ne contrôle pas son identité numérique: je peux poster une photo de vous ou des commentaires sur vous a votre insu. Je connais même des sociétés qui proposent de créer des blogs posts disant du bien de vous, d’ajouter des commentaires positifs dans un forum qui vous vilipende, ou même de contacter les sites parlant de vous pour effacer vos traces.

Peu de gens ont été habitués à remettre en question ce qu’ils lisent ou entendent, or une des compétences capitales du citoyen numérique va être la « crap détection » ou « l’évaluation de la fiabilité », en français poli.

Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2012 / 2020 / 2050 ?

En 2012 je pense qu’il va y avoir une multiplication des incidents lies à la « vie privée »: photos, commentaires, fichiers. Politiques et célébrités ne sont plus les seuls concernés. Les gouvernements commencent à se poser des questions aussi. Wikileaks, le premier cas de fuite massive à l’échelle gouvernementale va forcer la réflexion.

Pour 2020, c’est tellement loin, 10 ans! Un utilisateur un peu sophistiqué aura son identité principale pour ses transactions quotidiennes, une autre pour son ou ses travaux, une autre pour les activités qu’il ne souhaite pas partager. Son cours de broderie du samedi par exemple… Et plusieurs autres pour des communautés, forums et jeux en ligne, y compris mobile.

En 2050 ? Même les auteurs de science fiction s’y perdent! Je conseille de regarder la série animée japonaise « denno coil » qui donne une vision captivante de la réalité augmentée. Cette série a inspire la startup Layar a Amsterdam pour créer son « Mobile Augmented Reality Browser ».

Merci Benjamin.

Propos recueillis par David Serrault

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Posted on: décembre 17th, 2010 Conférence autour du design de la presse en ligne

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Nous étions (avec Remy et David) à la conférence organisée par Peter Gabor (e-art sup) mercredi 15 décembre au cinéma Mac Mahon autour du design de la presse en ligne (passé/présent/futur). Les intervenants étaient : Étienne Mineur, Geoffrey Dorne, Jean-Louis Frechin, Michel Chanaud, Ludovic Blécher.

La conférence commence par un tableau d’Étienne sur les applications qui permettent de lire sur iPad :

www.my-os.net/blog/index.php?2010/12/11/1498-lire-sur-un-ipad

Quelques échos de la conférence

« La presse en ligne n’est pas contre le fait de penser la diffusion de ses contenus de manière adaptée en fonction du support, le seul problème est de trouver le buiness modele…. »

Rémy Bourganel souligne une stratégie  pertinente en terme de diffusion et en terme d’expérience utilisateur, la transmédialité (très bonne explication par le transmedialab  ici), c’est à dire adapté de manière pertinente le fond (le contenu), la forme (interaction avec le support) et le contexte (lier la temporalité et la synchronicité entre les supports). C’est un enjeu, voir même le domaine du designer de penser un projet dans sa globalité, de définir les cadres et limites d’un projet.

Quelle complexité en effet de concilier le métier de journaliste avec l’évolution si radicale du support et des usages de consultations de la presse en ligne. Le support à toujours été mobile mais pas le contenu, désormais il se doit de l’être. L’équilibre entre une nouvelle forme de journalisme et de nouvelle forme de consultation de contenu est parsemé de béquille car en 6 mois l’iPad et le boom des tablettes ont bouleversés cet équilibre historique, ainsi que son business modèle…

Geoffrey nous parle de son expérience comme rédacteur chez Owni, il y publie « vendredi c’est graphisme ». Il nous explique que la société est « à deux têtes », l’une est rentable et finance l’autre, cela permet de ne pas avoir de pub et d’avoir des contenus de qualité, ce qui est très agréable !

Étienne souligne que depuis l’explosion des smartphones, le designer est contraint par la multiplicité des interfaces (différentes résolutions, format, technologie embarqué, Operating System, etc).
C’est une nouvelle contrainte à inclure dans les projets car désormais un contenu web doit être naturellement multi-modales, cela créer des projets plus conséquent qu’auparavant .

La conférence était très intéressante et à pointé du doigt la problématique de dénomination du poste de « Designer » : est-ce un touch-à-tout des médias numérique, un technophile ou un expert Geek 2.0…
Ce n’étais pas le débat mais cela à été évoqué lors de la synthèse générale en comparaison avec la conférence d’il y a deux ans sur le même thème.

Mais pourquoi enlever le papier ?

Les médias ne se remplacent pas ils s’additionent. Dans « Design Media » de Bill Moggridge Paul Saffo revendique même le fait de préférer son carnet de note aux médias numériques, il parle de l’expérience du papier. Le fantasme des années 60 au sujet de la disparition du papier n’a pas eu lieu, au contraire, internet à fait exploser la consommation de papier… Dans les années 70 Marshall Mcluhan faisait le parallêle entre les chevaux et l’automobile. Les chevaux n’ont pas disparu, ils ont été remplacé par un autre moyen de transport. Depuis les chevaux sont devenu un luxe. L’ensemble de l’ouvrage de B.Moggridge fait sens dans le sujet du design de la presse en ligne, à lire absolument !!!

Est-ce que l’iPad créer une révolution ?

En mai dernier j’ai réalisé pour le magazine Amusement (http://www.amusement.fr) une série d’interview de professionnels référents sur la thématique de l’expérience utilisateur lié à l’iPad et à son influence sur notre quotidien (ici)

Mercedes Bunz (new media strategist for journalism) disait :
« The iPad reflects a change that happened in the last decade: First we digitalised information, now we digitalise situations. »

Stéphane Hugon (sociologue et intervenant à idn ensadlab )
« L’objet qui a créé une révolution a déjà existé. D’après Juremir Machado da Silva, sociologue brésilien, le livre de poche est l’objet le plus important – et va le rester encore – de notre monde occidental. Car il fait le lien entre la société traditionnelle du livre et celle de la circulation des idées et des conversations horizontales par un média fluide et mobile – et dont le livre n’est que le prétexte »

La démo d’Étienne ( »aberation ») a éclairé le public ainsi que les invités sur cette transmedialité, sur cette addition des médias qui doivent trouver une complémentarité dans l’usage afin d’offrir un service adapté et pertinent à nos modes de vie mobile. En réaction Rémy fait référence aux méthodes de travail de Pixar, qui pour réaliser ses film créer leurs propres outils. N’est ce pas notre rôle que de créer nos outils, nos espaces d’expression, d’expérimenter, nous designer ?

Si vous souhaitez réagir sur la conférence et/ou plus généralement sur des thèmes connexes, les commentaires sont ouverts.

//Kévin.

Posted on: novembre 23rd, 2010 Biennale du design de St Étienne 2010

Ce week-end je me suis rendu à la biennale du design de St Étienne (www.biennale2010.citedudesign.com/).
Le thème de cette année est la téléportation, voici le texte de la commissaire générale, Constance Rubini :

C’est autour du thème de la téléportation que va se construire la biennale 2010. Autour d’une vision extrême de notre société, une espèce d’idéal (ou non) vers lequel on pourrait tendre pour résoudre les différentes questions qui se posent à nous aujourd’hui, les problèmes liés, notamment, à l’urgence écologique et à l’efficacité des transports, ou le continuel manque de temps qui met nos quotidiens sous pression.
Ce bouleversement de l’espace-temps, cette accélération du temps, que l’on évoque pourtant depuis l’invention du chemin de fer et du téléphone, est encensé par certains quand d’autres, comme Paul Virilio, l’accusent : « Le phénomène de l’immédiateté, de l’instantanéité, est un des problèmes majeurs posés actuellement (…) Un dédoublement de la réalité sensible se prépare entre le réel et le virtuel. L’avènement d’une sorte de stéréo-réalité. Une perte de repère de l’être »1. La révolution numérique a, en effet, provoqué une perte des repères. Dix ans après le tournant du XXIe siècle, nous oublions, peu à peu, les enjeux qui étaient ceux du XXe siècle en acceptant l’idée d’avoir changé de monde. Et nous construisons les codes et valeurs de cette nouvelle société.
La téléportation en fera-t-elle partie ? Les expériences menées par le professeur autrichien Anton Zeilinger montrent que le rêve n’est pas totalement hors d’accès. Si l’on n’est encore incapable aujourd’hui de se téléporter physiquement, on sait, en revanche, qu’à Innsbruck, l’équipe de Zeilinger a réussi à opérer, à vitesse infinie, la téléportation d’un photon à travers son laboratoire…
Et si la téléportation physique n’est pas encore réelle, les techniques du numérique nous permettent en tout cas de nous téléporter mentalement dans n’importe lequel des espaces virtuels qui s’offrent aujourd’hui à nous.
Thalys a ainsi lancé sa gare de téléportation, Thalys Teleport Station, dans l’univers virtuel de Second Life, créé par Philip Rosedale en 1998. Se trouvant sur l’île de Thalys, cette station de téléportation, développée par l’agence de marketing viral2 Barnes & Richardson, est un espace de transports virtuels pour n’importe quelle destination.
L’ubiquité, la mobilité, la réduction de la taille du globe proportionnelle à l’accélération des transports suscitant une convergence spatio-temporelle, la conquête possible de nouveaux espaces, sous la mer ou dans l’air, le dédoublement par le virtuel du réel, l’instant « T », le bouleversement de l’espace-temps, ou au contraire, l’idée de pérennité, d’ancrage au sol et, par extension, de confort, sont des sujets qui flottent autour de l’idée d’une possible téléportation.
La biennale se propose d’ouvrir des chemins de découvertes qui tendront vers cette possible téléportation, en effectuant des détours vers la prospective, la perception de l’espace, la lumière ambivalente, la mobilité, la mémoire, le fétiche, la vie après la mort, la réalité ou l’impossible…

Constance Rubini
Commissaire générale de la Biennale Internationale Design 2010 Saint-Étienne

J’ai profité de quelques conférences :

Table ronde : After Life
Animé par : Anthony Dunne et Fiona Raby
Avec James Auger, Jimmy Loizeau, Benjamin Loyauté
En connexion avec le centre de design Transplant : Béatrice Josse
La seule chose que tout le monde a en commun, malgré les religions et les cultures : c’est la mort. Que se passe-t-il après cet événement ?

La Ville mobile
Intervenants : Maurice Vincent, Constance Rubini, Jaime Lerner, Michel Corajoud, Laurence Madrelle et Ruedi Baur.

Brainstorming sur la critique dans le domaine du design
Animé par : Anniina Koivu
Avec Konstantin Grcic et Pierre Doze en connexion avec Alice Twemlow
Comment parler de design, sur quels supports, qui vise-t-on, comment ?
… Autant de questions qui se posent sur le thème de la critique dans le domaine du design.

Les commentaires sont ouverts, je serais ravi d’échanger sur les thèmes abordés par la biennale.

Je souhaiterais notamment échanger sur la méthodologie du « Design Thinking » dans des projets exposés ou présentés lors de conférences.

À vous,

Kévin.

Posted on: novembre 2nd, 2010 Time Moving & Storage

Aperçu du projet que j’ai commencé à développer à la fin de l’année dernière au sein du Labo.

Il s’agit d’un concept d’OS mobile bâtit autour de la géolocalisation. Un enjeu central de nos usages des outils de communication, lié à la mémoire de nos déplacements et de nos interactions sociales dans l’espace urbain.

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Cette vidéo présente quelques de story boards de l’application et le prototype de l’interface réalisé avec Flash, testé sur un mobile Nokia XpressMusic.

Ce projet à été exposé de septembre à octobre 2010 au Smart Urban Stage de Paris, à l’occasion du lancement de la nouvelle Smart Electric Drive.

Le pitch de Time, Moving & Storage.

Aujourd’hui, la technologie doit être emphatique, nous aider à faire face aux mutations de la société, nous rassurer, en nous reliant à ceux qui nous sont proches et au monde qui nous environne.
Notre expérience de la cité contemporaine est fragmentée, soumise aux aléas. Avec l’avènement de l’internet mobile, nos actions digitales sont souvent dé-corrélées du contexte dans lequel elles surviennent.
Je souhaite intégrer à un téléphone mobile une fonction simple et intuitive permettant d’ancrer nos interactions dans le monde réel en les « loguant » en permanence. Articuler les micro-évènements quotidiens dans le temps et dans l’espace, les situer dans leur contexte.
Au-delà d’une cartographie utilitaire, rendre possible le développement d’une narration individuelle et partagée. Faire converger les fonctions de base du mobile : Conversation, messageries, photographie, agenda… par leur géo-localisation systématique.

Core features :

Historique : Consulter les logues par le biais d’une navigation circulaire : tourner dans le sens des aiguilles d’une montre pour consulter les actions à venir; dans le sens inverse pour les actions passées.

Partage : partager mes actions et mes déplacements avec mes proches : savoir ou se situe la personne que j’appelle, et, à l’inverse, connaitre le contexte dans lequel se trouve celle avec laquelle je communique.

Geotagging : Laisser un message en un lieu et/ou un moment donné, taguer le monde pour soi et/ou pour quelqu’un d’autre.

- David Serrault -

Posted on: juin 7th, 2010 Lift10 – Interview with Mark A.M. Kramer

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Hi Mark, could you please introduce yourself ? / What your activities are ?
My name is Mark A.M. Kramer. MAMK that’s my acronym I actually use it for my digital identity. MAMK.net is where I keep my portfolio. I call it my personal learning journal, but I call it also my hyperfolio. It is related to my digital identity. People know that it is a part of me, some vision I have.

Currently I live and work in Austria, teaching multimedia, communication and mobility, finishing my doctorate.

I am looking at learning in an age of what I call ubiquity communication. We have the tools with the mobile technology which allows us to maintain connection anywhere, in any places. That’s what I call ubiquity. It’s changing how we present ourselves.

How do you consider the relationship between digital Identity and Mobility?
From a perspective of mobility, depending on the more mobile someone is in terms of the amount of money they have or the amount of time they spend on line, it can be both positive and negative, but I think in general, the increase of mobility is a positive thing.

So coming to this conference for example and meet all these people to share my ideas and extend my social network is what I call social mobility. The interesting thing is now that I can meet people online first. I also have an online identity and probably these people have met me first online. So we are in an age where people actually meet you online first and then they meet you face to face.

In the past you would more share emails or you would share some sorts of digital artefacts. But because we are searchable now, more people are searching at topics.

For example, at this conference we share common hash tag. So the hash tag is the schelling point. In sociology shelling point is a point where people are attracted.
Named after Professor Thomas Schelling, 2005 Nobel Prize recipient, a Schelling point is “that which gives a group of like-minded individuals their common purpose.”

In Paris, I guess a shelling point for many tourists would be Eiffel Tower, a place where they aggregates, they hang up. It is the same for Washington DC or New York Times Square.

We now use hash tags as a way to connect peoples. Maybe it could be called “meta shelling point”

So, from a hash tag, you can meet people interested in a subject, you can look his profile on Twitter and access to his blog, then you tell, “hey, do I really want to meet that person”. Then you can send a direct message.

What are the stakes of Mobile Digital Identity? What are the risks?
Well, if you don’t maintain you identity, people can perceive you in a wrong way, or rely you to an other. That’s one risk.

I give you an example: when I upload my own photos, I choose how I want to be perceived. But other can upload photos of me, and tag me in the photo so they identify me. Also, if they have access to my images, they can start mimicking me.

So a challenge would be: how can we maintain identities online and trust that this identity is a real person, not someone else pretending to be me.

More generally, what are your predictions?
First, in the context of this conference, they are actually some peoples attending only online and not here physically. And it will become a common place where for whatever reason people can’t come to a conference, their identity, a sort of avatar, a sort of presence will attend and they will be able to interact. It is called “co-location”. I am in Paris, but I am also in Geneva because my identity is in Geneva or this part of me that people can identify.

It will be a common place to be co-located. That’s the mobility but the identity could be my avatar. I am not really interacting at all, but my avatar, my online presence, know that I am interested in this topic at the conference and it aggregates. I think that avatars will have more autonomy and they might actively search, and might even attend to conferences all the time. So the mobility will become a sort of “hyper mobility”. Why should I fly from San Francisco to Geneva if I can attend online? I could do stay in San Francisco, if I can still interact.

But what would I lose then? I think the drawbacks are the lose of the ubiquity and serendipity. After our conversation now, we can have a coffee; maybe you will introduce me to your friends. You can develop connexions and trust quicker. But online, people are less attracted to trust you identity even if they already know you.

Thank you Mark.

Interview by David@lift10

Posted on: mai 31st, 2010 Lift10 – Entretien avec Nicolas Nova

Entretiens avec Nicolas Nova @lift10

Nicolas Nova et Remy Bourganel au Lift 10 de Genève.

Marie : Bonjour Nicolas, peux-tu nous parler de ton parcours et de ton rôle dans Lift ?
Nicolas : A la base, j’ai une formation un peu batarde. J’ai commencé par faire des études en biologie, après j’ai fait un master en psychologie et interaction homme-machine. J’ai poursuivi par une thèse en informatique, à l’EPFL à Lausanne et après, un post-doctorat dans un laboratoire d’architecture et de design.

Ce qui m’intéressait, c’était l’ergonomie et les usages. Observer comment les gens utilisent les technologies pour travailler avec ceux qui conçoivent des produits et des services. Au début je travaillais avec des ingénieurs et ensuite, je me suis rapproché de plus en plus du design. Maintenant, ca déborde un peu du cadre de l’ergonomie. Ce qui m’intéresse, c’est comprendre les usages pour nourrir la réflexion, la démarche de conception des designers.

Lift est né en 2005. On c’est rencontré avec plusieurs personnes de la région de Genève, dont Laurent Haug, qui est le fondateur principal, et on a monté une conférence pour animer le réseau des gens qui s’intéressent à l’innovation, aux technologies et au design.

Et puis, cela à pris de l’ampleur. On est allé en Corée – première édition du Lift en dehors de la Suisse – puis à Marseille. Mais même en Suisse, cela a toujours été très international. La région autour du lac est très Européenne et il y a des gens de tous les pays du monde. Cela permet de regrouper des profils très différents, des designers, des entrepreneurs, des académiques, des étudiants d’école de design, d’écoles d’ingénieurs… Le but c’est de brasser tout ça, mélanger tout ce monde dans une espèce de joyeuse trans-diciplinarité, sans être forcément académique.
Mon rôle est d’être responsable éditorial. Je défini le thème avec mes collègues, je trouve des orateurs, je travaille avec eux sur leur présentation et les sujets qu’ils pourraient aborder.

Marie : La préparation du Lift, ca te prend beaucoup de temps ?

Approximativement 30% de mon temps. Les 70% restants étant consacrés à faire du conseil ou des études de terrain pour des sociétés qui travaillent dans le numérique (comme les interfaces gestuelles, la géo-localisation, la téléphonie mobile, les robots, les objets communicants) et de l’enseignement dans les écoles de design (études d’usages, ethnographie appliquée au design). Le tout via une structure qui s’appelle Lift Lab qui est différente de Lift Conférence, la société qui organise les conférences.

Et puis quand j’ai le temps, j’écris des livres sur la géolocalisation, l’histoire des joypads… Et j’ai aussi un blog s’appelle « Pasta & Vinegar », depuis 7 ans (www.liftlab.com/think/nova).

Marie : L’écriture, c’est important pour toi ?
Oui, j’ai plusieurs modes d’écriture. Le blog depuis très longtemps, je m’en sers comme d’un bloc notes, un carnet ou je mets mes idées, les choses que je vois. Ca me force à écrire plus ou moins tous les jours et je le fais en anglais. Cela me permet de rencontrer des gens qui ont des intérêts similaires et puis, c’est aussi ce qui a contribué je pense à m’amener vers le design puisque les gens qui le lisaient étaient surtout des designers. C’est comme cela que j’ai été amené à les rencontrer et à être invité dans des conférences sur le sujet.

C’est une partie de l’écriture. L’autre partie, ce sont des articles plus longs, pour des revues académiques. Et aussi des livres; d’abord car il y a plus de place pour s’exprimer et puis, parce que c’est le seul objet tangible que je puisse faire. Je ne suis pas ingénieur, je ne suis pas programmeur, je ne suis pas designer non plus. Donc, tout ce que je peux faire, c’est mettre en forme des idées dans des choses comme des livres, des cartographies, des jeux de cartes… Je n’ai pas les compétences pour produire d’autres choses, ce qui est parfois frustrant en fait…

Marie : Mais est-ce que tu ne réalises pas ces autres choses en travaillant avec d’autres personnes ?
Oui, je sais que j’aime travailler en groupe avec d’autres personnes pour avancer et confronter des visions différentes. C’est enrichissant.

Kevin : Et pour en revenir au thème de l’identité numérique, qu’est ce que cela représente pour toi, à titre personnel ou dans le cadre de ton travail ?
Dans identité numérique, il y a le mot identité et je ne vais pas revenir là-dessus. C’est surtout comment le numérique s’ajoute à l’identité qui peut être défini. En fait je n’ai pas du tout envie de parler de ce qu’est l’identité, c’est un autre débat.

L’identité numérique, on pourrait la définir comme toute la sphère d’information, de contenu qui est rattaché à l’identité, la personnalité, l’édification d’une personne. Ce qui va, je dirais de l’identifiant de la personne, ce qui la désigne, à tous les contenus qui lui sont rattachés, notamment toutes les traces que la personne qui utilise un service numérique va provoquer. Que ce soit de manière explicite: Par exemple, je suis dans la rue, je prends des photos, je les mets sur Flickr, ça, c’est une partie de mon identité que je choisis de publier. Ou de manière plus implicite : par mon cheminement dans Amazon, par les livres que j’ai choisi, ou par les vidéos que j’ai vu sur Youtube, je défini de manière implicite mon identité.

Donc l’agrégation de ces deux types de données : celles que je choisis de rendre visibles et celles qui sont générées par ma propre activité dans l’univers numérique – et même dans l’espace physique – cela peut former une espèce d’étendue d’information dans laquelle se situerait l’identité numérique. C’est une vision un peu « brute ». Mais ce qui est intéressant c’est de se dire que cela peut servir à créer d’autre choses. Créer des services, des applications qui seraient basées sur cette vaste sphère d’information mise en branle pour produire soit de la connaissance pour moi, pour les autres, pour des sociétés, soit des services ou des applications.

Je prends un exemple un peu plus concret : à partir de mes déplacements qui sont enregistrés par GPS on peut faire ce que fait Nic Feltron avec son Feltron Report (feltron.com) dans lequel on peut voir où les gens se sont déplacés, on peut avoir la cartographie des déplacements des gens, le nombre des pas qu’ils font par jour, leur rythme… Et ça c’est une première étape qui permet de découvrir sa propre activité, et même de redécouvrir sa propre identité par les actions que l’on réalise. En même temps, d’autres gens pourraient utiliser ces données pour proposer des services. Des services géolocalisés qui, par exemple, en analysant mes routines de déplacement dans l’espace, pourraient me diffuser des musiques adaptées ; Un genre de choses auquel je ne crois pas tellement en fait. Mais en tous cas, on peut se poser la question de comment utiliser toute cette matière qui est autours de l’identité numérique.

Marie : et a ton avis, cette identité numérique, peut-elle agir sur notre identité ? En quoi peut-elle la modifier ?

Je ne voulais pas forcement définir ce qu’est l’identité. Pour moi, l’identité ce n’est pas quelque chose de stable. C’est quelque chose qui change, au contact des autres, d’autres cultures et quand on réalise des activités. Cette identité évolue, elle change. C’est une sorte de réflexivité qui nous amène à nous poser des questions sur notre propre identité et de même avec celle des autres. Accéder à l’identité des autres nous amène à avoir une réflexion sur la notre. Il pourrait y avoir des services intéressants qui rendraient compte du fait que l’identité c’est quelque chose qui évolue, qui n’est pas gravé dans le marbre. Bien sûr, il y a des éléments d’identité qui sont permanents, mais ce n’est pas aussi strict que certains le disent.

David : Et en général, qu’est ce que le numérique change par rapport à l’identité ?
Il y a le fait que les dispositifs numériques permettent de créer des identités multiples, des profils multiples. Si on pense par exemple à mon profil Facebook qui est différent de mon profil Linkedin, le personnage que j’utilise dans Dofus ou dans WoW. En gros, chacun a une part de moi. Chacun a une facette différente que je veux montrer soit de manière sincère, soit de manière ironique.

Les technologies permettent à ceux qui arrivent à utiliser les interfaces de se forger des facettes multiples. Je pense que créer des interfaces, des services qui permettent ce genre de choses, qui autorisent les gens à mentir, à forger des facettes différentes, c’est un enjeu intéressant. Avoir une identité sacralisée, gravée dans le marbre, cela ne va pas avec nos pratiques, avec notre manière de vivre.

David : Tu as commencé à parler des enjeux. Est ce que tu identifies des risques aussi ?
Quand on parle d’identité numérique, il y a l’enjeu principal, tous les discours actuels sur l’intrusion dans la sphère privée, la « privacy » en anglais. Qui détient les clefs de cette identité numérique ? Tout à l’heure je définissais l’identité numérique d’une manière qui est assez proche de celle d’un ingénieur : un éventail d’informations qui sont rattachées à ma propre identité, par des services des technologies numérique.

A qui appartiennent ces données, ou sont elles hébergées ? A-t-on le droit de les modifier, de les effacer ? Peuvent-elles disparaitre à un moment donné ? C’est le débat actuel sur les limites que l’on doit définir. Surtout quand ce sont des grands groupes qui détiennent ces données.

Cela pose des questions : Si de la valeur est produite à partir de ces données, à qui revient-elle ? Qu’est ce que cela change dans le temps, de conserver ces traces qui peuvent rester là encore 20 ans après. Cela peut poser problème aux personnes. Si l’identité numérique est fluctuante, est-ce qu’il ne faudrait pas trouver les moyens pour qu’elle change, et que l’on puisse effacer ses traces?

Il y a toute une succession d’enjeux et énormément de questions qui se posent et qui sont intéressantes à étudier. Et ce que je trouve intéressant là dedans, c’est qu’il n’y a pas de réponses tranchées. Je vis en Suisse, à Genève et ici il y a un débat sur ce que l’on appelle le secret bancaire. Pour résumer, quand une banque à des informations sur vous, les autorités fiscales, les autorités judiciaires ne peuvent pas y accéder. Elles sont conservées dans la banque et ça cela choque énormément de gens parce que cela permet les détournements fiscaux.

Quand on voit ce débat et quand on voit celui autours des données personnelles on s’aperçoit qu’il y a des similarités et que l’équivalent du secret bancaire, finalement pourrait être le secret sur l’identité numérique. Ce serait un droit légitime, pas forcément sur les données liées à l’argent, quoi que, on peut en discuter, mais il pourrait y avoir une sorte de secret sur l’identité numérique. Une sorte de pacte passé entre la personne et les structures qui détiennent ces informations.

Nous ne sommes pas là pour défendre le secret bancaire, mais on pourrait dire qu’il y a une possibilité pour que les sociétés technologiques deviennent des sortes de banques de données et à un moment donné, qu’il y ait une réflexion un peu similaire sur la propriété des informations et ce qu’il est possible de faire avec. Sur les relations entre les individus et la, ou les sociétés qui détiennent ces informations.

David : Quelles sont tes prédictions ? A deux ans, 5 ans ? Comment cela va évoluer selon toi ?
Un des éléments très important pour l’évolution est que l’identité numérique, il y a une dizaine d’années, était plutôt sur le web. Avec des données essentiellement liées à l’activité sur internet, les e-mails. Aujourd’hui, avec les technologies numériques mobiles, elle occupe tout l’espace, notamment l’espace physique. L’identité numérique est vraiment en train de prendre de l’ampleur et cela va continuer. Il va être de plus en plus difficile de définir ce qui relève de l’identité numérique et donc il risque d’y avoir quelques clash sur les données liées aux activités dans l’espace physique : les déplacements des gens, les choses qu’ils achètent, les rencontres avec les autres … Observer ces clashs, essayer de les comprendre, les mettre en avant, c’est mettre en avant les enjeux pour les années à venir.

Autre chose en termes de prédictions : il faut toujours penser aux exceptions. On pense toujours qu’il y a une norme. Mais il faut se rappeler qu’il y aura des gens qui ont une identité numérique très minimale ou qui ne voudront pas en avoir. Ce seront des gens qui n’ont pas de compétences liées aux technologies, qui n’ont pas le capital social, mais ce pourra être aussi des gens très riches qui pourront se le permettre et dans ce cas, ce sera un luxe. Oui, cela pourra être un luxe.
Il y aura un business à monter : des structures, l’équivalent des banques, pour toutes ces données. Cela va arriver, mais pas tout de suite. Mais il arrivera un moment ou ca fera sens parce la gestion de ces données, la gestion de ses identités numérique va devenir un enjeu énorme. Ce sera une espèce de mélange entre ce qu’était une banque et une agence de communication et ça, tout le monde ne pourra pas se le payer.

Marie : Ne penses-tu pas que l’on va assister à une banalisation des informations ? Est ce que cela va créer une forme d’indifférence ? Une éthique de la discrétion ?

Je crois à l’apparition de nouvelles normes sociales, dont la discrétion. Dominique Cardon d’Orange Labs en parle sur la question du voyeurisme. Si on fait la comparaison avec les femmes qui ont les seins nus à la plage, cela ne se fait pas de les regarder. Et bien, de la même manière, cela ne se fera peut être pas de regarder les données de quelqu’un d’autre. On pourra le faire, mais ce sera perçu de manière un peu bizarre, vulgaire, du voyeurisme.

Oui, cela peut évoluer. En disant cela, je pense au débat français sur l’identité nationale. Croire qu’il y a une identité figée depuis des milliers d’années, ce n’est pas vrai. Cela fluctue, les choses évoluent, les choses changent. C’est une construction.

Tout comme tous les objets du monde sont en partie des constructions culturelles ; Les technologies en premier. C’est d’ailleurs un peut le maître mot cette matinée de ce vendredi de Lift10: « technology is culture ». Cela veut dire que les technologies ne sont pas neutres. Les gens qui les font ont une représentation des usagers, des usages potentiels et les inscrivent ensuite dans ces objets.

Le travail du designer, avec d’autres acteurs : les ingénieurs, les responsables marketing, c’est d’inscrire une vision des usages dans les objets ; forcément inspirée par une vision du monde. Plus large elle est, plus ouverte elle est – car il faut bien comprendre que l’identité numérique c’est quelque chose d’ouvert – mieux c’est.

Merci Nicolas

Propos recueillis par les étudiants chercheurs d’IDN@lift10 Genève.

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Posted on: mai 23rd, 2010 Entretien avec Rémi Sussan

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Bonjour Rémi, qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?

Je m’appelle Rémi Sussan, je suis journaliste, notamment pour internet actu (internetactu.net) qui est le magasine en ligne de la FING. J’ai également écrit plusieurs livres, l’un, les « utopies posthumaines » (éditions Omniscience) , sur les technologies futuristes et les idéologies qui se développent en arrière plan de celles-ci,  et plus récemment “optimiser son cerveau” et “demain les mondes virtuels” (éditions FYP).


Que veut dire identité numérique pour vous et dans votre travail ?

Dans cette notion très vaste qui va de la politique à la vie privée etc. Moi, ce qui m’intéresse c’est plutôt dans la notion d’identité au sens le plus profond du terme c’est-à-dire qui je suis moi et comment je vais modifier éventuellement mon rapport au monde par l’intermédiaire de ces technologies numériques. Il y a plusieurs aspects, l’exemple classique dans les mondes virtuels c’est si j’ai un avatar et que je me fais plus grand que je ne  suis, je sais que cet avatar aura plus de facilité à gagner la confiance d’autres avatars plus petits, c’est terrible d’ailleurs ! Ce qui intéressant c’est que l’on découvre aussi que si j’augmente ma confiance dans mon avatar j’augmente aussi ma confiance en moi dans le monde réel. Si je fais faire du sport à un avatar, je vais avoir tendance à en faire plus moi, c’est du moins ce que disent certains chercheurs… (en fait je crois que j’ai dit que je n’en avais pas encore fait l’expérience personnellement !). Ce qui m’intéresse ce n’est pas comment je peu changer mon identité par rapport aux autres, mais plutôt par rapport à moi-même, à la vision que j’ai de moi, sous un aspect psychologique. Il y a un aspect également très intéressant avec ces identités numériques, c’est comment je peux avoir un “feedback” par rapport à mon propre corps et opter le comportement idéal. Il y a plusieurs degré, celui d’avoir le code de son propre génome, chose que je me promet de faire depuis deux ans mais dont je ne me suis pas encore occupé, et puis il y a toute la gamme des interfaces qui tiennent en compte le corps. La première étant la Wiimote et maintenant il y a les interfaces cerveau/machine (casque NeuroSky, emotiv). Nintendo annonce également la sortie d’un appareil que l’on met sur le doigt et qui va capter le flux sanguin. Il y a un jeu qui est prévu avec ça, le problème c’est que Nintendo fait du Nintendo pour Nintendo mais ils sont fermés tout en étant ouvert. Autrement dit  n’importe quel hacker peut s’emparer de la wiimote et la détourner  à ses propres fins, et ce sera sans doute la même chose avec cette nouvelle interface… Ce qui m’intéresse donc la dedans c’est de percevoir, à travers le numérique, mon identité et comment je vais pouvoir travailler dessus.

Qu’est ce que l’identité numérique dans la mobilité ?

L’idée qui me vient à l’esprit avec la mobilité c’est le lifelogging mobile, un retour sur quel est mon état émotionnel quand je suis en train de discuter, quelles sont mes réactions etc Je pense qu’il y a deux choses, au début en voyant cette idée du lifelogging je me suis dit mais qu’est ce que c’est que ce truc de maniaque ! Sur le coup je me suis dit mais alors on va me surveiller tout le temps, on devient des patient hospitalier à longueur de journée…Petit à petit je me suis rendu compte qu’il y avait une dimension qui n’avais pas encore été exploré et qui serait intéressant de l’être. Le lifelogging en tant qu’outil c’est quelque chose qui est un peu pénible, je continue à le penser, ce n’est pas intéressant de savoir ce que je fais à chaque instant et quelles sont mes réponses physiologiques, je pense qu’il faut garder une certaine forme de spontanéité. Par contre dans un cadre de ce que l’on appel le jeu pervasif, le lifelogging ne devient pas quelque chose de totalement différent, c’est à dire est-ce que l’on ne pourrais pas faire quelque chose des réactions physiques/psychologiques dans le monde réel, via un système de portable, de smartphone, de lecteurs… un terrain de jeu ? Il existe des mondes virtuels du type World of Warcraft, il y a actuellement  une monté de ce que l’on appel les jeux pervasifs, notamment avec l’arrivé des smartphones au lieu d’aller dans les mondes virtuels et d’être en 3D on fait des jeux de pistes, des jeux en temps réel dans le monde réel. Ça peut ne pas du tout être numérique, ça peut être un jeu de piste tout simple mais ça peut aussi tenir compte de la réalité augmenté…
Est-ce que ça ne devient pas intéressant de combiner mon propre corps et les données de mon propre corps et un univers virtuels que ne serais plus un univers 3D situé derrière l’écran mais qui serait plaqué sur le monde réel. On ne créer plus un jeu en dehors du réel mais on utilise le réel, on l’investit avec des éléments issus d’un monde imaginaire, c’est ce qu’on appelle le jeu à réalité alternée. Cela se joue essentiellement sur le web avec de faux sites web, des faux mails voir des faux coup de téléphone etc Dans le jeu pervasif ça peut être des lieux, les deux ont tendance à se mêler . Par exemple les joueurs doivent prendre RDV dans un lieu, ou aller à une cabine téléphonique pour recevoir un message, tout ce genre de chose.

Quels sont, pour vous, les enjeux de l’identité numérique mobile ?

Si l’on prend l’identité numérique avant l’existence des avatars, de la 3D sur le web, ou même encore avant, on à commencer à parler des problèmes d’identité numérique à partir des années 80 avec  les BBS (bulletin board systems) Howard Rheingold a écrit son livre sur les communautés virtuels vers 1986-90 . Effectivement il y avais déjà une théorie qui commençait à ce développer, celle du moi multiple. Selon les conditions dans lesquelles nous nous trouvons, selon l’environement de média dans lequel nous sommes, nous pouvons êtres plusieurs personnes. Par conséquent la définition d’identité au sens classique du terme, c’est-à-dire je suis un sujet qui pense toujours de la même manière commençait à ce fractaliser complètement dans une espèce de mosaïque d’identités. Dès les début de la cyber culture, il y a eu ce courant qui disait le moi est multiple et plus unique. Ensuite il y a eu les mondes 3D. Actuellement il y a un retour à l’identité « authentique » dans facebook les gens utilisent très peu de pseudonymes. Le web est en train de reformater un petit peu autour de la notion de chacun est soi-même.
Si on va jusqu’au transhumanisme, de toute façon notre identité deviendra quelque chose  de complètement fluide, on se re-créera à chaque fois. Il y a un transhumaniste, Sasha Chislenko qui imaginait la soupe fonctionnelle, la super intelligence comme une intelligence s’autocréant constamment a l’aide de modules.
La réalité augmenté, le lifelogging sont déjà, sans forcément se mettre des implants dans le crâne,  une utilisation des extensions de son propre corps. Combinons maintenant à très très long terme la capacité de modifier son cerveaux directement  par différents moyens, avec des mondes virtuels, de la réalité augmenté on peut se demander jusqu’où ça peut aller.

Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2015 ?

Je pense que le liffelogging devrait s’étendre via le jeu pervasif plus que via des applications de santé qui à mon avis seront vécues comme étant beaucoup plus oppressantes. La WII l’a montré, c’est l’entrée du corps dans les mondes virtuels. D’ici 2015 il y aura plus de smartphones que de PC en terme de connexion, c’est-à-dire que le PC actuel va plus ou moins disparaître pour devenir quelque chose  d’infiniment portable. A court terme je dirais que l’avenir est dans le portable, avec l’accès aux données physiologiques de leur utilisateur. Je pense que ce n’est pas une évolution technologique mais plutôt une évolution dans les usages…

Merci Rémi.

// Propos recueillis par Kévin.

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Posted on: mai 22nd, 2010 Concept de rapidité sur le web, l’article publié sur lemonde.fr lance le débat avec IDN

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/05/12/la-course-de-vitesse-des-navigateurs-internet_1347989_651865.html

Échange d’e-mail :

*Kévin :

Entre interprétation de javascript de plus en plus puissant (apple a gagné ?) et tracking de l’internaute “Chrome, par exemple, cherche à utiliser les données accumulées par Google sur le comportement des internautes pour « prédire » les prochaines pages qui seront visitées, et pouvoir les pré-charger.” comment augmenter la performance ou du moins l’impression de performance avec les navigateurs ?

Cela soulève plusieurs questions :

La rapidité sur le web, un concept entre traduction graphique et performance technique…

Google dans sa lancé des prédictions liés au comportement de l’internaute (moteur de recherche,

navigateur) va-t-il réinventer ou tuer le “web-surfing” ?

Les futurs internautes vont peut-être choisir le navigateur qui leur donnera le contenu qu’ils attendent…à la manière des pubs ciblées d’ailleur.

Après la “navigation privée” dans les préférences voici la “navigation anticipé”…

Entre interprétation de javascript de plus en plus puissant (apple a gagné ?) et tracking de
l’internaute “Chrome, par exemple, cherche à utiliser les données accumulées par Google sur le
comportement des internautes pour « prédire » les prochaines pages qui seront visitées, et pouvoir
les pré-charger.” comment augmenter la performance ou du moins l’impression de performance
avec les navigateurs ?
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/05/12/la-course-de-vitesse-des-navigateursinternet_
1347989_651865.html
Cela soulève plusieurs questions :
Est-ce la mort de flash avec la capitalisation sur le SUPER – javascript ?
La rapidité sur le web, un concept entre traduction graphique et performance technique.
/*Le point suivant m’intéresse particulièrement je re-télécharge Chrome !!*/
Google dans sa lancé des prédictions liés au comportement de l’internaute (moteur de recherche,
navigateur) va-t-il réinventer ou tuer le “web-surfing” ?
Les futurs internaute vont peut-être choisir le navigateur qui leur donnera le contenu qu’ils
attendent…à la manière des pubs ciblées d’ailleur.
Après la “navigation privée” dans les préférences voici la “navigation anticipé”…

*Geoffrey :

Pour une réponse en plusieurs points, ce que tu soulèves est très intéressant :
Je ne pense pas que le flash trouve la « mort » vis à vis d’autres techno, comme la télé n’aura pas tué le théatre ou comme la radio n’aura pas tué l’Opéra ou internet n’aura pas tué les rapports sociaux. Je pense même que les premiers qui arriveront à faire communiquer la portabilité du html 5 avec la puissance de flash par exemple, se feront bien remarquer :-)

Concernant la rapidité du web, à l’époque du modem 56k, nous optimisions nos images au ko près. Depuis quelques années nous sommes « un peu plus larges » (avec des loaders parfois de plusieurs minutes) avec le passage à l’ADSL (je parle notamment pour nous autres riches occidentaux hein..). Aujourd’hui, avec le téléphone mobile, il y a un certain ajustement des performances, il faut que ce soit léger et rapide. Reste à voir si on observera la même évolution qu’avec le modem…

Concernant Google maintenant, personne n’en a encore parlé en France, mais depuis hier matin, Scroogle (un Google-like anonyme
que vous devez connaître) est bloqué par Google.

« Scroogle, the secure third-party Google search interface, has been blocked by Google. Scroogle was an SSL-based search proxy that enabled one to search for and receive Google results over an SSL connection in a pseudo-anonymous manner. »
https://ssl.scroogle.org/cgi-bin/nbbwssl.cgi

Pareil aussi pour Google Sharing (un add-on Firefox qui permet également de garantir un certain anonymat sur Google.
https://addons.mozilla.org/en-US/firefox/addon/60333/ ) qui est bloqué… Google aurait-il fait le ménage dans la navigation anonyme ? Je n’ai pas eu le temps d’en parler sur mon blog, mais l’info est encore chaude pour la France.

*David :

Je pense que le concept de navigateur lui même va devenir de plus en plus flou. Il l’est déjà pour pas mal de gens. Dans l’esprit du grand public, le web est un magma qui peut s’appeller suivant les cas : Internet Explorer, Google, Facebook…  Il faut bien avoir conscience que les débats autours des performance des navigateurs sont de l’ordre du débat d’expert. Quand ça rame, quand ca plante, les gens n’identifient pas en général la source du problème : Hardware, connexion web ? navigateur ? ou appli web mal développée ?

C’est là sans doutes l’une des raisons de la résistance d’Apple à Flash, et a mon avis la plus légitime. Il y a un risque réel pour le concepteur d’une plateforme hardware et/ou software que son image soit ternie par des dispositifs tiers développés de manière non rigoureuse, que ce soit d’un point de vue ergonomique ou technique (Microsoft en a pas mal souffert). Et c’est un paradoxe, puisque d’un autre côté, l’Iphone (entre autres) doit beaucoup au crowdsourcing, des communautés de développeurs indépendants qui sont la source de la richesse et de la diversité des écosystèmes applicatifs.

Je ne présagerai pas de la disparition de Flash. Pas a moyen terme en tous cas. Mais il faut reconnaitre que chez les professionnels de l’Internet, la polémique autours de la non implémentation du player sur Ipad a instigué un sérieux doute. Il faut aujourd’hui envisager sérieusement l’éventualité que l’apparition de technologies de substitution de conception d’interfaces riches rende le recours à Flash plus marginal, sur le Web en tous cas. Peut être s’imposera-t’il comme une plateforme de référence pour le développement d’applications mobiles ? L’avenir nous le dira…

La normalisation des interfaces et des méthodes de développement des applications va devenir une problématique centrale sur le Web ces prochaines années, tout comme elle l’a été dans le domaine industriel via notamment les réflexions autours de la notion de qualité et la mise en place de standards de plus en plus stricts. Elle suivra logiquement celle de l’optimisation des moteurs de rendu des navigateurs. Tant pour des questions de performance, de stabilité, d’accessibilité, de sécurité ou d’inter-operabilité (ce qui fera que nous seront encore plus traqués dans notre navigation), et aussi bien sûr de prise de parts de marchés; parce que c’est bel et bien de business dont il s’agit…

Oui, définitivement, les Apple, Microsoft et autre Google vont devenir de plus en plus drastiques. Ils le deviennent déjà. Essayez donc d’accéder à des sites contenant des ActiveX un peu exotiques via Google…


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Posted on: mai 17th, 2010 #lift10 – Entretien avec Marco Paglia

Bonjour Marco, qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?

Mon nom est Marco Paglia. Je travaille chez Nokia depuis 3 ans. J’ai travaillé à Londres pendant deux ans et actuellement, je suis basé à San Francisco.

Marco Paglia

Je travaille dans le domaine de l’innovation. On y développe des idées qui matérialiseront dans des concepts, des applications des services ou des produits qui seront peut-être développés d’ici 2 ou 3 ans. Mais nous sommes en train de mettre en place des nouveaux processus pour que des applications soient développées dans l’année.

Que veut dire identité numérique pour vous et dans votre travail ?

Et bien, c’est un concept qui n’est pas tout à fait nouveau, mais dont on parle de plus en plus. Et je ne serai pas seul à dire que maintenant, c’est un marché qui a pris une véritable ampleur.

Dans les réseaux sociaux, nous avons de multiples identités, notre identité professionnelle, l’identité que nous avons avec nos amis, ou celle que nous avons comme photographe par exemple… Il est très intéressant de voir comment ces identités sont liées ensemble et en même temps, comment elles sont séparées. Comprendre si ces identités peuvent être agrégées ou si elles doivent être maintenues séparées est un challenge.

Qu’est ce que l’identité numérique dans la mobilité ?

Assurément, l’Internet change le monde du mobile. Complètement.

Ce qu’Internet change dans la mobilité, c’est la manière que nous avons maintenant de nous mettre en relation par les réseaux sociaux. Ce n’est plus une liaison d’individu à individu, ou éventuellement une conférence téléphonique avec un petit groupe. On parle maintenant de connexion, d’intimité et d’ubiquité. Il s’agit de fixer des règles par rapport à la manière dont on est relié aux gens plutôt que d’établir une connexion volontaire de personne à personne. Ce dont je parle, c’est de la maitrise des informations que je veux recevoir quand telle ou telle personne fait quelque chose sur un réseau social, ou du choix des personnes qui sont autorisées à me contacter par email, ou par téléphone, etc…

Avec les réseaux sociaux on est plus connecté temporairement, on est relié en permanence et la question de la manière dont les gens accèdent les un aux autres devient centrale. Pour définir ces règles qui permettent de décider de faire quelque chose avec quelqu’un à un moment donné, ce qui est important, c’est la façon dont on se représente nos relations. La connaissance de la nos liens, de nos interactions avec les autres, est clé dans les réseaux sociaux.

Quels sont, pour vous, les enjeux de l’identité numérique mobile? Quels sont les risques ?

Je ne sais pas s’il y a des risques. Je vois surtout des opportunités. Vous savez, les risques et les opportunités sont souvent les mêmes choses observées d’un point de vue différent.

Je vois une opportunité dans le fait d’être connecté en permanence. Il y a ce scenario classique dans lequel vous arrivez à une conférence et vous savez déjà comment les personnes qui y assistent sont reliées à vous et par extension quels sont leurs domaines d’expertise, ce qui vous permet d’entrer en contact plus facilement avec eux.

Je vois aussi une opportunité dans le fait d’être mieux connecté quelque que soit le contexte et le moment. Que les informations ne soient plus redondantes comme aujourd’hui, avec notre identité qui est dupliquée sur de multiples réseaux. L’agrégation de toutes nos identités au même endroit rendra critique la gestion de l’accès à ces données. Qui peut voir quoi ? A qui ces informations appartiennent.

Et c’est peut être ici que se situe le risque : dès lors que votre identité est dans le nuage, il faut savoir qui définit les règles. Cela doit être fait de sorte que, quel que soit le lieu ou vos données personnelles sont stockées, vous puissiez garder le contrôle. Oui, c’est probablement l’un des risques majeurs et je ne sais pas si quelqu’un sait comment l’éviter actuellement.

Il faudrait qu’Internet reste un outil de liberté. Mais dès lors qu’il sera contrôlé par un système, par une autorité, à notre demande peut être, dans un désir d’obtenir plus de sécurité, je pense que cela signifiera que nous devront faire le deuil d’une partie de son potentiel.

Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2015 ?

Je vois un monde ou il y aura énormément de données connectées ensemble. Je pense au discours de Tim Berners-Lee au qui a présenté sa vision l’évolution de l’internet au TED récemment et je la partage. Pour lui, actuellement, Internet contient différentes sources de données, mais elles ne sont pas connectées ensemble, de fait, elles n’interagissent pas.

Par exemple, si je lis un article d’actualité en ligne sur quelque chose qui c’est passé dans un certain lieu, il n’y a pas forcément de liens avec les autres informations en rapport avec ce lieu ni avec les personnes qui en sont proches. Je pense qu’à l’avenir il sera possible de connecter les personnes et les lieux.

Une autre évolution sera d’avoir la possibilité d’obtenir de l’information sur ce qui est arrivé autours de moi il y a dix minutes, la minute précédente voire ce qui se passe en ce moment
Je vois le potentiel d’avoir toutes ces informations et de créer des connexions en permanence.

Dans le domaine du mobile, la possibilité d’enregistrer ce que l’on fait, collecter des données représente aussi un potentiel. Les photos que l’on prend, qui sont une preuve que l’on a été à un endroit à un certain moment, les livres que l’on a lu, etc…
Dès lors que ces données seront systématiquement enregistrées dans le nuage elles deviendront spécifiques aux personnes. A la façon dont les gens interagissent avec ces données on sera un mesure d’adapter ce nuage à ceux qui s’en servent. Il sera possible de les connecter entre elles en fonction des besoins.

Un exemple : si vous tapez mon prénom et mon nom dans Google, le premier résultat que vous verrez sera probablement mon profil Facebook. Mais comme aujourd’hui, nous avons parlé ensemble, il y a plus de choses qui nous lient qu’une liste de résultats standards.
Il se peut que dans un futur Google, la même recherche donne des réponses plus adaptées à vous et moi : peut être les personnes que nous connaissons tous les deux, les informations en rapport avec cette interview, les informations en rapport avec le blog sur lequel elle a été publiée. Je trouve cela vraiment passionnant.

Et enfin, définitivement, le contexte sera clé : l’endroit duquel vous accédez, qui accède, à quel moment. Il sera intéressant de voir comment ces informations seront utilisées, notamment pour la publicité, car ce sera une opportunité de générer des revenus pour les entreprises.

Marco, merci.

Propos recueillis par David@lift10

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Posted on: mai 14th, 2010 Entretien avec Mercedes Bunz

Mercedes Bunz

Bonjour Mercedes, qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?

Mercedes Bunz, je vis à Londres où je suis journaliste en ligne depuis plusieurs années. Depuis peu, je couvre les médias numériques et les nouvelles technologies  pour le Guardian. Avant  je travaillais à Berlin comme rédacteur en chef pour la version en ligne d’un journal Berlinois. En ce moment j’écris un livre sur les algorithmes, comment la numérisation affecte la connaissance et bouscule l’ordre des choses.


Que veut dire identité numérique pour vous et dans votre travail ?

Depuis que le monde numérique fait partie de notre vie quotidienne, nous n’avons pas seulement une identité, nous en avons plusieurs. J’ai deux profils sur Facebook par exemple, un professionnel et un autre pour mes amis. Aujourd’hui, nos identités changent en fonction de la plate-forme de communication.

Il y a donc une multitude d’identités, les privées et les publics. Ma vie professionnelle, par exemple, a commencé dans les universités. J’ai écrit ma thèse de doctorat sur l’histoire d’internet et en parallèle j’ai co-fondé un magazine sur la culture numérique et la musique électronique. Pendant que je faisais ma thèse, j’ai continué à écrire en tant que journalistes à côté. J’ai enseigné à l’université par la suite, puis je suis devenu le rédacteur en chef du magazine Zitty à Berlin. Donc, pendant un temps, j’ai mis mon identité universitaire en attente. Vous voyez, vous pouvez parfois avoir différentes identités en même temps, parfois ce n’ai pas possible et l’un de vos personnages est en pause. La bonne chose au sujet de la numérisation est le fait que nous vivons tous en public maintenant et les gens s’y habituent. Cela les rend plus tolérant … j’espère !

Qu’est ce que l’identité numérique dans la mobilité ?

Pendant longtemps, l’internet était contraint à un seul appareil, l’ordinateur. Maintenant, nous avons le téléphone mobile, les smartphones et autres appareils mobiles comme l’IPAD. Dans un avenir, pas si lointain, il y aura aussi l’internet des objets, ce qui signifie que tout sera un ordinateur, les choses auront de plus en plus de puces, même si ce ne sont pas des dispositifs électroniques. Ainsi, le nuage de l’information numérique se déplace avec nous, partout, où nous allons et  communique avec nous n’importe où que nous soyons.

Aujourd’hui, vous emportez votre nuage de connaissances avec vous, pour la première fois dans l’histoire, la présence à une archive. C’est quelque chose de fondamentalement nouveau, je pense que nous n’avons pas vraiment bien compris quelle différence cela fait.

En termes de traitement de l’information, la géolocalisation est très importante. À l’ère de la surabondance d’information, trier cette dernière est d’une importance fondamentale. Connaître votre emplacement géographique permet aux algorithmes de produire de meilleurs résultats de recherche. Par exemple chercher Paris, en France, signifie la recherche d’une ville, tandis qu’en Grèce, cela peut signifier la recherche d’un nom.

Nous pouvons être en ligne partout où nous sommes, cela permet des débats plus riches car, maintenant si vous êtes en désaccord avec quelqu’un et que vous ne savez pas qui a raison, vous pouvez aller sur Google et trouver la réponse immédiatement.

Dans une vision optimiste on peut dire que tout le monde est un peu plus intelligents, tout le monde parle avec un niveau supérieur … Dans une vision pessimiste, vous pouvez dire que vous ne voyez personne autour de vous, parce que vous êtes trop occupé par la navigation sur votre mobile. Personnellement, je pense que le nouveau dialogue entre un lieu et la base de données mobile fait une différence positive. Il suffit de ne pas trop en faire.

Quels sont, pour vous, les enjeux de l’identité numérique mobile ?

Étant connecté à une base de données permanante, peut-être avons-nous besoin de faire une pause et faire prendre des vacances à notre identité, aller quelque part où vous n’avez pas à être en ligne … (sourire)

Désormais il y a aussi la recherche prédictive, le numérique n’est pas facile à prédire. Chaque fois que nous nous dirigeons dans une direction, l’innovation se passe ailleurs. Toutefois, l’informatique mobile sera un grand moment, il deviendra un marché de masse dès qu’il sera moins cher et que les smartphones pourront connecter à Internet des personnes qui ne peuvent pas se permettre d’avoir un ordinateur.

Avec la numérisation on ne sait jamais. Je pense qu’il n’y a pas de but, cela évolue au fil du temps, c’est un véritable défi et une réelle motivation en même temps. Vous ne savez jamais ce qui se passe, il faut rester sur ses gardes.

Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2015 ?

Dans les deux prochaines années, nous allons numériser des situations, plus seulement des dispositifs. Prenez l’IPAD, par exemple. Apple n’a pas de numériser les journaux, les bandes dessinées ou des séries télévisées, mais ils ont pensé qu’après le travail, vous ne voudriez pas vous rasseoir à une table et utiliser votre ordinateur. Ils ont été assez intelligents pour savoir que les gens aiment utiliser une autre machine quand ils ont leur temps libre. Ils veulent se sentir différents et veulent avoir une expérience différente pour ne pas se rappeler le travail. C’est pourquoi ils ont vendu un million iPads. Numériser des situations au lieu d’équipements est une stratégie qui semble évidente à poursuivre. Maintenant, vous pouvez apprécier lire ou regarder quelque chose à l’écran sans que cela vous rappelle une situation de travail .C’est ce que je veux dire par numériser les situations, ce sera le défi des deux prochaines années.

Que pensez-vous de la métaphore graphique de la bibliothèque et de la page qui tourne dans les interfaces contemporaines (iPad, e-reader, issuu…) ?

C’est mauvais (sourire).
Le philosophe canadien, Marshall McLuhan a écrit un livre intitulé, “understanding medias”, où il a dit que nous avons toujours importer l’ancien milieu sur le nouveau support. C’est exactement la première chose que nous faisons : nous développons un iPad, et nous faisons quelques applications qui ressembles à une mauvaise étagère, ou qui simule des reliures en cuir, totalement hilarant sur l’application “Carnet d’adresses”. Pourquoi ne pas inventer de nouveaux mode de lecture ? Pourquoi dois-je regarder cette simulation de faux cuir, c’est vraiment horrible !

L’avenir de la lecture est quelque chose qui a vraiment besoin d’être davantage explorées. Se plonger dans un texte peut être fait de manière très différente, cela n’a pas besoin d’être représenté par des pages. Il n’est pas nécessaire de tourner une page pour comprendre que la suite du texte est plus loin. C’est un moment important, car le fait de vous rendre compte de votre progression, même si vous feuilletez un journal jusqu’à la fin. Les gens ont besoin de voir qu’ils font des progrès, mais cela peut être fait de différentes manières.

Alors oui, il y a un nouveau défi pour les concepteurs, ils doivent penser le futur de la lecture, l’avenir de la navigation. Je veux dire que nous avons tant de références que je ne comprends vraiment pas pourquoi nous avons besoin de faux cuir ?

Mais c’est votre boulot je suppose! (Sourire)

Merci Mercedes.

// Propos recueillis par Kévin.

Posted on: mai 13th, 2010 #lift10 – Entretiens avec Francois Bochatay / Sobeez

Bonjour François, qui êtes-vous, que faites-vous dans la vie ?

Mon nom est Francois Bochatais. Je suis le CEO et le cofondateur de Sobees.

Sobees essaie de résoudre le problème de savoir ce qui c’est passé lorsque l’on est absent. Dans notre monde, nous avons toujours plus d’informations, que ce par email par différents sites, etc… et notre objectif est de la traiter d’une manière visuellement plus riche et de filtrer l’information pertinente en évitant le bruit.

L’identité numérique, qu’est ce que cela représente pour vous ?

Moi, en tant que personne, quand je suis connecté, je suis en ligne, je laisse des traces. J’ai une identité, je suis François Bochatais mais quand je me connecte sur Internet, j’ai différents profils sur plusieurs sites. Open ID a essayé de résoudre des choses mais n’est pas encore très connu.

Aujourd’hui je pense que c’est Facebook qui fait un réelle avancée en essayant de réunir nos différentes identités sous un identifiant unique avec le Social Graph. Si actuellement, je visite être encore anonymement certain sites, demain, quelque soit le site sur lequel j’arriverai, je serai reconnu en tant François Bochatais. Avec le Social Graph de Facebook par exemple, demain, je lorsque j’arriverai sur un site je serai reconnu par l’intermédiaire de mon identifiant Facebook.

Et dans la mobilité, quels sont les changements selon vous ?

Pour moi, les Smartphones, ne sont qu’un moyen de ce connecter. Grâce à eux, je promène mon web dans la poche. L’information est dans le nuage, le téléphone n’est qu’un « device », et mon identité numérique vit elle aussi dans le nuage. Personnellement c’est comme ça que je le vois.

Au-delà du web, il y a d’autres applications plus particulières. On pourrait pousser un peu plus loin. Par exemple, quand j’achète avec ma carte SIM, j’utilise aussi mon identité numérique, mais elle passe par mon opérateur téléphonique… peut être que c’est aussi une forme d’identité numérique, mais ici encore, le téléphone n’est qu’un « device ».

Quel sont les enjeux, et quels sont les risques selon vous ?

Il faut être conscient des empreintes que l’on laisse. Il faut être conscient qu’aujourd’hui tout est géré par des sociétés privées. A titre personnel j’utilise beaucoup leurs services, notamment par rapport à mes produits, mais je surveille les traces que je laisse. On laisse de plus en plus de traces de ce que l’on dit, de ce que l’on met en ligne. Et il faut savoir que sur Internet rien ne se perd et tout peut de ressortir un jour.

Oui, je pense qu’il y a une valeur ajoutée phénoménale et que cela vaut la peine d’y participer, mais il faut être conscient de ce que l’on fait, et de ce que l’on laisse. Personnellement je vois autant d’avantages que de risques dans le fait qu’une entité comme Facebook contrôle mon identité numérique.

L’avantage sera que bientôt, lorsque j’arriverai sur un site, je serai reconnu ; les choses seront plus consolidées, la publicité sera contextualisée et la qualité de mon expérience sera améliorée.

Comment voyez-vous l’avenir de l’identité numérique ?

Je crois qu’à l’avenir, tous les sites Internet seront reliés à un Social Graph. Et, si aujourd’hui, l’important est d’être référence sur Google, demain l’important sera d’être présent dans les espaces sociaux.

Tous les sites seront interconnectés entre eux, et mon identité m’accompagnera à au cours de mon surf et dans les produits que j’utilise. C’est une évolution majeure qui a déjà commencé et qui s’affirmera dans deux ou trois ans.

Au delà ce qui va arriver ? Je pense qu’il faut d’abord que cette phase soit effective pour que l’on puisse entrevoir les évolutions suivantes.

On parle de l’Internet des objets. L’identité numérique est aujourd’hui dans le « Cloud ». Dans le Web demain elle sera dans les objets, les lieux. Je prends un objet, j’y laisse une trace et il se rappelle de mon identité. Comme une empreinte digitale, une empreinte numérique. On commence à le voir arriver aujourd’hui, avec… des pèse personnes … ce genre de trucs. Ce sont les prémices, qui font pour le moment plus de bruit qu’autre choses.

On parlait de filtration de bruit tout a l’heure, et bien par exemple : je m’en fiche de savoir combien pèse mon voisin et si mon pèse personne doit transmettre des informations, elles seront sans doutes plus utiles à mon médecin qu’à mon voisin. Si pour l’instant, je ne vois pas l’intérêt, je vois le potentiel de ces objets physiques liés à mon identité. Ils s’avéreront finalement très utiles.

Propos recueillis par David @lift10

Posted on: mai 11th, 2010 #lift10 – journalistes citoyens

Conférence de Yeon-ho Oh – Fondateur du site d’actualité OhmyNews

A l’heure des questionnements sur l’identité nationale, la citoyenneté et le futur de la presse, l’intervention du fondateur du site coréen d’information OhmyNews m’a semblé intéressante.

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Photo Stephanie Booth’s – Flickr

OhmyNews est l’un des principaux sites d’information en Corée. il publie environ 200 articles par jour. L’ensemble de ces articles sont rédigés par des non professionnels. Le fondateur du site les appelles des « citoyens journalistes ». Un concept qui fonctionne depuis 10 ans, une date qui correspond à peu près avec l’élection du premier gouvernement réellement démocratique en Corée du Sud.

Un slogan simple pour ce site d’information : « chaque citoyen peut être un reporter », car finalement, pour Mr Oh, les journalistes ne sont pas des « espèces exotiques » … OhmyNews est donc fondé sur un idéal de démocratie.

Qui sont ces citoyens journalistes ?
Mr Oh nous donne un exemple : Mr Sin, professeur d’université a écrit plus de 1000 articles, tous sur un sujet bien précis : les match de la ligue professionnelle de football américain. Les coréens en sont friands, mais a cause du décalage horaire, ces match son diffusés tard dans la nuit. Et pourtant, chaque matin, ou presque, Mr Sin poste un article sur les matchs de la nuit. Cela signifie qu’il a regardé les match et rédige un article dans la nuit. Apparemment, Mr Sin ne dort jamais… Qu’est ce qui peut expliquer un tel investissement personnel – non rémunéré – si ce n’est la passion ?

Pour Mr Oh ce qui motive ces centaines d’auteurs est l’idéal de participer dans le but de rendre la société meilleure ». Un idéal qui n’est pas présent que sur internet, mais dans tout les systèmes démocratiques autours du monde.

Est-ce toujours positif ?
Oui, pour Mr Oh, a condition que les raisons soit bonnes : un véritable désir de partager et de servir la société.

Quel modèle de business pour OhmyNews ?
Actuellement essentiellement la publicité, qui fournit 70% des revenus. Mais de nouveaux systèmes sont mis en place. L’un par exemple consiste à valoriser les utilisateurs : « Le 100 000 club », association qui regroupe des utilisateurs réguliers d’OhmyNews qui moyennant une participation peuvent s’impliquer dans les décisions de l’entreprise.

Et finalement, quelle influence ces citoyens journalistes peuvent avoir sur la société ? Est-elle réelle ou fantasmée ?
L’élection du précédent président de la république coréen, Roh Moo-hyun ou les manifestations géantes à Séoul en 2008 sont des exemple de la réalité de cette influence.

Les enjeux ?
Mr Ho en parle peu, mais il concède que le gouvernement coréen actuel contrôle bien plus l’information présente sur Internet que le précédent.

David @lift10

Posted on: mai 6th, 2010 Generation & technology (1)

idnconf

Au programme du Lift cette après-midi, le professeur Aubrey de Grey et le sociologue Antonio Casilli ont abordé les thèmes de génération et d’âge, proposant chacun à leur manière une traduction du mythe de la jeunesse éternelle.

Le premier postule en effet, que nous pourrons bientôt, grâce à la science, enrayer le processus de dégénerescence propre au vivant. Il deviendra alors possible de vivre éternellement jeune, si ce n’est d’inverser les effets du temps et de retrouver un corps et un état de santé physique dont nous pensions que le cours naturel de la vie nous aurait définitivement privé.

La théorie d’Aubrey de Grey, indépendament de son aspect un peu fantaisiste, frappe surtout par l’absence de réflexion prospective et d’analyse de ses conséquences éthiques et pragmatiques. Formuler l’hypothèse selon laquelle nous pourrions ne plus mourir autrement qu’accidentellement, et prolonger infinimment la vie, ne nous semble pas, en tant que tel, porter plus loin qu’un délire new age. Il aurait fallu l’ancrer dans un cadre de réflexion plus large que celui d’une proposition purement factuelle (à défaut d’être vraiment rigoureuse scientifiquement) pour lui donner une réelle teneur prospective et ouvrir un champ de réflexion à part entière.

Il aurait  été plus intéressant de se projeter – ne serait-ce que virtuellement – dans le monde qui émergerait de telles modifications fondamentales de l’être humain dans son rapport au corps et au temps. Peut-on penser l’être humain en dehors du devenir? Un être humain peut-il vivre sans le processus de génération? Le contrat social n’est-il pas, dans toutes les sociétés, structuré autour de l’idée selon laquelle les actuels occupants de l’espace public et de la terre, devront un jour « faire place », pour reprendre l’expression proposée par le philosophe Pierre-Damien Huygues dans son ouvrage éponyme (Mix, 2009)?

Marie @ LIFT

Posted on: mai 6th, 2010 Le Lift en images

Quelques photos de l’IDN au Lift à Genève :-)

La suite prochainement.

Posted on: mai 6th, 2010 Aujourd’hui au programme du LIFT

11:30
Session: Politics
Beyond the much talked-about political campaigns on Facebook, how to turn users into citizens engaged in public action?
Speakers:
Rahaf Harfoush, World Economic Forum: The technological and social trends impacting politics.
Claudia Sommer, Greenpeace Germany: Greenpeace social media strategy and on-line campaigns
13:00
Lunch
14:30
Daily briefing. Learn more about the activities of the day from Lift founder Laurent Haug (Media corner).
15:00
Session: Generations and technologies
How to go beyond the usual clichés on generations? This session will explore how different generations adopt technologies.
Speakers:
Aubrey de Grey, SENS Foundation: Prospects for defeating aging altogether.
Antonio Casilli, EHESS: Doomed to be forever young? A social archaeology of the ‘digital natives’.
Julian Zbar, student: How and why are the current generation staying connected?.
Open stage: Clément Gault, Orange Labs: An industrial designer who reports back on his experience working with « researchers »
16:30
Break & Lift Experience
16:30
Care4it competition prize winners
Meet people from the Akosombo International School in Ghana who won the competition organized by the IEC on their community website www.wattwatt.com.
17:30
Session: What’s up with on-line communities?
Since 2006 Web 2.0 has celebrated the so-called « amateur revolution ». What did we learn in the past 5 years? Are we reaching the limits of Web 2.0?
Speakers:
Alice Taylor, Channel 4: The Transition from Broadcast to Multiplatform for a public service broadcaster: getting attention and measuring success..
Jean Burgess, Queensland University of Technology: YouTube’s Unfolding History.
Katrin Verclas, Mobile Active: The Revolution is Most Definitely Mobilized – Mobiles in Democratic Participation. Debunking Hype and Assessing Reality.
Open Stage: Thomas Fundneider, theLivingCore: Exploring the similarities between design and innovation processes.
18:45
Lift Experience Vernissage
Official opening of the Lift experience exposition « Mode Demo » curated by Geneva University of Art and Design with wine and snacks provided by Au Bonheur du Vin.
20:00
Open dinner / Mapping Vernissage
Go out in Geneva and eat with the Lifters you just met or join the vernissage of the Mapping Festival, THE Swiss VJing event at BAC.

11:30

Session: Politics

Beyond the much talked-about political campaigns on Facebook, how to turn users into citizens engaged in public action?

Speakers:

Rahaf Harfoush, World Economic Forum: The technological and social trends impacting politics.

Claudia Sommer, Greenpeace Germany: Greenpeace social media strategy and on-line campaigns

13:00

Lunch

14:30

Daily briefing. Learn more about the activities of the day from Lift founder Laurent Haug (Media corner).

15:00

Session: Generations and technologies

How to go beyond the usual clichés on generations? This session will explore how different generations adopt technologies.

Speakers:

Aubrey de Grey, SENS Foundation: Prospects for defeating aging altogether.

Antonio Casilli, EHESS: Doomed to be forever young? A social archaeology of the ‘digital natives’.

Julian Zbar, student: How and why are the current generation staying connected?.

Open stage: Clément Gault, Orange Labs: An industrial designer who reports back on his experience working with « researchers »

16:30

Break & Lift Experience

16:30

Care4it competition prize winners

Meet people from the Akosombo International School in Ghana who won the competition organized by the IEC on their community website www.wattwatt.com.

17:30

Session: What’s up with on-line communities?

Since 2006 Web 2.0 has celebrated the so-called « amateur revolution ». What did we learn in the past 5 years? Are we reaching the limits of Web 2.0?

Speakers:

Alice Taylor, Channel 4: The Transition from Broadcast to Multiplatform for a public service broadcaster: getting attention and measuring success..

Jean Burgess, Queensland University of Technology: YouTube’s Unfolding History.

Katrin Verclas, Mobile Active: The Revolution is Most Definitely Mobilized – Mobiles in Democratic Participation. Debunking Hype and Assessing Reality.

Open Stage: Thomas Fundneider, theLivingCore: Exploring the similarities between design and innovation processes.

18:45

Lift Experience Vernissage

Official opening of the Lift experience exposition « Mode Demo » curated by Geneva University of Art and Design with wine and snacks provided by Au Bonheur du Vin.

20:00

Open dinner / Mapping Vernissage

Go out in Geneva and eat with the Lifters you just met or join the vernissage of the Mapping Festival, THE Swiss VJing event at BAC.

Posted on: mai 5th, 2010 compte-rendu de l’intervention de Christian Heller, Futuriste indépendant

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Dans son intervention du LIFT 2010, Christian Heller pose la question de la « Post-privacy ». Heller s’appuie sur une analyse historique du concept de vie « vie privée » pour montrer que la notion est apparu à l’époque moderne et peut, dans cette mesure, être aujourd’hui questionné. Dans quelle mesure sommes-nous, à l’ère de la post-modernité, en train d’en vivre les limites? Dans son argumentaire, le futuriste montre que la définition de « privacité » est fondamentalement instable et a subit, au cours de l »histoire, de nombreuses évolutions. Elle est aujourd’hui sujette à controverses. La « privacité », est-ce une forme de liberté? Longtemps associée à la féminité et au foyer, la « privacité » a subit au cours du siècle dernier un complet renversement des valeurs. Le monde de l’intérieur (la maison, la sphère intime) a explosé en s’exposant, en se « publiant » à la faveur des luttes des minorités pour la reconnaissance de leurs spécificités et la possibilité d’en assumer les conséquences en plein jour. Ainsi par exemple, le mouvement gay et lesbien s’est clairement positionné dans cette perspective de renversement des valeurs traditionnelles de l’intime, à la fin du siècle dernier, revendiquant et assumant publiquement une sexualité minoritaire. Associée à l’isolation et à la minorité, la « privacité » a laissé la place aux grands rassemblements fraternelles autour de communautés d’intérêt et de sens. Ces luttes pour l’affirmation publique d’une forme d’intimité singulière, Heller postule qu’elles sont à l’avant-garde de bouleversemement plus globaux dans les mentalités et les usages de l’homme et de la femme post-moderne.

Marie @ LIFT

Posted on: mai 5th, 2010 Compte-rendu de l’intervention d’Olivier Glassey, Université de Lausanne

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Bien arrivés à Genève où le cru 2010 du LIFT s’annonce riche en surprises et de découvertes.
Olivier Glassey, sociologue à l’université de Lausane, a ouvert le bal en ce début d’après-midi sur la notion de “Privacy”, thème au coeur de cette première journée. Qu’est-ce que la « privacité »? La notion suppose-t-elle une forme de contrôle de l’individu sur ces événements de vie? Sommes-nous aujourd’hui en train d’assister à la fin de la « vie privée »? Contre toute attente, le sociologie montre que les « digital natives » (appellation générique qui demande encore à être clairement définie)  possèdent leurs propres définitions et critères de ce qui est « privé ». Ces derniers engagent de vrais processus de décision dès lors qu’il s’agit de publier une information sur Facebook. On maîtrise, plus qu’on voudrait le croire, le type d’informations que l’on donne à voir sur les réseau sociaux. On filtre, on paramètre son compte Facebook, à la manière d’un jeu dont on connaît les règles, dont on s’amuse, que l’on détourne.

Glassey explique que Facebook exerce, en tant que dispositif, une forme de contrôle social permanent sur les utilisateurs, dans la mesure où il repose sur une certaine forme d’univocité du regard. C’est le regard des autres utilisateurs posé sur moi qui me « définit ». Et dans cette mesure, il restreint mon identité à un point univoque. Comment échapper à cette réduction de l’identité au travers du regard de l’autre? Comment éviter la conformité qu’il induit?

Ce qui caractérise la sphère sociale, selon Glassey, c’est la capacité à passer très rapidement d’un registre à un autre dans les conversations et rapports sociaux. On n’est pas le même selon que l’on parle à son patron ou à son fils. Or en l’état actuel, Facebook ne semble pas permettre telle subtilité. Le dispositif n’a pas la flexibilité suffisante pour permettre de refléter la richesse des interactions sociales réelles. Et dans cette mesure on peut se demander, avec Glassey, dans quelle mesure ces réseaux peuvent vraiment être qualifiés de sociaux.

Marie @ LIFT

Posted on: mai 5th, 2010 En direct du LIFT 2010, Genève

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Programme d’aujourd’hui :

13:00
Welcome to Lift10
Welcome speech by Lift founders Laurent Haug and Nicolas Nova. Jean-Pierre Greff, Director of the Geneva University of Art and Design (HEAD) will introduce Lift Experience program (in French )
13:30
Session: The redefinition of Privacy
What is privacy in the 21st Century? Is personal security threatened by the massive collection of personal data?
Speakers:
Olivier Glassey, University of Lausanne: Mutual privacy and online distributed social identities.
Christian Heller, Independent Futurist: Post-Privacy.
Open Stage: Martin Künzi, Salvation Army: A Day in the Life of the Head of Communications at the Salvation Army
Open Stage: Lucas Grolleau, Soundsgood inc.: A sound designer describes his day
Demo: Chris Woebken, New York University: Animal Superpowers
15:00
Break and Lift Experience
15:45
Session: The old new media
Newspapers are struggling, TV is not sure of what the future holds. What is at stake nowadays when informing, reaching and involving people?
Speakers:
Catherine Lottier (Canal+) and Virginia Mouseler (The WIT): Media, audiovisual content meets the digital universe:The Great Mashup.
Mercedes Bunz, The Guardian: Relaunch Capitalism! On Digitalisation, Public Sphere and Democratic Economy?
Demo: Björn Jeffery, Bonnier: The ten design principles behind Mag+
Open stage: Helena Chanson Höglund, independent podiatrist: Description of someone who works with people’s feet and for whom this is the dream job
17:15
Break
17:45
Alp ICT Venture Night (open to the public)
Partner event organized by Alp ICT and Etat de Genève with CTI, Creapole and The Ark.
Speakers:
Neil Rimer, Index Ventures: current trends in investment and entrepreneurship.
Eight Western Switzerland startups will present their products and services
19:15
Opening Cocktail
Have a drink at the CICG to celebrate the opening of the conference.
20:15
Fondue!
No need to introduce this part of the program, the legendary Lift Fondue (note: to host more participants we have moved to a new location). A shuttlebus service will bring you from the conference center to the fondue at the Palladium (map) every ten minutes starting at 20:00. Last bus at 20:30!

13:00

Welcome to Lift10

Welcome speech by Lift founders Laurent Haug and Nicolas Nova. Jean-Pierre Greff, Director of the Geneva University of Art and Design (HEAD) will introduce Lift Experience program (in French )

13:30

Session: The redefinition of Privacy

What is privacy in the 21st Century? Is personal security threatened by the massive collection of personal data?

Speakers:

Olivier Glassey, University of Lausanne: Mutual privacy and online distributed social identities.

Christian Heller, Independent Futurist: Post-Privacy.

Open Stage: Martin Künzi, Salvation Army: A Day in the Life of the Head of Communications at the Salvation Army

Open Stage: Lucas Grolleau, Soundsgood inc.: A sound designer describes his day

Demo: Chris Woebken, New York University: Animal Superpowers

15:00

Break and Lift Experience

15:45

Session: The old new media

Newspapers are struggling, TV is not sure of what the future holds. What is at stake nowadays when informing, reaching and involving people?

Speakers:

Catherine Lottier (Canal+) and Virginia Mouseler (The WIT): Media, audiovisual content meets the digital universe:The Great Mashup.

Mercedes Bunz, The Guardian: Relaunch Capitalism! On Digitalisation, Public Sphere and Democratic Economy?

Demo: Björn Jeffery, Bonnier: The ten design principles behind Mag+

Open stage: Helena Chanson Höglund, independent podiatrist: Description of someone who works with people’s feet and for whom this is the dream job

17:15

Break

17:45

Alp ICT Venture Night (open to the public)

Partner event organized by Alp ICT and Etat de Genève with CTI, Creapole and The Ark.

Speakers:

Neil Rimer, Index Ventures: current trends in investment and entrepreneurship.

Eight Western Switzerland startups will present their products and services

19:15

Opening Cocktail

Have a drink at the CICG to celebrate the opening of the conference.

20:15

Fondue!

No need to introduce this part of the program, the legendary Lift Fondue (note: to host more participants we have moved to a new location). A shuttlebus service will bring you from the conference center to the fondue at the Palladium (map) every ten minutes starting at 20:00. Last bus at 20:30!

Posted on: avril 30th, 2010 Entretien avec Jérôme Delormas

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Bonjour Jérôme, qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?

Jérôme Delormas, je dirige la Gaîté Lyrique qui est un lieu culturel Parisien et qui sera dédié aux cultures numériques. Ce lieu ouvrira en décembre 2010.

Que veut dire identité numérique pour vous et dans votre travail ?

Pour moi, l’identité numérique n’a pas de sens toute seule. Comme pour le numérique en général, elle n’a de sens que dans le monde réel. Pour moi le numérique est une couche supplémentaire, de rhizomes, d’éléments qui viennent s’ajouter à notre monde réel. C’est plus un enrichissement que quelque chose qui va évacuer le reste. A titre personnel je ne crois pas qu’il y ait d’identité numérique détachée du reste. Après, on a une vie numérique, les outils de communication sont en grande partie numérique, or qui dit communication dit identification des interlocuteurs. De ce point de vue là, effectivement, il y a une identité numérique. Cette identité peut être fluctuante, mobile, inventée, fausse, vraie, fictive… C’était déjà le cas avant le numérique, mais cela vient ajouter une fluidité, une complexité à ces identités que nous pouvons produire. Je pense que l’être humain a toujours eu à s’identifier, à créer des signaux d’identification. C’est le style personnel, la façon dont on s’habille, la façon de parler, le regard, c’est l’être dans sa relation aux autres et au monde. Au niveau professionnel c’est la façon dont on dirige une institution par exemple. c’est la façon dont on construit son image, l’image de cette institution par rapport à l’extérieur. Quand c’est un lieu c’est le choix de l’équipe, comment on accueille le public, comment on communique, quel design on produit dans la relation aux autres. Tout est question d’interface. Comment on se définit soit-même et comment on transmet cette définition de soi-même.

Qu’est ce que l’identité numérique dans la mobilité ?

Les outils deviennent mobiles eux-mêmes, les écrans et les interfaces, donc la question de la mobilité se pose par rapport à l’outil et par rapport à soi-même. Les transports internationaux font que l’on bouge de plus en plus, on est donc soi-même résolument mobile. Il y a aussi cette mobilité immobile si je puis dire, qui vient des changements et inter-changements de l’identité justement.

Pouvez-vous nous donner des exemples d’usages d’identité numérique dans la mobilité (les vôtres ou des usages que vous connaissez) ?

Dans les réseaux sociaux, on peut avoir plusieurs identités, plusieurs adresses mails, plusieurs profils Facebook, plusieurs réseaux sociaux à chaque fois avec des identités différentes, des pseudos différents. Il y a des gens qui utilisent la mobilité pour se cacher, car nous sommes face à un système qui a un potentiel de contrôle absolument gigantesque et affolant. C’est en même temps un potentiel de liberté génial, tous les niveaux d « alertes » positives et négatives montent. Pour échapper au contrôle ça peut être du simple jeu. Ça peut être une façon ludique d’aborder le monde et le rapport aux autres.

Est-ce que la Gaîté aura son réseau social ?

Oui, la Gaîté va utiliser les réseaux sociaux comme moyen de communication et comme éléments de jeux transmédia, que nous produirons parfois.

Quels sont, pour vous, les enjeux de l’identité numérique mobile ?

Je pense qu’il y a un enjeu de liberté et un enjeu de contrôle. Pour moi c’est un enjeu politique. La mobilité c’est une agilité qui permet de préserver sa capacité d’agir, son identité, en la multipliant parfois. Cela rend plus difficile le contrôle et je crois que c’est là qu’il y a l’enjeu le plus important. Et ce n’est pas seulement une question de censure. On peut imaginer que l’identité légale sera numérique. Le contrôle sur les réseaux sera mondial, ce qui est à l’inverse de l’esprit d’origine du web et des réseaux qui est plutôt un esprit collaboratif et libre. C’est pourquoi il faut se battre pour préserver l’état d’esprit du réseau et du web qui est un potentiel de travail collaboratif, en commun. Cette fameuse intelligence collective. Cette mobilité, agilité, flexibilité à penser ensemble grâce à l’outil numérique qui me semble absolument fondamentale. C’est comme ça que “l’Humanité” pour employer des grands mots, se préservera et améliorera sa condition et son rapport au monde en étant vigilant là-dessus. Mais il est difficile d’en rester là. Le web n’est qu’un moment d’une histoire en plein bouleversement en train de se faire sous nos yeux.

Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2015 ?

(rire)

C’est drôle j’ai eu et j’aurai des projets qui me mènent plus loin que 2015. C’est difficile parce que pour se projeter, même à quelques années, c’est intéressant de se rétro projeter et essayer de voir ce que c’était et ce que l’on vivait il y a 5 ans, par exemple. C’est phénoménal, il y a eu un changement extraordinaire. Je l’ai vécu personnellement, par exemple je travaille sur le projet de la Gaîté Lyrique depuis 2004 et on est presque dans cette temporalité, entre 2004 et maintenant il y a eu des bouleversements majeurs déjà. La généralisation du haut débit, l’arrivée des réseaux sociaux, de l’internet mobile, la relativisation de l’ordinateur au profit de terminaux comme les Iphones, maintenant l’Ipad et les objets communiquants, etc. Ce que j’imagine de l’avenir, c’est que l’on est qu’au tout début de ce bouleversement et c’est assez vertigineux. On peu modestement prédire que ce n’est que le début et que c’est exponentiel. On est au tout début de cette révolution, je trouve que l’on vit une époque absolument géniale, quoique difficile car il y a peut être un monde nouveau qui est en train de s’inventer pour le pire et le meilleur…C’est pour cela que c’est très politique. La Gaîté Lyrique, a son niveau et avec ses moyens, va essayer de penser cela avec des artistes et des créateurs, avec le public et avec les gens qui innovent. C’est son rôle et sa mission.

Merci Jérôme.

// Propos recueillis par Kévin.

Posted on: avril 23rd, 2010 Workshop avec Carole Collet

Carole est directeur de recherche du cour « textile futures MA » et chercheur au   Central Saint Martins College of Art & Design à Londres. Elle vit et travaille depuis 15 ans au Royaume Uni.

Elle est également directrice adjointe  de l’Unité de recherche “Textile Arts Future”. C’est une experte internationalement reconnue des nouveaux textiles.

Qu’est ce que le textile…?
…entre mobilité et communication ?

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Ce workshop à duré deux journées et c’est articulé de la façon suivante :

1 – exploration de notre perception de la mobilité, de la communication et du textile.

2 – Présentation de son travail et d’une sélection de projets de ses étudiants.

3 – Qu’est-ce que le textile ?

4 – Methodes d’explorations prospectives

5 – Sprint : réalisation d’un projet de design basé sur les textiles communicants.

6 – Présentation de ce projet et mise en scène d’un usage de chacun de ces projets.

1 – exploration de notre perception de la mobilité, de la communication et du textile.

Pour défricher le terrain nous apportons chacun à sa demande 5 images qui représentent pour nous la mobilité et 5 images pour la communication. Ainsi que 2 pièces de tissu, l’un que nous aimons, l’autre que nous n’aimons pas.

La sélection et l’explication que nous donnons de nos images est un exercice particulièrement intéressant. Il nous permet de prendre conscience de notre conscience de notre conception de la mobilité et de la communication. Les tissus que nous choisissons nous amènent à réfléchir à la place qu’occupe le textile dans notre vie quotidienne.

Images sélectionnées par Kevin :

Communication :

communication

Mobilité :

mobility

2 – Présentation de son travail et d’une sélection de projets de ses étudiants.

Le travail de carole s’inscrit dans le cadre d’une vision à long terme, jusqu’à 50 ans. En tant que designer, elle nous incite faire preuve d’engagement dans nos recherches, à nous positionner face aux questionnements posés par la société de consommation : La protection de la nature, la pauvreté…

Pour elle, l’écologie et les nouvelles technologies ne sont pas incompatible, au contraire. L’usage des nouvelles technologies peut, sous certaines conditions, être un moyen de préserver l’environnement. C’est ce qu’elle appelle « l’écologie futuriste ».

L’industrie textile est actuellement l’une des plus polluantes au monde. Mais de nouvelles méthodes ces fabrications permettent par exemple de réaliser des vêtements en limitant les déchets liés aux découpes du tissu ou de concevoir des textiles biodégradables.

L’industrie textile est aussi l’une de celles ou la recherche est la plus active. Le textile est loin de ne concerner que la mode et l’habillement. Il fait l’objet de nombreuses recherches dans le domaine militaire notamment. En plus de la chimie, la génétique est utilisée afin de produire de nouveaux matériaux : une forme de design peu connue, le design animal…

Carole et ces étudiants collaborent fréquemment avec des scientifiques de différentes disciplines. Un moyen d’explorer de nouveaux territoires et d’imaginer des applications concrètes pour des innovations qui pourraient rester des expérimentations de laboratoire.

Cela l’incite notamment à exploiter les caractéristiques des matériaux « intelligents ». Des produits qui à la différence de l’électronique réagissent naturellement à l’environnement ambiant : la température, la lumière, le mouvement, les ondes…

Une démarche qu’elle nomme « biomimicry ». Faire comme la nature : Optimiser plus qu’augmenter, être modulaire, multifonction et exploiter les énergies disponibles gratuitement.

3 – Qu’est-ce que le textile.

Nous avons explorés dans cette phase du workshop nos aprioris par rapport au textile et de le définir en cherchant en groupe des réponses aux trois questions suivantes :

  1. Qu’est ce que le textile nous évoque ?
  2. Où le trouve-t-on ?
  3. Qu’est-ce que c’est ?

Voici les réponses

Qu’est ce que le textile nous évoque :
Couleur, Matière, Odeur, Procédé, Matrice, Fibre, Son, Touché-tactile, Maillage, Inerte / activité, Matrice, mémoire, Décoré / caché, coudre, Repriser, bruler, Chine, Prendre dans la main, Peser, Sous-peser, étendre, Étirer, Déchirer, Enrouler Caresser.

Ou le trouve t’on :
Magasin, Poubelle, Vêtement, matériaux composite, animaux, objet technologique, Sur soi, Mur / sol / plafond, Architecture, Art, Médical, Espace, Plongé.

Qu’est-ce que c’est :
Matière, protection, Lieu de passage, Peau, Outil, Produit transformé, Comestible ?, Émotion, Magie, fiction, Connotation historique, Statu social, Drapeau, Camouflage, Gilet pare balle, Armée, Identité, Icône, Symbolique, Mémoire, Vêtement, nanotechnologie, Fibre optique, Luxe, Mode, Artisanat, Marque, Marketing

Les textiles sont classifiés de la manière suivante :

  1. Les textiles « naturels », issus de matières végétale, animale ou minérale
  2. Les textiles « synthétiques », issus essentiellement du pétrole.
  3. Les textiles « artificiels » issus de produits naturels transformés, comme la viscose.

4 – Méthodes d’explorations prospectives

Nous avons expérimenté avec Carole des méthodes d’explorations des usages futurs structurées par des matrices.

Grille exploratoire de Marie et David :

MatrixCaroleCollet


Posted on: avril 2nd, 2010 Conférence de Dale Herigstad | ENSAD | Mars 2010

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Dale Herigstad is an internationally recognized thought leader on the future of media consumption in an interactiveand “many-screen” world of increasingly rich media interfaces. With an extensive background in Broadcast Designand branding, he has pioneered a unique spatial context approach to designing advanced navigation systems forInteractive TV and connected screens. From this work are emerging new content mediums that blur the line betweenTV and Games—and, in fact, Dale is currently engaged with a variety of Schematic teams to redefine what Televisions becoming.

Dale was a part of the research team that developed the visionary gestural interfaces that first appeared in the film“Minority Report.

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Posted on: mars 27th, 2010 Entretien avec le Dr Tak – Seoul National University

Bonjour Dr Tak. Qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?

Je suis universitaire depuis 16 ans. Actuellement, je suis chercheur à l’Institute of Computer Technology de l’Université Nationale de Séoul. Je suis aussi chef d’entreprise (http://www.shtouch.co.kr). Et en parallèle, je siège en autre au comité coréen de normalisation ISO/IEC .

J’ai été diplômé d’un doctorat en informatique que j’ai obtenu à l’université de Paris 6 en 1984. J’ai étudié pendant six ans en France où j’étais boursier.

imgArticle

J’ai travaillé sur de nombreux projets liés aux identités numériques : En 1993, j’étais chef de projet pour la carte nationale d’Identité coréenne. Depuis j’ai travaillé entre autres sur le système de carte des transports en communs coréen. Un système pour les péages autoroutiers, et plus récemment, le nouveau passeport numérique coréen. La technologie au cœur de tous ces projets était la carte à puce.

Je développe actuellement sur un système de payement par carte pour le e-commerce et le cyber banking. C’est un lecteur miniature de carte à puce USB qui peut se connecter sur un ordinateur, ou un Iphone.  De la taille d’une clef USB il peut être utilisé comme espace de stockage de données si on y ajoute une carte mémoire. Il coute moins de 10$. Ce système est commercialisé depuis 5 ans en Corée où il est devenu un standard. Une nouvelle version va bientôt voir le jour.

Que signifie pour vous la notion d’identité numérique  ? Dans votre quotidien et dans votre travail ?

Elle prend de multiples formes, la carte bleue, la carte d’identité, la carte de sécurité sociale, etc …

En Corée, le passage de l’identité « analogique » à l’identité numérique c’est surtout fait pour des raisons de sécurité. Depuis 40 ans, un numéro unique d’identité est attribué à chaque coréen. Un peu comme le numéro de sécurité sociale français, à la différence qu’il a beaucoup plus d’applications. Il est utilisé dans le système de santé, bien sur, mais aussi à la banque, pour les démarches administratives… et sur Internet, le e-commerce ou les sites dont l’accès nécessite une identification.

C’est avec le développement du Web des problèmes de sécurité sont apparus. Ce numéro étant utilisé pour de nombreuses activités en ligne, des cas de Hacking, de vol, ou d’usurpation d’identité ont eu lieu. La numérisation et le cryptage de l’identité sont apparus comme la solution. Mon objectif est de rendre ces systèmes pratiques, efficaces et sûrs.

Mon lecteur de carte de payement s’appuie le Cryptographic Service Provider de Microsoft pour assurer la sécurité. Le système de cryptage des données qui représente une part importante du prix du lecteur. Il répond aussi aux standard PKCS et est donc compatible avec d’autres systèmes comme Linux.

Cela dit, le principe de lecteur de carte pour le payement en ligne n’est pas nouveau. La France a même été précurseur dans le domaine, en intégrant un lecteur de carte bancaire dans le Minitel, il y a plus de 10 ans.

Pouvez –vous nous donner des exemples d’applications de l’identité numérique ?

Par exemple, le E-passeport, le futur passeport numérique intègre une carte à puce. Cela permet de nouvelles fonctionnalités, comme par exemple la possibilité d’obtenir un Visa en ligne. Vous pouvez aussi télécharger le visa sur Internet et l’enregistrer sur la puce du passeport.

La carte d’identité avec carte à puce quand a elle, a déjà commencée à être diffusée en Corée. C’est actuellement un projet pilote. Elle est notamment utilisée comme certificat d’identité pour réaliser des démarches administratives en ligne sur les sites gouvernementaux.

Et il y a de nombreuses autres applications possibles. Les transports publics sont gratuits pour les coréens âgés de plus de 65 ans. Avec la puce RFID contenue dans leur carte d’identité numérique, ils pourront passer les portillons automatiques du métro en utilisant leur carte d’identité à la place d’un titre de transport.

(En Corée, depuis plusieurs années avec le système T-money, les cartes bancaires, et certains téléphones mobiles  intègrent en option un puce RFID qui leur permettent de tenir lieu  de  titre  de transport en commun ou  de payer une course en  taxi)

Les cartes bancaires vont aussi évoluer. Par exemple, imaginons que sur le site Internet de la SNCF, avec un lecteur et une carte adaptée, il serait possible que le billet de train acheté en ligne soit automatiquement enregistré sur sa carte de payement. Le contrôle se ferait alors simplement en scannant la carte du passager.

Et bien sûr, au delà des transactions commerciales, il y a le Single Sign-On ou SSO, la possibilité de développer un système sécurisé pour l’accès aux services Web grâce à un identifiant unique.

Le support lui-même peut prendre d’autres formes que celle d’une carte rectangulaire. J’ai crée une « carte » RFID pour les transports public Coréen qui se présente comme un porte clef. Le dispositif d’identification est un anneau, un peu de la taille d’une bague. il peut être attaché à un téléphone mobile. C’est un objet qui a rencontré un grand succès auprès des jeunes coréens.

A votre avis, allons-nous vers une convergence des supports des identités numériques ?

Le projet d’agrégation dans une même carte date de 1993. L’objectif était déjà d’intégrer tous les systèmes d’identité sur un même support : La carte d’identité, de payement, de scolarité… Les téléphones mobile qui sont maintenant de véritables ordinateurs et cela y participe aussi.

Donc oui je crois à la convergence. A titre personnel, je préfère rassembler toutes mes identités sur un support unique. Cela dit, d’autres préfèrent qu’elle soit fragmentés sur plusieurs. Les deux sont possibles.

Il faut savoir que le support, la carte, n’est que la partie visible de l’Iceberg. Elle ne représente que 10% du système. Il peut donc y avoir aussi des divergences. Les technologies évoluent comme un arbre. Elle partent d’une même base puis elles peuvent se ramifier.

D’après vous, que nous réserve le futur des systèmes d’identification numérique ?

La capacité de stockage des cartes va augmenter : De la SIM à la méga SIM, à la giga SIM. Il est déjà possible de créer des cartes avec 18Go de mémoire. C’est la même capacité de stockage que celle d’un Iphone.

Que peut-on stocker ? Enormément de choses, des photos, des vidéos… le débit lui même va s’accroitre.  On peut déjà créer des cartes a puces compatibles avec le standard USB. Cela ouvre des perspectives immenses. Il est donc certain que les cartes vont contenir de plus en plus d’éléments de nos identités. Et cela va aller de pair avec le besoin croissant d’être identifié. Sur Internet, les systèmes d’identification numérique vont devenir la norme et je pense qu’il vont être employés de plus en plus systématiquement.

Propos recueillis par David.

Posted on: mars 26th, 2010 Notre mobilité est prévisible et régulière.

Un excellent billet d’Hubert Guillaud, qui, comme à son habitude analyse parfaitement les phénomènes et usages émergents.

Un extrait :

« La mobilité, c’est la liberté d’aller comme bon nous semble, croit-on souvent… Pas si sûr, vient de constater le professeur Albert-László Barabási et son équipe, qui ont étudié les déplacements de quelques 50 000 utilisateurs de téléphone mobiles.

“Nous sommes tous d’une manière ou d’une autre ennuyeux. Les individus spontanés sont largement absents de la population. Malgré de grandes différences dans les modèles de déplacements, nous avons trouvé que la plupart des gens sont également prévisibles”, reconnaît le professeur Barabasi, directeur du Centre de recherche sur les réseaux complexes au New Scientist. La prévisibilité, explique-t-il représente la probabilité que nous sachions prévoir les allées et venues d’un individu dans l’heure suivante, en se basant sur ses trajets précédents. Cette prévisibilité n’est pas liée à la distance parcourue : ceux qui font de grands voyages réguliers (les “jetsetters“) comme ceux qui restent à proximité de chez eux (les “homebodys“) sont également prévisibles, à quelque 93 %. »

Et de conclure sur :

« L’étude des mobilités permet par exemple de montrer que le succès du vélo à Copenhague n’est pas un hasard dû seulement à une politique volontariste de la ville… Mais qu’il est lié à une répartition très homogène des équipements. Comme le signalait un dossier du Groupe Chronos sur le sujet, pour augmenter la part modale du vélo dans les déplacements, la ville de Copenhague a affiché que d’ici 2015 (.pdf), 90 % des habitants devaient se trouver à 15 minutes maxi à pied ou à vélo d’un parc, d’une piscine ou d’un espace naturel… Et pour optimiser encore l’emplacement de ces équipements, il va être encore plus nécessaire de comprendre les parcours des habitants qui dorment dans leurs téléphones mobiles.« 

> L’intégralité de son article est à lire par ici ;-)

Geoffrey