Hi Mark, could you please introduce yourself ? / What your activities are ?
My name is Mark A.M. Kramer. MAMK that’s my acronym I actually use it for my digital identity. MAMK.net is where I keep my portfolio. I call it my personal learning journal, but I call it also my hyperfolio. It is related to my digital identity. People know that it is a part of me, some vision I have.
Currently I live and work in Austria, teaching multimedia, communication and mobility, finishing my doctorate.
I am looking at learning in an age of what I call ubiquity communication. We have the tools with the mobile technology which allows us to maintain connection anywhere, in any places. That’s what I call ubiquity. It’s changing how we present ourselves.
How do you consider the relationship between digital Identity and Mobility?
From a perspective of mobility, depending on the more mobile someone is in terms of the amount of money they have or the amount of time they spend on line, it can be both positive and negative, but I think in general, the increase of mobility is a positive thing.
So coming to this conference for example and meet all these people to share my ideas and extend my social network is what I call social mobility. The interesting thing is now that I can meet people online first. I also have an online identity and probably these people have met me first online. So we are in an age where people actually meet you online first and then they meet you face to face.
In the past you would more share emails or you would share some sorts of digital artefacts. But because we are searchable now, more people are searching at topics.
For example, at this conference we share common hash tag. So the hash tag is the schelling point. In sociology shelling point is a point where people are attracted. Named after Professor Thomas Schelling, 2005 Nobel Prize recipient, a Schelling point is “that which gives a group of like-minded individuals their common purpose.”
In Paris, I guess a shelling point for many tourists would be Eiffel Tower, a place where they aggregates, they hang up. It is the same for Washington DC or New York Times Square.
We now use hash tags as a way to connect peoples. Maybe it could be called “meta shelling point”
So, from a hash tag, you can meet people interested in a subject, you can look his profile on Twitter and access to his blog, then you tell, “hey, do I really want to meet that person”. Then you can send a direct message.
What are the stakes of Mobile Digital Identity? What are the risks?
Well, if you don’t maintain you identity, people can perceive you in a wrong way, or rely you to an other. That’s one risk.
I give you an example: when I upload my own photos, I choose how I want to be perceived. But other can upload photos of me, and tag me in the photo so they identify me. Also, if they have access to my images, they can start mimicking me.
So a challenge would be: how can we maintain identities online and trust that this identity is a real person, not someone else pretending to be me.
More generally, what are your predictions?
First, in the context of this conference, they are actually some peoples attending only online and not here physically. And it will become a common place where for whatever reason people can’t come to a conference, their identity, a sort of avatar, a sort of presence will attend and they will be able to interact. It is called “co-location”. I am in Paris, but I am also in Geneva because my identity is in Geneva or this part of me that people can identify.
It will be a common place to be co-located. That’s the mobility but the identity could be my avatar. I am not really interacting at all, but my avatar, my online presence, know that I am interested in this topic at the conference and it aggregates. I think that avatars will have more autonomy and they might actively search, and might even attend to conferences all the time. So the mobility will become a sort of “hyper mobility”. Why should I fly from San Francisco to Geneva if I can attend online? I could do stay in San Francisco, if I can still interact.
But what would I lose then? I think the drawbacks are the lose of the ubiquity and serendipity. After our conversation now, we can have a coffee; maybe you will introduce me to your friends. You can develop connexions and trust quicker. But online, people are less attracted to trust you identity even if they already know you.
Nicolas Nova et Remy Bourganel au Lift 10 de Genève.
Marie : Bonjour Nicolas, peux-tu nous parler de ton parcours et de ton rôle dans Lift ?
Nicolas : A la base, j’ai une formation un peu batarde. J’ai commencé par faire des études en biologie, après j’ai fait un master en psychologie et interaction homme-machine. J’ai poursuivi par une thèse en informatique, à l’EPFL à Lausanne et après, un post-doctorat dans un laboratoire d’architecture et de design.
Ce qui m’intéressait, c’était l’ergonomie et les usages. Observer comment les gens utilisent les technologies pour travailler avec ceux qui conçoivent des produits et des services. Au début je travaillais avec des ingénieurs et ensuite, je me suis rapproché de plus en plus du design. Maintenant, ca déborde un peu du cadre de l’ergonomie. Ce qui m’intéresse, c’est comprendre les usages pour nourrir la réflexion, la démarche de conception des designers.
Lift est né en 2005. On c’est rencontré avec plusieurs personnes de la région de Genève, dont Laurent Haug, qui est le fondateur principal, et on a monté une conférence pour animer le réseau des gens qui s’intéressent à l’innovation, aux technologies et au design.
Et puis, cela à pris de l’ampleur. On est allé en Corée – première édition du Lift en dehors de la Suisse – puis à Marseille. Mais même en Suisse, cela a toujours été très international. La région autour du lac est très Européenne et il y a des gens de tous les pays du monde. Cela permet de regrouper des profils très différents, des designers, des entrepreneurs, des académiques, des étudiants d’école de design, d’écoles d’ingénieurs… Le but c’est de brasser tout ça, mélanger tout ce monde dans une espèce de joyeuse trans-diciplinarité, sans être forcément académique.
Mon rôle est d’être responsable éditorial. Je défini le thème avec mes collègues, je trouve des orateurs, je travaille avec eux sur leur présentation et les sujets qu’ils pourraient aborder.
Marie : La préparation du Lift, ca te prend beaucoup de temps ?
Approximativement 30% de mon temps. Les 70% restants étant consacrés à faire du conseil ou des études de terrain pour des sociétés qui travaillent dans le numérique (comme les interfaces gestuelles, la géo-localisation, la téléphonie mobile, les robots, les objets communicants) et de l’enseignement dans les écoles de design (études d’usages, ethnographie appliquée au design). Le tout via une structure qui s’appelle Lift Lab qui est différente de Lift Conférence, la société qui organise les conférences.
Et puis quand j’ai le temps, j’écris des livres sur la géolocalisation, l’histoire des joypads… Et j’ai aussi un blog s’appelle « Pasta & Vinegar », depuis 7 ans (www.liftlab.com/think/nova).
Marie : L’écriture, c’est important pour toi ?
Oui, j’ai plusieurs modes d’écriture. Le blog depuis très longtemps, je m’en sers comme d’un bloc notes, un carnet ou je mets mes idées, les choses que je vois. Ca me force à écrire plus ou moins tous les jours et je le fais en anglais. Cela me permet de rencontrer des gens qui ont des intérêts similaires et puis, c’est aussi ce qui a contribué je pense à m’amener vers le design puisque les gens qui le lisaient étaient surtout des designers. C’est comme cela que j’ai été amené à les rencontrer et à être invité dans des conférences sur le sujet.
C’est une partie de l’écriture. L’autre partie, ce sont des articles plus longs, pour des revues académiques. Et aussi des livres; d’abord car il y a plus de place pour s’exprimer et puis, parce que c’est le seul objet tangible que je puisse faire. Je ne suis pas ingénieur, je ne suis pas programmeur, je ne suis pas designer non plus. Donc, tout ce que je peux faire, c’est mettre en forme des idées dans des choses comme des livres, des cartographies, des jeux de cartes… Je n’ai pas les compétences pour produire d’autres choses, ce qui est parfois frustrant en fait…
Marie : Mais est-ce que tu ne réalises pas ces autres choses en travaillant avec d’autres personnes ?
Oui, je sais que j’aime travailler en groupe avec d’autres personnes pour avancer et confronter des visions différentes. C’est enrichissant.
Kevin : Et pour en revenir au thème de l’identité numérique, qu’est ce que cela représente pour toi, à titre personnel ou dans le cadre de ton travail ?
Dans identité numérique, il y a le mot identité et je ne vais pas revenir là-dessus. C’est surtout comment le numérique s’ajoute à l’identité qui peut être défini. En fait je n’ai pas du tout envie de parler de ce qu’est l’identité, c’est un autre débat.
L’identité numérique, on pourrait la définir comme toute la sphère d’information, de contenu qui est rattaché à l’identité, la personnalité, l’édification d’une personne. Ce qui va, je dirais de l’identifiant de la personne, ce qui la désigne, à tous les contenus qui lui sont rattachés, notamment toutes les traces que la personne qui utilise un service numérique va provoquer. Que ce soit de manière explicite: Par exemple, je suis dans la rue, je prends des photos, je les mets sur Flickr, ça, c’est une partie de mon identité que je choisis de publier. Ou de manière plus implicite : par mon cheminement dans Amazon, par les livres que j’ai choisi, ou par les vidéos que j’ai vu sur Youtube, je défini de manière implicite mon identité.
Donc l’agrégation de ces deux types de données : celles que je choisis de rendre visibles et celles qui sont générées par ma propre activité dans l’univers numérique – et même dans l’espace physique – cela peut former une espèce d’étendue d’information dans laquelle se situerait l’identité numérique. C’est une vision un peu « brute ». Mais ce qui est intéressant c’est de se dire que cela peut servir à créer d’autre choses. Créer des services, des applications qui seraient basées sur cette vaste sphère d’information mise en branle pour produire soit de la connaissance pour moi, pour les autres, pour des sociétés, soit des services ou des applications.
Je prends un exemple un peu plus concret : à partir de mes déplacements qui sont enregistrés par GPS on peut faire ce que fait Nic Feltron avec son Feltron Report (feltron.com) dans lequel on peut voir où les gens se sont déplacés, on peut avoir la cartographie des déplacements des gens, le nombre des pas qu’ils font par jour, leur rythme… Et ça c’est une première étape qui permet de découvrir sa propre activité, et même de redécouvrir sa propre identité par les actions que l’on réalise. En même temps, d’autres gens pourraient utiliser ces données pour proposer des services. Des services géolocalisés qui, par exemple, en analysant mes routines de déplacement dans l’espace, pourraient me diffuser des musiques adaptées ; Un genre de choses auquel je ne crois pas tellement en fait. Mais en tous cas, on peut se poser la question de comment utiliser toute cette matière qui est autours de l’identité numérique.
Marie : et a ton avis, cette identité numérique, peut-elle agir sur notre identité ? En quoi peut-elle la modifier ?
Je ne voulais pas forcement définir ce qu’est l’identité. Pour moi, l’identité ce n’est pas quelque chose de stable. C’est quelque chose qui change, au contact des autres, d’autres cultures et quand on réalise des activités. Cette identité évolue, elle change. C’est une sorte de réflexivité qui nous amène à nous poser des questions sur notre propre identité et de même avec celle des autres. Accéder à l’identité des autres nous amène à avoir une réflexion sur la notre. Il pourrait y avoir des services intéressants qui rendraient compte du fait que l’identité c’est quelque chose qui évolue, qui n’est pas gravé dans le marbre. Bien sûr, il y a des éléments d’identité qui sont permanents, mais ce n’est pas aussi strict que certains le disent.
David : Et en général, qu’est ce que le numérique change par rapport à l’identité ?
Il y a le fait que les dispositifs numériques permettent de créer des identités multiples, des profils multiples. Si on pense par exemple à mon profil Facebook qui est différent de mon profil Linkedin, le personnage que j’utilise dans Dofus ou dans WoW. En gros, chacun a une part de moi. Chacun a une facette différente que je veux montrer soit de manière sincère, soit de manière ironique.
Les technologies permettent à ceux qui arrivent à utiliser les interfaces de se forger des facettes multiples. Je pense que créer des interfaces, des services qui permettent ce genre de choses, qui autorisent les gens à mentir, à forger des facettes différentes, c’est un enjeu intéressant. Avoir une identité sacralisée, gravée dans le marbre, cela ne va pas avec nos pratiques, avec notre manière de vivre.
David : Tu as commencé à parler des enjeux. Est ce que tu identifies des risques aussi ?
Quand on parle d’identité numérique, il y a l’enjeu principal, tous les discours actuels sur l’intrusion dans la sphère privée, la « privacy » en anglais. Qui détient les clefs de cette identité numérique ? Tout à l’heure je définissais l’identité numérique d’une manière qui est assez proche de celle d’un ingénieur : un éventail d’informations qui sont rattachées à ma propre identité, par des services des technologies numérique.
A qui appartiennent ces données, ou sont elles hébergées ? A-t-on le droit de les modifier, de les effacer ? Peuvent-elles disparaitre à un moment donné ? C’est le débat actuel sur les limites que l’on doit définir. Surtout quand ce sont des grands groupes qui détiennent ces données.
Cela pose des questions : Si de la valeur est produite à partir de ces données, à qui revient-elle ? Qu’est ce que cela change dans le temps, de conserver ces traces qui peuvent rester là encore 20 ans après. Cela peut poser problème aux personnes. Si l’identité numérique est fluctuante, est-ce qu’il ne faudrait pas trouver les moyens pour qu’elle change, et que l’on puisse effacer ses traces?
Il y a toute une succession d’enjeux et énormément de questions qui se posent et qui sont intéressantes à étudier. Et ce que je trouve intéressant là dedans, c’est qu’il n’y a pas de réponses tranchées. Je vis en Suisse, à Genève et ici il y a un débat sur ce que l’on appelle le secret bancaire. Pour résumer, quand une banque à des informations sur vous, les autorités fiscales, les autorités judiciaires ne peuvent pas y accéder. Elles sont conservées dans la banque et ça cela choque énormément de gens parce que cela permet les détournements fiscaux.
Quand on voit ce débat et quand on voit celui autours des données personnelles on s’aperçoit qu’il y a des similarités et que l’équivalent du secret bancaire, finalement pourrait être le secret sur l’identité numérique. Ce serait un droit légitime, pas forcément sur les données liées à l’argent, quoi que, on peut en discuter, mais il pourrait y avoir une sorte de secret sur l’identité numérique. Une sorte de pacte passé entre la personne et les structures qui détiennent ces informations.
Nous ne sommes pas là pour défendre le secret bancaire, mais on pourrait dire qu’il y a une possibilité pour que les sociétés technologiques deviennent des sortes de banques de données et à un moment donné, qu’il y ait une réflexion un peu similaire sur la propriété des informations et ce qu’il est possible de faire avec. Sur les relations entre les individus et la, ou les sociétés qui détiennent ces informations.
David : Quelles sont tes prédictions ? A deux ans, 5 ans ? Comment cela va évoluer selon toi ?
Un des éléments très important pour l’évolution est que l’identité numérique, il y a une dizaine d’années, était plutôt sur le web. Avec des données essentiellement liées à l’activité sur internet, les e-mails. Aujourd’hui, avec les technologies numériques mobiles, elle occupe tout l’espace, notamment l’espace physique. L’identité numérique est vraiment en train de prendre de l’ampleur et cela va continuer. Il va être de plus en plus difficile de définir ce qui relève de l’identité numérique et donc il risque d’y avoir quelques clash sur les données liées aux activités dans l’espace physique : les déplacements des gens, les choses qu’ils achètent, les rencontres avec les autres … Observer ces clashs, essayer de les comprendre, les mettre en avant, c’est mettre en avant les enjeux pour les années à venir.
Autre chose en termes de prédictions : il faut toujours penser aux exceptions. On pense toujours qu’il y a une norme. Mais il faut se rappeler qu’il y aura des gens qui ont une identité numérique très minimale ou qui ne voudront pas en avoir. Ce seront des gens qui n’ont pas de compétences liées aux technologies, qui n’ont pas le capital social, mais ce pourra être aussi des gens très riches qui pourront se le permettre et dans ce cas, ce sera un luxe. Oui, cela pourra être un luxe.
Il y aura un business à monter : des structures, l’équivalent des banques, pour toutes ces données. Cela va arriver, mais pas tout de suite. Mais il arrivera un moment ou ca fera sens parce la gestion de ces données, la gestion de ses identités numérique va devenir un enjeu énorme. Ce sera une espèce de mélange entre ce qu’était une banque et une agence de communication et ça, tout le monde ne pourra pas se le payer.
Marie : Ne penses-tu pas que l’on va assister à une banalisation des informations ? Est ce que cela va créer une forme d’indifférence ? Une éthique de la discrétion ?
Je crois à l’apparition de nouvelles normes sociales, dont la discrétion. Dominique Cardon d’Orange Labs en parle sur la question du voyeurisme. Si on fait la comparaison avec les femmes qui ont les seins nus à la plage, cela ne se fait pas de les regarder. Et bien, de la même manière, cela ne se fera peut être pas de regarder les données de quelqu’un d’autre. On pourra le faire, mais ce sera perçu de manière un peu bizarre, vulgaire, du voyeurisme.
Oui, cela peut évoluer. En disant cela, je pense au débat français sur l’identité nationale. Croire qu’il y a une identité figée depuis des milliers d’années, ce n’est pas vrai. Cela fluctue, les choses évoluent, les choses changent. C’est une construction.
Tout comme tous les objets du monde sont en partie des constructions culturelles ; Les technologies en premier. C’est d’ailleurs un peut le maître mot cette matinée de ce vendredi de Lift10: « technology is culture ». Cela veut dire que les technologies ne sont pas neutres. Les gens qui les font ont une représentation des usagers, des usages potentiels et les inscrivent ensuite dans ces objets.
Le travail du designer, avec d’autres acteurs : les ingénieurs, les responsables marketing, c’est d’inscrire une vision des usages dans les objets ; forcément inspirée par une vision du monde. Plus large elle est, plus ouverte elle est – car il faut bien comprendre que l’identité numérique c’est quelque chose d’ouvert – mieux c’est.
Merci Nicolas
Propos recueillis par les étudiants chercheurs d’IDN@lift10 Genève.
Bonjour Rémi, qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?
Je m’appelle Rémi Sussan, je suis journaliste, notamment pour internet actu (internetactu.net) qui est le magasine en ligne de la FING. J’ai également écrit plusieurs livres, l’un, les « utopies posthumaines » (éditions Omniscience) , sur les technologies futuristes et les idéologies qui se développent en arrière plan de celles-ci, et plus récemment “optimiser son cerveau” et “demain les mondes virtuels” (éditions FYP).
Que veut dire identité numérique pour vous et dans votre travail ?
Dans cette notion très vaste qui va de la politique à la vie privée etc. Moi, ce qui m’intéresse c’est plutôt dans la notion d’identité au sens le plus profond du terme c’est-à-dire qui je suis moi et comment je vais modifier éventuellement mon rapport au monde par l’intermédiaire de ces technologies numériques. Il y a plusieurs aspects, l’exemple classique dans les mondes virtuels c’est si j’ai un avatar et que je me fais plus grand que je ne suis, je sais que cet avatar aura plus de facilité à gagner la confiance d’autres avatars plus petits, c’est terrible d’ailleurs ! Ce qui intéressant c’est que l’on découvre aussi que si j’augmente ma confiance dans mon avatar j’augmente aussi ma confiance en moi dans le monde réel. Si je fais faire du sport à un avatar, je vais avoir tendance à en faire plus moi, c’est du moins ce que disent certains chercheurs… (en fait je crois que j’ai dit que je n’en avais pas encore fait l’expérience personnellement !). Ce qui m’intéresse ce n’est pas comment je peu changer mon identité par rapport aux autres, mais plutôt par rapport à moi-même, à la vision que j’ai de moi, sous un aspect psychologique. Il y a un aspect également très intéressant avec ces identités numériques, c’est comment je peux avoir un “feedback” par rapport à mon propre corps et opter le comportement idéal. Il y a plusieurs degré, celui d’avoir le code de son propre génome, chose que je me promet de faire depuis deux ans mais dont je ne me suis pas encore occupé, et puis il y a toute la gamme des interfaces qui tiennent en compte le corps. La première étant la Wiimote et maintenant il y a les interfaces cerveau/machine (casque NeuroSky, emotiv). Nintendo annonce également la sortie d’un appareil que l’on met sur le doigt et qui va capter le flux sanguin. Il y a un jeu qui est prévu avec ça, le problème c’est que Nintendo fait du Nintendo pour Nintendo mais ils sont fermés tout en étant ouvert. Autrement dit n’importe quel hacker peut s’emparer de la wiimote et la détourner à ses propres fins, et ce sera sans doute la même chose avec cette nouvelle interface… Ce qui m’intéresse donc la dedans c’est de percevoir, à travers le numérique, mon identité et comment je vais pouvoir travailler dessus.
Qu’est ce que l’identité numérique dans la mobilité ?
L’idée qui me vient à l’esprit avec la mobilité c’est le lifelogging mobile, un retour sur quel est mon état émotionnel quand je suis en train de discuter, quelles sont mes réactions etc Je pense qu’il y a deux choses, au début en voyant cette idée du lifelogging je me suis dit mais qu’est ce que c’est que ce truc de maniaque ! Sur le coup je me suis dit mais alors on va me surveiller tout le temps, on devient des patient hospitalier à longueur de journée…Petit à petit je me suis rendu compte qu’il y avait une dimension qui n’avais pas encore été exploré et qui serait intéressant de l’être. Le lifelogging en tant qu’outil c’est quelque chose qui est un peu pénible, je continue à le penser, ce n’est pas intéressant de savoir ce que je fais à chaque instant et quelles sont mes réponses physiologiques, je pense qu’il faut garder une certaine forme de spontanéité. Par contre dans un cadre de ce que l’on appel le jeu pervasif, le lifelogging ne devient pas quelque chose de totalement différent, c’est à dire est-ce que l’on ne pourrais pas faire quelque chose des réactions physiques/psychologiques dans le monde réel, via un système de portable, de smartphone, de lecteurs… un terrain de jeu ? Il existe des mondes virtuels du type World of Warcraft, il y a actuellement une monté de ce que l’on appel les jeux pervasifs, notamment avec l’arrivé des smartphones au lieu d’aller dans les mondes virtuels et d’être en 3D on fait des jeux de pistes, des jeux en temps réel dans le monde réel. Ça peut ne pas du tout être numérique, ça peut être un jeu de piste tout simple mais ça peut aussi tenir compte de la réalité augmenté…
Est-ce que ça ne devient pas intéressant de combiner mon propre corps et les données de mon propre corps et un univers virtuels que ne serais plus un univers 3D situé derrière l’écran mais qui serait plaqué sur le monde réel. On ne créer plus un jeu en dehors du réel mais on utilise le réel, on l’investit avec des éléments issus d’un monde imaginaire, c’est ce qu’on appelle le jeu à réalité alternée. Cela se joue essentiellement sur le web avec de faux sites web, des faux mails voir des faux coup de téléphone etc Dans le jeu pervasif ça peut être des lieux, les deux ont tendance à se mêler . Par exemple les joueurs doivent prendre RDV dans un lieu, ou aller à une cabine téléphonique pour recevoir un message, tout ce genre de chose.
Quels sont, pour vous, les enjeux de l’identité numérique mobile ?
Si l’on prend l’identité numérique avant l’existence des avatars, de la 3D sur le web, ou même encore avant, on à commencer à parler des problèmes d’identité numérique à partir des années 80 avec les BBS (bulletin board systems) Howard Rheingold a écrit son livre sur les communautés virtuels vers 1986-90 . Effectivement il y avais déjà une théorie qui commençait à ce développer, celle du moi multiple. Selon les conditions dans lesquelles nous nous trouvons, selon l’environement de média dans lequel nous sommes, nous pouvons êtres plusieurs personnes. Par conséquent la définition d’identité au sens classique du terme, c’est-à-dire je suis un sujet qui pense toujours de la même manière commençait à ce fractaliser complètement dans une espèce de mosaïque d’identités. Dès les début de la cyber culture, il y a eu ce courant qui disait le moi est multiple et plus unique. Ensuite il y a eu les mondes 3D. Actuellement il y a un retour à l’identité « authentique » dans facebook les gens utilisent très peu de pseudonymes. Le web est en train de reformater un petit peu autour de la notion de chacun est soi-même.
Si on va jusqu’au transhumanisme, de toute façon notre identité deviendra quelque chose de complètement fluide, on se re-créera à chaque fois. Il y a un transhumaniste, Sasha Chislenko qui imaginait la soupe fonctionnelle, la super intelligence comme une intelligence s’autocréant constamment a l’aide de modules.
La réalité augmenté, le lifelogging sont déjà, sans forcément se mettre des implants dans le crâne, une utilisation des extensions de son propre corps. Combinons maintenant à très très long terme la capacité de modifier son cerveaux directement par différents moyens, avec des mondes virtuels, de la réalité augmenté on peut se demander jusqu’où ça peut aller.
Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2015 ?
Je pense que le liffelogging devrait s’étendre via le jeu pervasif plus que via des applications de santé qui à mon avis seront vécues comme étant beaucoup plus oppressantes. La WII l’a montré, c’est l’entrée du corps dans les mondes virtuels. D’ici 2015 il y aura plus de smartphones que de PC en terme de connexion, c’est-à-dire que le PC actuel va plus ou moins disparaître pour devenir quelque chose d’infiniment portable. A court terme je dirais que l’avenir est dans le portable, avec l’accès aux données physiologiques de leur utilisateur. Je pense que ce n’est pas une évolution technologique mais plutôt une évolution dans les usages…
Entre interprétation de javascript de plus en plus puissant (apple a gagné ?) et tracking de l’internaute “Chrome, par exemple, cherche à utiliser les données accumulées par Google sur le comportement des internautes pour « prédire » les prochaines pages qui seront visitées, et pouvoir les pré-charger.” comment augmenter la performance ou du moins l’impression de performance avec les navigateurs ?
Cela soulève plusieurs questions :
La rapidité sur le web, un concept entre traduction graphique et performance technique…
Google dans sa lancé des prédictions liés au comportement de l’internaute (moteur de recherche,
navigateur) va-t-il réinventer ou tuer le “web-surfing” ?
Les futurs internautes vont peut-être choisir le navigateur qui leur donnera le contenu qu’ils attendent…à la manière des pubs ciblées d’ailleur.
Après la “navigation privée” dans les préférences voici la “navigation anticipé”…
Entre interprétation de javascript de plus en plus puissant (apple a gagné ?) et tracking de
l’internaute “Chrome, par exemple, cherche à utiliser les données accumulées par Google sur le
comportement des internautes pour « prédire » les prochaines pages qui seront visitées, et pouvoir
les pré-charger.” comment augmenter la performance ou du moins l’impression de performance
Est-ce la mort de flash avec la capitalisation sur le SUPER – javascript ?
La rapidité sur le web, un concept entre traduction graphique et performance technique.
/*Le point suivant m’intéresse particulièrement je re-télécharge Chrome !!*/
Google dans sa lancé des prédictions liés au comportement de l’internaute (moteur de recherche,
navigateur) va-t-il réinventer ou tuer le “web-surfing” ?
Les futurs internaute vont peut-être choisir le navigateur qui leur donnera le contenu qu’ils
attendent…à la manière des pubs ciblées d’ailleur.
Après la “navigation privée” dans les préférences voici la “navigation anticipé”…
*Geoffrey :
Pour une réponse en plusieurs points, ce que tu soulèves est très intéressant :
Je ne pense pas que le flash trouve la « mort » vis à vis d’autres techno, comme la télé n’aura pas tué le théatre ou comme la radio n’aura pas tué l’Opéra ou internet n’aura pas tué les rapports sociaux. Je pense même que les premiers qui arriveront à faire communiquer la portabilité du html 5 avec la puissance de flash par exemple, se feront bien remarquer :-)
Concernant la rapidité du web, à l’époque du modem 56k, nous optimisions nos images au ko près. Depuis quelques années nous sommes « un peu plus larges » (avec des loaders parfois de plusieurs minutes) avec le passage à l’ADSL (je parle notamment pour nous autres riches occidentaux hein..). Aujourd’hui, avec le téléphone mobile, il y a un certain ajustement des performances, il faut que ce soit léger et rapide. Reste à voir si on observera la même évolution qu’avec le modem…
Concernant Google maintenant, personne n’en a encore parlé en France, mais depuis hier matin, Scroogle (un Google-like anonyme
que vous devez connaître) est bloqué par Google.
« Scroogle, the secure third-party Google search interface, has been blocked by Google. Scroogle was an SSL-based search proxy that enabled one to search for and receive Google results over an SSL connection in a pseudo-anonymous manner. » https://ssl.scroogle.org/cgi-bin/nbbwssl.cgi Pareil aussi pour Google Sharing (un add-on Firefox qui permet également de garantir un certain anonymat sur Google. https://addons.mozilla.org/en-US/firefox/addon/60333/ ) qui est bloqué… Google aurait-il fait le ménage dans la navigation anonyme ? Je n’ai pas eu le temps d’en parler sur mon blog, mais l’info est encore chaude pour la France.
*David :
Je pense que le concept de navigateur lui même va devenir de plus en plus flou. Il l’est déjà pour pas mal de gens. Dans l’esprit du grand public, le web est un magma qui peut s’appeller suivant les cas : Internet Explorer, Google, Facebook… Il faut bien avoir conscience que les débats autours des performance des navigateurs sont de l’ordre du débat d’expert. Quand ça rame, quand ca plante, les gens n’identifient pas en général la source du problème : Hardware, connexion web ? navigateur ? ou appli web mal développée ?
C’est là sans doutes l’une des raisons de la résistance d’Apple à Flash, et a mon avis la plus légitime. Il y a un risque réel pour le concepteur d’une plateforme hardware et/ou software que son image soit ternie par des dispositifs tiers développés de manière non rigoureuse, que ce soit d’un point de vue ergonomique ou technique (Microsoft en a pas mal souffert). Et c’est un paradoxe, puisque d’un autre côté, l’Iphone (entre autres) doit beaucoup au crowdsourcing, des communautés de développeurs indépendants qui sont la source de la richesse et de la diversité des écosystèmes applicatifs.
Je ne présagerai pas de la disparition de Flash. Pas a moyen terme en tous cas. Mais il faut reconnaitre que chez les professionnels de l’Internet, la polémique autours de la non implémentation du player sur Ipad a instigué un sérieux doute. Il faut aujourd’hui envisager sérieusement l’éventualité que l’apparition de technologies de substitution de conception d’interfaces riches rende le recours à Flash plus marginal, sur le Web en tous cas. Peut être s’imposera-t’il comme une plateforme de référence pour le développement d’applications mobiles ? L’avenir nous le dira…
La normalisation des interfaces et des méthodes de développement des applications va devenir une problématique centrale sur le Web ces prochaines années, tout comme elle l’a été dans le domaine industriel via notamment les réflexions autours de la notion de qualité et la mise en place de standards de plus en plus stricts. Elle suivra logiquement celle de l’optimisation des moteurs de rendu des navigateurs. Tant pour des questions de performance, de stabilité, d’accessibilité, de sécurité ou d’inter-operabilité (ce qui fera que nous seront encore plus traqués dans notre navigation), et aussi bien sûr de prise de parts de marchés; parce que c’est bel et bien de business dont il s’agit…
Oui, définitivement, les Apple, Microsoft et autre Google vont devenir de plus en plus drastiques. Ils le deviennent déjà. Essayez donc d’accéder à des sites contenant des ActiveX un peu exotiques via Google…
Bonjour Marco, qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?
Mon nom est Marco Paglia. Je travaille chez Nokia depuis 3 ans. J’ai travaillé à Londres pendant deux ans et actuellement, je suis basé à San Francisco.
Je travaille dans le domaine de l’innovation. On y développe des idées qui matérialiseront dans des concepts, des applications des services ou des produits qui seront peut-être développés d’ici 2 ou 3 ans. Mais nous sommes en train de mettre en place des nouveaux processus pour que des applications soient développées dans l’année.
Que veut dire identité numérique pour vous et dans votre travail ?
Et bien, c’est un concept qui n’est pas tout à fait nouveau, mais dont on parle de plus en plus. Et je ne serai pas seul à dire que maintenant, c’est un marché qui a pris une véritable ampleur.
Dans les réseaux sociaux, nous avons de multiples identités, notre identité professionnelle, l’identité que nous avons avec nos amis, ou celle que nous avons comme photographe par exemple… Il est très intéressant de voir comment ces identités sont liées ensemble et en même temps, comment elles sont séparées. Comprendre si ces identités peuvent être agrégées ou si elles doivent être maintenues séparées est un challenge.
Qu’est ce que l’identité numérique dans la mobilité ?
Assurément, l’Internet change le monde du mobile. Complètement.
Ce qu’Internet change dans la mobilité, c’est la manière que nous avons maintenant de nous mettre en relation par les réseaux sociaux. Ce n’est plus une liaison d’individu à individu, ou éventuellement une conférence téléphonique avec un petit groupe. On parle maintenant de connexion, d’intimité et d’ubiquité. Il s’agit de fixer des règles par rapport à la manière dont on est relié aux gens plutôt que d’établir une connexion volontaire de personne à personne. Ce dont je parle, c’est de la maitrise des informations que je veux recevoir quand telle ou telle personne fait quelque chose sur un réseau social, ou du choix des personnes qui sont autorisées à me contacter par email, ou par téléphone, etc…
Avec les réseaux sociaux on est plus connecté temporairement, on est relié en permanence et la question de la manière dont les gens accèdent les un aux autres devient centrale. Pour définir ces règles qui permettent de décider de faire quelque chose avec quelqu’un à un moment donné, ce qui est important, c’est la façon dont on se représente nos relations. La connaissance de la nos liens, de nos interactions avec les autres, est clé dans les réseaux sociaux.
Quels sont, pour vous, les enjeux de l’identité numérique mobile? Quels sont les risques ?
Je ne sais pas s’il y a des risques. Je vois surtout des opportunités. Vous savez, les risques et les opportunités sont souvent les mêmes choses observées d’un point de vue différent.
Je vois une opportunité dans le fait d’être connecté en permanence. Il y a ce scenario classique dans lequel vous arrivez à une conférence et vous savez déjà comment les personnes qui y assistent sont reliées à vous et par extension quels sont leurs domaines d’expertise, ce qui vous permet d’entrer en contact plus facilement avec eux.
Je vois aussi une opportunité dans le fait d’être mieux connecté quelque que soit le contexte et le moment. Que les informations ne soient plus redondantes comme aujourd’hui, avec notre identité qui est dupliquée sur de multiples réseaux. L’agrégation de toutes nos identités au même endroit rendra critique la gestion de l’accès à ces données. Qui peut voir quoi ? A qui ces informations appartiennent.
Et c’est peut être ici que se situe le risque : dès lors que votre identité est dans le nuage, il faut savoir qui définit les règles. Cela doit être fait de sorte que, quel que soit le lieu ou vos données personnelles sont stockées, vous puissiez garder le contrôle. Oui, c’est probablement l’un des risques majeurs et je ne sais pas si quelqu’un sait comment l’éviter actuellement.
Il faudrait qu’Internet reste un outil de liberté. Mais dès lors qu’il sera contrôlé par un système, par une autorité, à notre demande peut être, dans un désir d’obtenir plus de sécurité, je pense que cela signifiera que nous devront faire le deuil d’une partie de son potentiel.
Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2015 ?
Je vois un monde ou il y aura énormément de données connectées ensemble. Je pense au discours de Tim Berners-Lee au qui a présenté sa vision l’évolution de l’internet au TED récemment et je la partage. Pour lui, actuellement, Internet contient différentes sources de données, mais elles ne sont pas connectées ensemble, de fait, elles n’interagissent pas.
Par exemple, si je lis un article d’actualité en ligne sur quelque chose qui c’est passé dans un certain lieu, il n’y a pas forcément de liens avec les autres informations en rapport avec ce lieu ni avec les personnes qui en sont proches. Je pense qu’à l’avenir il sera possible de connecter les personnes et les lieux.
Une autre évolution sera d’avoir la possibilité d’obtenir de l’information sur ce qui est arrivé autours de moi il y a dix minutes, la minute précédente voire ce qui se passe en ce moment
Je vois le potentiel d’avoir toutes ces informations et de créer des connexions en permanence.
Dans le domaine du mobile, la possibilité d’enregistrer ce que l’on fait, collecter des données représente aussi un potentiel. Les photos que l’on prend, qui sont une preuve que l’on a été à un endroit à un certain moment, les livres que l’on a lu, etc…
Dès lors que ces données seront systématiquement enregistrées dans le nuage elles deviendront spécifiques aux personnes. A la façon dont les gens interagissent avec ces données on sera un mesure d’adapter ce nuage à ceux qui s’en servent. Il sera possible de les connecter entre elles en fonction des besoins.
Un exemple : si vous tapez mon prénom et mon nom dans Google, le premier résultat que vous verrez sera probablement mon profil Facebook. Mais comme aujourd’hui, nous avons parlé ensemble, il y a plus de choses qui nous lient qu’une liste de résultats standards.
Il se peut que dans un futur Google, la même recherche donne des réponses plus adaptées à vous et moi : peut être les personnes que nous connaissons tous les deux, les informations en rapport avec cette interview, les informations en rapport avec le blog sur lequel elle a été publiée. Je trouve cela vraiment passionnant.
Et enfin, définitivement, le contexte sera clé : l’endroit duquel vous accédez, qui accède, à quel moment. Il sera intéressant de voir comment ces informations seront utilisées, notamment pour la publicité, car ce sera une opportunité de générer des revenus pour les entreprises.
Bonjour Mercedes, qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?
Mercedes Bunz, je vis à Londres où je suis journaliste en ligne depuis plusieurs années. Depuis peu, je couvre les médias numériques et les nouvelles technologies pour le Guardian. Avant je travaillais à Berlin comme rédacteur en chef pour la version en ligne d’un journal Berlinois. En ce moment j’écris un livre sur les algorithmes, comment la numérisation affecte la connaissance et bouscule l’ordre des choses.
Que veut dire identité numérique pour vous et dans votre travail ?
Depuis que le monde numérique fait partie de notre vie quotidienne, nous n’avons pas seulement une identité, nous en avons plusieurs. J’ai deux profils sur Facebook par exemple, un professionnel et un autre pour mes amis. Aujourd’hui, nos identités changent en fonction de la plate-forme de communication.
Il y a donc une multitude d’identités, les privées et les publics. Ma vie professionnelle, par exemple, a commencé dans les universités. J’ai écrit ma thèse de doctorat sur l’histoire d’internet et en parallèle j’ai co-fondé un magazine sur la culture numérique et la musique électronique. Pendant que je faisais ma thèse, j’ai continué à écrire en tant que journalistes à côté. J’ai enseigné à l’université par la suite, puis je suis devenu le rédacteur en chef du magazine Zitty à Berlin. Donc, pendant un temps, j’ai mis mon identité universitaire en attente. Vous voyez, vous pouvez parfois avoir différentes identités en même temps, parfois ce n’ai pas possible et l’un de vos personnages est en pause. La bonne chose au sujet de la numérisation est le fait que nous vivons tous en public maintenant et les gens s’y habituent. Cela les rend plus tolérant … j’espère !
Qu’est ce que l’identité numérique dans la mobilité ?
Pendant longtemps, l’internet était contraint à un seul appareil, l’ordinateur. Maintenant, nous avons le téléphone mobile, les smartphones et autres appareils mobiles comme l’IPAD. Dans un avenir, pas si lointain, il y aura aussi l’internet des objets, ce qui signifie que tout sera un ordinateur, les choses auront de plus en plus de puces, même si ce ne sont pas des dispositifs électroniques. Ainsi, le nuage de l’information numérique se déplace avec nous, partout, où nous allons et communique avec nous n’importe où que nous soyons.
Aujourd’hui, vous emportez votre nuage de connaissances avec vous, pour la première fois dans l’histoire, la présence à une archive. C’est quelque chose de fondamentalement nouveau, je pense que nous n’avons pas vraiment bien compris quelle différence cela fait.
En termes de traitement de l’information, la géolocalisation est très importante. À l’ère de la surabondance d’information, trier cette dernière est d’une importance fondamentale. Connaître votre emplacement géographique permet aux algorithmes de produire de meilleurs résultats de recherche. Par exemple chercher Paris, en France, signifie la recherche d’une ville, tandis qu’en Grèce, cela peut signifier la recherche d’un nom.
Nous pouvons être en ligne partout où nous sommes, cela permet des débats plus riches car, maintenant si vous êtes en désaccord avec quelqu’un et que vous ne savez pas qui a raison, vous pouvez aller sur Google et trouver la réponse immédiatement.
Dans une vision optimiste on peut dire que tout le monde est un peu plus intelligents, tout le monde parle avec un niveau supérieur … Dans une vision pessimiste, vous pouvez dire que vous ne voyez personne autour de vous, parce que vous êtes trop occupé par la navigation sur votre mobile. Personnellement, je pense que le nouveau dialogue entre un lieu et la base de données mobile fait une différence positive. Il suffit de ne pas trop en faire.
Quels sont, pour vous, les enjeux de l’identité numérique mobile ?
Étant connecté à une base de données permanante, peut-être avons-nous besoin de faire une pause et faire prendre des vacances à notre identité, aller quelque part où vous n’avez pas à être en ligne … (sourire)
Désormais il y a aussi la recherche prédictive, le numérique n’est pas facile à prédire. Chaque fois que nous nous dirigeons dans une direction, l’innovation se passe ailleurs. Toutefois, l’informatique mobile sera un grand moment, il deviendra un marché de masse dès qu’il sera moins cher et que les smartphones pourront connecter à Internet des personnes qui ne peuvent pas se permettre d’avoir un ordinateur.
Avec la numérisation on ne sait jamais. Je pense qu’il n’y a pas de but, cela évolue au fil du temps, c’est un véritable défi et une réelle motivation en même temps. Vous ne savez jamais ce qui se passe, il faut rester sur ses gardes.
Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2015 ?
Dans les deux prochaines années, nous allons numériser des situations, plus seulement des dispositifs. Prenez l’IPAD, par exemple. Apple n’a pas de numériser les journaux, les bandes dessinées ou des séries télévisées, mais ils ont pensé qu’après le travail, vous ne voudriez pas vous rasseoir à une table et utiliser votre ordinateur. Ils ont été assez intelligents pour savoir que les gens aiment utiliser une autre machine quand ils ont leur temps libre. Ils veulent se sentir différents et veulent avoir une expérience différente pour ne pas se rappeler le travail. C’est pourquoi ils ont vendu un million iPads. Numériser des situations au lieu d’équipements est une stratégie qui semble évidente à poursuivre. Maintenant, vous pouvez apprécier lire ou regarder quelque chose à l’écran sans que cela vous rappelle une situation de travail .C’est ce que je veux dire par numériser les situations, ce sera le défi des deux prochaines années.
Que pensez-vous de la métaphore graphique de la bibliothèque et de la page qui tourne dans les interfaces contemporaines (iPad, e-reader, issuu…) ?
C’est mauvais (sourire).
Le philosophe canadien, Marshall McLuhan a écrit un livre intitulé, “understanding medias”, où il a dit que nous avons toujours importer l’ancien milieu sur le nouveau support. C’est exactement la première chose que nous faisons : nous développons un iPad, et nous faisons quelques applications qui ressembles à une mauvaise étagère, ou qui simule des reliures en cuir, totalement hilarant sur l’application “Carnet d’adresses”. Pourquoi ne pas inventer de nouveaux mode de lecture ? Pourquoi dois-je regarder cette simulation de faux cuir, c’est vraiment horrible !
L’avenir de la lecture est quelque chose qui a vraiment besoin d’être davantage explorées. Se plonger dans un texte peut être fait de manière très différente, cela n’a pas besoin d’être représenté par des pages. Il n’est pas nécessaire de tourner une page pour comprendre que la suite du texte est plus loin. C’est un moment important, car le fait de vous rendre compte de votre progression, même si vous feuilletez un journal jusqu’à la fin. Les gens ont besoin de voir qu’ils font des progrès, mais cela peut être fait de différentes manières.
Alors oui, il y a un nouveau défi pour les concepteurs, ils doivent penser le futur de la lecture, l’avenir de la navigation. Je veux dire que nous avons tant de références que je ne comprends vraiment pas pourquoi nous avons besoin de faux cuir ?
Bonjour François, qui êtes-vous, que faites-vous dans la vie ?
Mon nom est Francois Bochatais. Je suis le CEO et le cofondateur de Sobees.
Sobees essaie de résoudre le problème de savoir ce qui c’est passé lorsque l’on est absent. Dans notre monde, nous avons toujours plus d’informations, que ce par email par différents sites, etc… et notre objectif est de la traiter d’une manière visuellement plus riche et de filtrer l’information pertinente en évitant le bruit.
L’identité numérique, qu’est ce que cela représente pour vous ?
Moi, en tant que personne, quand je suis connecté, je suis en ligne, je laisse des traces. J’ai une identité, je suis François Bochatais mais quand je me connecte sur Internet, j’ai différents profils sur plusieurs sites. Open ID a essayé de résoudre des choses mais n’est pas encore très connu.
Aujourd’hui je pense que c’est Facebook qui fait un réelle avancée en essayant de réunir nos différentes identités sous un identifiant unique avec le Social Graph. Si actuellement, je visite être encore anonymement certain sites, demain, quelque soit le site sur lequel j’arriverai, je serai reconnu en tant François Bochatais. Avec le Social Graph de Facebook par exemple, demain, je lorsque j’arriverai sur un site je serai reconnu par l’intermédiaire de mon identifiant Facebook.
Et dans la mobilité, quels sont les changements selon vous ?
Pour moi, les Smartphones, ne sont qu’un moyen de ce connecter. Grâce à eux, je promène mon web dans la poche. L’information est dans le nuage, le téléphone n’est qu’un « device », et mon identité numérique vit elle aussi dans le nuage. Personnellement c’est comme ça que je le vois.
Au-delà du web, il y a d’autres applications plus particulières. On pourrait pousser un peu plus loin. Par exemple, quand j’achète avec ma carte SIM, j’utilise aussi mon identité numérique, mais elle passe par mon opérateur téléphonique… peut être que c’est aussi une forme d’identité numérique, mais ici encore, le téléphone n’est qu’un « device ».
Quel sont les enjeux, et quels sont les risques selon vous ?
Il faut être conscient des empreintes que l’on laisse. Il faut être conscient qu’aujourd’hui tout est géré par des sociétés privées. A titre personnel j’utilise beaucoup leurs services, notamment par rapport à mes produits, mais je surveille les traces que je laisse. On laisse de plus en plus de traces de ce que l’on dit, de ce que l’on met en ligne. Et il faut savoir que sur Internet rien ne se perd et tout peut de ressortir un jour.
Oui, je pense qu’il y a une valeur ajoutée phénoménale et que cela vaut la peine d’y participer, mais il faut être conscient de ce que l’on fait, et de ce que l’on laisse. Personnellement je vois autant d’avantages que de risques dans le fait qu’une entité comme Facebook contrôle mon identité numérique.
L’avantage sera que bientôt, lorsque j’arriverai sur un site, je serai reconnu ; les choses seront plus consolidées, la publicité sera contextualisée et la qualité de mon expérience sera améliorée.
Comment voyez-vous l’avenir de l’identité numérique ?
Je crois qu’à l’avenir, tous les sites Internet seront reliés à un Social Graph. Et, si aujourd’hui, l’important est d’être référence sur Google, demain l’important sera d’être présent dans les espaces sociaux.
Tous les sites seront interconnectés entre eux, et mon identité m’accompagnera à au cours de mon surf et dans les produits que j’utilise. C’est une évolution majeure qui a déjà commencé et qui s’affirmera dans deux ou trois ans.
Au delà ce qui va arriver ? Je pense qu’il faut d’abord que cette phase soit effective pour que l’on puisse entrevoir les évolutions suivantes.
On parle de l’Internet des objets. L’identité numérique est aujourd’hui dans le « Cloud ». Dans le Web demain elle sera dans les objets, les lieux. Je prends un objet, j’y laisse une trace et il se rappelle de mon identité. Comme une empreinte digitale, une empreinte numérique. On commence à le voir arriver aujourd’hui, avec… des pèse personnes … ce genre de trucs. Ce sont les prémices, qui font pour le moment plus de bruit qu’autre choses.
On parlait de filtration de bruit tout a l’heure, et bien par exemple : je m’en fiche de savoir combien pèse mon voisin et si mon pèse personne doit transmettre des informations, elles seront sans doutes plus utiles à mon médecin qu’à mon voisin. Si pour l’instant, je ne vois pas l’intérêt, je vois le potentiel de ces objets physiques liés à mon identité. Ils s’avéreront finalement très utiles.
Conférence de Yeon-ho Oh – Fondateur du site d’actualité OhmyNews
A l’heure des questionnements sur l’identité nationale, la citoyenneté et le futur de la presse, l’intervention du fondateur du site coréen d’information OhmyNews m’a semblé intéressante.
Photo Stephanie Booth’s – Flickr
OhmyNews est l’un des principaux sites d’information en Corée. il publie environ 200 articles par jour. L’ensemble de ces articles sont rédigés par des non professionnels. Le fondateur du site les appelles des « citoyens journalistes ». Un concept qui fonctionne depuis 10 ans, une date qui correspond à peu près avec l’élection du premier gouvernement réellement démocratique en Corée du Sud.
Un slogan simple pour ce site d’information : « chaque citoyen peut être un reporter », car finalement, pour Mr Oh, les journalistes ne sont pas des « espèces exotiques » … OhmyNews est donc fondé sur un idéal de démocratie.
Qui sont ces citoyens journalistes ?
Mr Oh nous donne un exemple : Mr Sin, professeur d’université a écrit plus de 1000 articles, tous sur un sujet bien précis : les match de la ligue professionnelle de football américain. Les coréens en sont friands, mais a cause du décalage horaire, ces match son diffusés tard dans la nuit. Et pourtant, chaque matin, ou presque, Mr Sin poste un article sur les matchs de la nuit. Cela signifie qu’il a regardé les match et rédige un article dans la nuit. Apparemment, Mr Sin ne dort jamais… Qu’est ce qui peut expliquer un tel investissement personnel – non rémunéré – si ce n’est la passion ?
Pour Mr Oh ce qui motive ces centaines d’auteurs est l’idéal de participer dans le but de rendre la société meilleure ». Un idéal qui n’est pas présent que sur internet, mais dans tout les systèmes démocratiques autours du monde.
Est-ce toujours positif ?
Oui, pour Mr Oh, a condition que les raisons soit bonnes : un véritable désir de partager et de servir la société.
Quel modèle de business pour OhmyNews ?
Actuellement essentiellement la publicité, qui fournit 70% des revenus. Mais de nouveaux systèmes sont mis en place. L’un par exemple consiste à valoriser les utilisateurs : « Le 100 000 club », association qui regroupe des utilisateurs réguliers d’OhmyNews qui moyennant une participation peuvent s’impliquer dans les décisions de l’entreprise.
Et finalement, quelle influence ces citoyens journalistes peuvent avoir sur la société ? Est-elle réelle ou fantasmée ?
L’élection du précédent président de la république coréen, Roh Moo-hyun ou les manifestations géantes à Séoul en 2008 sont des exemple de la réalité de cette influence.
Les enjeux ?
Mr Ho en parle peu, mais il concède que le gouvernement coréen actuel contrôle bien plus l’information présente sur Internet que le précédent.
Au programme du Lift cette après-midi, le professeur Aubrey de Grey et le sociologue Antonio Casilli ont abordé les thèmes de génération et d’âge, proposant chacun à leur manière une traduction du mythe de la jeunesse éternelle.
Le premier postule en effet, que nous pourrons bientôt, grâce à la science, enrayer le processus de dégénerescence propre au vivant. Il deviendra alors possible de vivre éternellement jeune, si ce n’est d’inverser les effets du temps et de retrouver un corps et un état de santé physique dont nous pensions que le cours naturel de la vie nous aurait définitivement privé.
La théorie d’Aubrey de Grey, indépendament de son aspect un peu fantaisiste, frappe surtout par l’absence de réflexion prospective et d’analyse de ses conséquences éthiques et pragmatiques. Formuler l’hypothèse selon laquelle nous pourrions ne plus mourir autrement qu’accidentellement, et prolonger infinimment la vie, ne nous semble pas, en tant que tel, porter plus loin qu’un délire new age. Il aurait fallu l’ancrer dans un cadre de réflexion plus large que celui d’une proposition purement factuelle (à défaut d’être vraiment rigoureuse scientifiquement) pour lui donner une réelle teneur prospective et ouvrir un champ de réflexion à part entière.
Il aurait été plus intéressant de se projeter – ne serait-ce que virtuellement – dans le monde qui émergerait de telles modifications fondamentales de l’être humain dans son rapport au corps et au temps. Peut-on penser l’être humain en dehors du devenir? Un être humain peut-il vivre sans le processus de génération? Le contrat social n’est-il pas, dans toutes les sociétés, structuré autour de l’idée selon laquelle les actuels occupants de l’espace public et de la terre, devront un jour « faire place », pour reprendre l’expression proposée par le philosophe Pierre-Damien Huygues dans son ouvrage éponyme (Mix, 2009)?
Beyond the much talked-about political campaigns on Facebook, how to turn users into citizens engaged in public action?
•Speakers:
•Rahaf Harfoush, World Economic Forum: The technological and social trends impacting politics.
•Claudia Sommer, Greenpeace Germany: Greenpeace social media strategy and on-line campaigns
13:00
Lunch
14:30
Daily briefing. Learn more about the activities of the day from Lift founder Laurent Haug (Media corner).
15:00
Session: Generations and technologies
How to go beyond the usual clichés on generations? This session will explore how different generations adopt technologies.
•Speakers:
•Aubrey de Grey, SENS Foundation: Prospects for defeating aging altogether.
•Antonio Casilli, EHESS: Doomed to be forever young? A social archaeology of the ‘digital natives’.
•Julian Zbar, student: How and why are the current generation staying connected?.
•Open stage: Clément Gault, Orange Labs: An industrial designer who reports back on his experience working with « researchers »
16:30
Break & Lift Experience
16:30
Care4it competition prize winners
Meet people from the Akosombo International School in Ghana who won the competition organized by the IEC on their community website www.wattwatt.com.
17:30
Session: What’s up with on-line communities?
Since 2006 Web 2.0 has celebrated the so-called « amateur revolution ». What did we learn in the past 5 years? Are we reaching the limits of Web 2.0?
•Speakers:
•Alice Taylor, Channel 4: The Transition from Broadcast to Multiplatform for a public service broadcaster: getting attention and measuring success..
•Jean Burgess, Queensland University of Technology: YouTube’s Unfolding History.
•Katrin Verclas, Mobile Active: The Revolution is Most Definitely Mobilized – Mobiles in Democratic Participation. Debunking Hype and Assessing Reality.
•Open Stage: Thomas Fundneider, theLivingCore: Exploring the similarities between design and innovation processes.
18:45
Lift Experience Vernissage
Official opening of the Lift experience exposition « Mode Demo » curated by Geneva University of Art and Design with wine and snacks provided by Au Bonheur du Vin.
20:00
Open dinner / Mapping Vernissage
Go out in Geneva and eat with the Lifters you just met or join the vernissage of the Mapping Festival, THE Swiss VJing event at BAC.
11:30
Session: Politics
Beyond the much talked-about political campaigns on Facebook, how to turn users into citizens engaged in public action?
•Speakers:
•Rahaf Harfoush, World Economic Forum: The technological and social trends impacting politics.
•Claudia Sommer, Greenpeace Germany: Greenpeace social media strategy and on-line campaigns
13:00
Lunch
14:30
Daily briefing. Learn more about the activities of the day from Lift founder Laurent Haug (Media corner).
15:00
Session: Generations and technologies
How to go beyond the usual clichés on generations? This session will explore how different generations adopt technologies.
•Speakers:
•Aubrey de Grey, SENS Foundation: Prospects for defeating aging altogether.
•Antonio Casilli, EHESS: Doomed to be forever young? A social archaeology of the ‘digital natives’.
•Julian Zbar, student: How and why are the current generation staying connected?.
•Open stage: Clément Gault, Orange Labs: An industrial designer who reports back on his experience working with « researchers »
16:30
Break & Lift Experience
16:30
Care4it competition prize winners
Meet people from the Akosombo International School in Ghana who won the competition organized by the IEC on their community website www.wattwatt.com.
17:30
Session: What’s up with on-line communities?
Since 2006 Web 2.0 has celebrated the so-called « amateur revolution ». What did we learn in the past 5 years? Are we reaching the limits of Web 2.0?
•Speakers:
•Alice Taylor, Channel 4: The Transition from Broadcast to Multiplatform for a public service broadcaster: getting attention and measuring success..
•Jean Burgess, Queensland University of Technology: YouTube’s Unfolding History.
•Katrin Verclas, Mobile Active: The Revolution is Most Definitely Mobilized – Mobiles in Democratic Participation. Debunking Hype and Assessing Reality.
•Open Stage: Thomas Fundneider, theLivingCore: Exploring the similarities between design and innovation processes.
18:45
Lift Experience Vernissage
Official opening of the Lift experience exposition « Mode Demo » curated by Geneva University of Art and Design with wine and snacks provided by Au Bonheur du Vin.
20:00
Open dinner / Mapping Vernissage
Go out in Geneva and eat with the Lifters you just met or join the vernissage of the Mapping Festival, THE Swiss VJing event at BAC.
Dans son intervention du LIFT 2010, Christian Heller pose la question de la « Post-privacy ». Heller s’appuie sur une analyse historique du concept de vie « vie privée » pour montrer que la notion est apparu à l’époque moderne et peut, dans cette mesure, être aujourd’hui questionné. Dans quelle mesure sommes-nous, à l’ère de la post-modernité, en train d’en vivre les limites? Dans son argumentaire, le futuriste montre que la définition de « privacité » est fondamentalement instable et a subit, au cours de l »histoire, de nombreuses évolutions. Elle est aujourd’hui sujette à controverses. La « privacité », est-ce une forme de liberté? Longtemps associée à la féminité et au foyer, la « privacité » a subit au cours du siècle dernier un complet renversement des valeurs. Le monde de l’intérieur (la maison, la sphère intime) a explosé en s’exposant, en se « publiant » à la faveur des luttes des minorités pour la reconnaissance de leurs spécificités et la possibilité d’en assumer les conséquences en plein jour. Ainsi par exemple, le mouvement gay et lesbien s’est clairement positionné dans cette perspective de renversement des valeurs traditionnelles de l’intime, à la fin du siècle dernier, revendiquant et assumant publiquement une sexualité minoritaire. Associée à l’isolation et à la minorité, la « privacité » a laissé la place aux grands rassemblements fraternelles autour de communautés d’intérêt et de sens. Ces luttes pour l’affirmation publique d’une forme d’intimité singulière, Heller postule qu’elles sont à l’avant-garde de bouleversemement plus globaux dans les mentalités et les usages de l’homme et de la femme post-moderne.
Bien arrivés à Genève où le cru 2010 du LIFT s’annonce riche en surprises et de découvertes.
Olivier Glassey, sociologue à l’université de Lausane, a ouvert le bal en ce début d’après-midi sur la notion de “Privacy”, thème au coeur de cette première journée. Qu’est-ce que la « privacité »? La notion suppose-t-elle une forme de contrôle de l’individu sur ces événements de vie? Sommes-nous aujourd’hui en train d’assister à la fin de la « vie privée »? Contre toute attente, le sociologie montre que les « digital natives » (appellation générique qui demande encore à être clairement définie) possèdent leurs propres définitions et critères de ce qui est « privé ». Ces derniers engagent de vrais processus de décision dès lors qu’il s’agit de publier une information sur Facebook. On maîtrise, plus qu’on voudrait le croire, le type d’informations que l’on donne à voir sur les réseau sociaux. On filtre, on paramètre son compte Facebook, à la manière d’un jeu dont on connaît les règles, dont on s’amuse, que l’on détourne.
Glassey explique que Facebook exerce, en tant que dispositif, une forme de contrôle social permanent sur les utilisateurs, dans la mesure où il repose sur une certaine forme d’univocité du regard. C’est le regard des autres utilisateurs posé sur moi qui me « définit ». Et dans cette mesure, il restreint mon identité à un point univoque. Comment échapper à cette réduction de l’identité au travers du regard de l’autre? Comment éviter la conformité qu’il induit?
Ce qui caractérise la sphère sociale, selon Glassey, c’est la capacité à passer très rapidement d’un registre à un autre dans les conversations et rapports sociaux. On n’est pas le même selon que l’on parle à son patron ou à son fils. Or en l’état actuel, Facebook ne semble pas permettre telle subtilité. Le dispositif n’a pas la flexibilité suffisante pour permettre de refléter la richesse des interactions sociales réelles. Et dans cette mesure on peut se demander, avec Glassey, dans quelle mesure ces réseaux peuvent vraiment être qualifiés de sociaux.
Welcome speech by Lift founders Laurent Haug and Nicolas Nova. Jean-Pierre Greff, Director of the Geneva University of Art and Design (HEAD) will introduce Lift Experience program (in French )
13:30
Session: The redefinition of Privacy
What is privacy in the 21st Century? Is personal security threatened by the massive collection of personal data?
•Speakers:
•Olivier Glassey, University of Lausanne: Mutual privacy and online distributed social identities.
•Open Stage: Martin Künzi, Salvation Army: A Day in the Life of the Head of Communications at the Salvation Army
•Open Stage: Lucas Grolleau, Soundsgood inc.: A sound designer describes his day
•Demo: Chris Woebken, New York University: Animal Superpowers
•
15:00
Break and Lift Experience
15:45
Session: The old new media
Newspapers are struggling, TV is not sure of what the future holds. What is at stake nowadays when informing, reaching and involving people?
•Speakers:
•Catherine Lottier (Canal+) and Virginia Mouseler (The WIT): Media, audiovisual content meets the digital universe:The Great Mashup.
•Mercedes Bunz, The Guardian: Relaunch Capitalism! On Digitalisation, Public Sphere and Democratic Economy?
•Demo: Björn Jeffery, Bonnier: The ten design principles behind Mag+
•Open stage: Helena Chanson Höglund, independent podiatrist: Description of someone who works with people’s feet and for whom this is the dream job
•
17:15
Break
17:45
Alp ICT Venture Night (open to the public)
Partner event organized by Alp ICT and Etat de Genève with CTI, Creapole and The Ark.
•Speakers:
•Neil Rimer, Index Ventures: current trends in investment and entrepreneurship.
•Eight Western Switzerland startups will present their products and services
•
19:15
Opening Cocktail
Have a drink at the CICG to celebrate the opening of the conference.
20:15
Fondue!
No need to introduce this part of the program, the legendary Lift Fondue (note: to host more participants we have moved to a new location). A shuttlebus service will bring you from the conference center to the fondue at the Palladium (map) every ten minutes starting at 20:00. Last bus at 20:30!
13:00
Welcome to Lift10
Welcome speech by Lift founders Laurent Haug and Nicolas Nova. Jean-Pierre Greff, Director of the Geneva University of Art and Design (HEAD) will introduce Lift Experience program (in French )
13:30
Session: The redefinition of Privacy
What is privacy in the 21st Century? Is personal security threatened by the massive collection of personal data?
•Speakers:
•Olivier Glassey, University of Lausanne: Mutual privacy and online distributed social identities.
•Open Stage: Martin Künzi, Salvation Army: A Day in the Life of the Head of Communications at the Salvation Army
•Open Stage: Lucas Grolleau, Soundsgood inc.: A sound designer describes his day
•Demo: Chris Woebken, New York University: Animal Superpowers
15:00
Break and Lift Experience
15:45
Session: The old new media
Newspapers are struggling, TV is not sure of what the future holds. What is at stake nowadays when informing, reaching and involving people?
•Speakers:
•Catherine Lottier (Canal+) and Virginia Mouseler (The WIT): Media, audiovisual content meets the digital universe:The Great Mashup.
•Mercedes Bunz, The Guardian: Relaunch Capitalism! On Digitalisation, Public Sphere and Democratic Economy?
•Demo: Björn Jeffery, Bonnier: The ten design principles behind Mag+
•Open stage: Helena Chanson Höglund, independent podiatrist: Description of someone who works with people’s feet and for whom this is the dream job
17:15
Break
17:45
Alp ICT Venture Night (open to the public)
Partner event organized by Alp ICT and Etat de Genève with CTI, Creapole and The Ark.
•Speakers:
•Neil Rimer, Index Ventures: current trends in investment and entrepreneurship.
•Eight Western Switzerland startups will present their products and services
19:15
Opening Cocktail
Have a drink at the CICG to celebrate the opening of the conference.
20:15
Fondue!
No need to introduce this part of the program, the legendary Lift Fondue (note: to host more participants we have moved to a new location). A shuttlebus service will bring you from the conference center to the fondue at the Palladium (map) every ten minutes starting at 20:00. Last bus at 20:30!
Bonjour Jérôme, qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?
Jérôme Delormas, je dirige la Gaîté Lyrique qui est un lieu culturel Parisien et qui sera dédié aux cultures numériques. Ce lieu ouvrira en décembre 2010.
Que veut dire identité numérique pour vous et dans votre travail ?
Pour moi, l’identité numérique n’a pas de sens toute seule. Comme pour le numérique en général, elle n’a de sens que dans le monde réel. Pour moi le numérique est une couche supplémentaire, de rhizomes, d’éléments qui viennent s’ajouter à notre monde réel. C’est plus un enrichissement que quelque chose qui va évacuer le reste. A titre personnel je ne crois pas qu’il y ait d’identité numérique détachée du reste. Après, on a une vie numérique, les outils de communication sont en grande partie numérique, or qui dit communication dit identification des interlocuteurs. De ce point de vue là, effectivement, il y a une identité numérique. Cette identité peut être fluctuante, mobile, inventée, fausse, vraie, fictive… C’était déjà le cas avant le numérique, mais cela vient ajouter une fluidité, une complexité à ces identités que nous pouvons produire. Je pense que l’être humain a toujours eu à s’identifier, à créer des signaux d’identification. C’est le style personnel, la façon dont on s’habille, la façon de parler, le regard, c’est l’être dans sa relation aux autres et au monde. Au niveau professionnel c’est la façon dont on dirige une institution par exemple. c’est la façon dont on construit son image, l’image de cette institution par rapport à l’extérieur. Quand c’est un lieu c’est le choix de l’équipe, comment on accueille le public, comment on communique, quel design on produit dans la relation aux autres. Tout est question d’interface. Comment on se définit soit-même et comment on transmet cette définition de soi-même.
Qu’est ce que l’identité numérique dans la mobilité ?
Les outils deviennent mobiles eux-mêmes, les écrans et les interfaces, donc la question de la mobilité se pose par rapport à l’outil et par rapport à soi-même. Les transports internationaux font que l’on bouge de plus en plus, on est donc soi-même résolument mobile. Il y a aussi cette mobilité immobile si je puis dire, qui vient des changements et inter-changements de l’identité justement.
Pouvez-vous nous donner des exemples d’usages d’identité numérique dans la mobilité (les vôtres ou des usages que vous connaissez) ?
Dans les réseaux sociaux, on peut avoir plusieurs identités, plusieurs adresses mails, plusieurs profils Facebook, plusieurs réseaux sociaux à chaque fois avec des identités différentes, des pseudos différents. Il y a des gens qui utilisent la mobilité pour se cacher, car nous sommes face à un système qui a un potentiel de contrôle absolument gigantesque et affolant. C’est en même temps un potentiel de liberté génial, tous les niveaux d « alertes » positives et négatives montent. Pour échapper au contrôle ça peut être du simple jeu. Ça peut être une façon ludique d’aborder le monde et le rapport aux autres.
Est-ce que la Gaîté aura son réseau social ?
Oui, la Gaîté va utiliser les réseaux sociaux comme moyen de communication et comme éléments de jeux transmédia, que nous produirons parfois.
Quels sont, pour vous, les enjeux de l’identité numérique mobile ?
Je pense qu’il y a un enjeu de liberté et un enjeu de contrôle. Pour moi c’est un enjeu politique. La mobilité c’est une agilité qui permet de préserver sa capacité d’agir, son identité, en la multipliant parfois. Cela rend plus difficile le contrôle et je crois que c’est là qu’il y a l’enjeu le plus important. Et ce n’est pas seulement une question de censure. On peut imaginer que l’identité légale sera numérique. Le contrôle sur les réseaux sera mondial, ce qui est à l’inverse de l’esprit d’origine du web et des réseaux qui est plutôt un esprit collaboratif et libre. C’est pourquoi il faut se battre pour préserver l’état d’esprit du réseau et du web qui est un potentiel de travail collaboratif, en commun. Cette fameuse intelligence collective. Cette mobilité, agilité, flexibilité à penser ensemble grâce à l’outil numérique qui me semble absolument fondamentale. C’est comme ça que “l’Humanité” pour employer des grands mots, se préservera et améliorera sa condition et son rapport au monde en étant vigilant là-dessus. Mais il est difficile d’en rester là. Le web n’est qu’un moment d’une histoire en plein bouleversement en train de se faire sous nos yeux.
Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2015 ?
(rire)
C’est drôle j’ai eu et j’aurai des projets qui me mènent plus loin que 2015. C’est difficile parce que pour se projeter, même à quelques années, c’est intéressant de se rétro projeter et essayer de voir ce que c’était et ce que l’on vivait il y a 5 ans, par exemple. C’est phénoménal, il y a eu un changement extraordinaire. Je l’ai vécu personnellement, par exemple je travaille sur le projet de la Gaîté Lyrique depuis 2004 et on est presque dans cette temporalité, entre 2004 et maintenant il y a eu des bouleversements majeurs déjà. La généralisation du haut débit, l’arrivée des réseaux sociaux, de l’internet mobile, la relativisation de l’ordinateur au profit de terminaux comme les Iphones, maintenant l’Ipad et les objets communiquants, etc. Ce que j’imagine de l’avenir, c’est que l’on est qu’au tout début de ce bouleversement et c’est assez vertigineux. On peu modestement prédire que ce n’est que le début et que c’est exponentiel. On est au tout début de cette révolution, je trouve que l’on vit une époque absolument géniale, quoique difficile car il y a peut être un monde nouveau qui est en train de s’inventer pour le pire et le meilleur…C’est pour cela que c’est très politique. La Gaîté Lyrique, a son niveau et avec ses moyens, va essayer de penser cela avec des artistes et des créateurs, avec le public et avec les gens qui innovent. C’est son rôle et sa mission.
Carole est directeur de recherche du cour « textile futures MA » et chercheur au Central Saint Martins College of Art & Design à Londres. Elle vit et travaille depuis 15 ans au Royaume Uni.
Elle est également directrice adjointe de l’Unité de recherche “Textile Arts Future”. C’est une experte internationalement reconnue des nouveaux textiles.
Qu’est ce que le textile…?
…entre mobilité et communication ?
Ce workshop à duré deux journées et c’est articulé de la façon suivante :
1 – exploration de notre perception de la mobilité, de la communication et du textile.
2 – Présentation de son travail et d’une sélection de projets de ses étudiants.
3 – Qu’est-ce que le textile ?
4 – Methodes d’explorations prospectives
5 – Sprint : réalisation d’un projet de design basé sur les textiles communicants.
6 – Présentation de ce projet et mise en scène d’un usage de chacun de ces projets.
1 – exploration de notre perception de la mobilité, de la communication et du textile.
Pour défricher le terrain nous apportons chacun à sa demande 5 images qui représentent pour nous la mobilité et 5 images pour la communication. Ainsi que 2 pièces de tissu, l’un que nous aimons, l’autre que nous n’aimons pas.
La sélection et l’explication que nous donnons de nos images est un exercice particulièrement intéressant. Il nous permet de prendre conscience de notre conscience de notre conception de la mobilité et de la communication. Les tissus que nous choisissons nous amènent à réfléchir à la place qu’occupe le textile dans notre vie quotidienne.
Images sélectionnées par Kevin :
Communication :
Mobilité :
2 – Présentation de son travail et d’une sélection de projets de ses étudiants.
Le travail de carole s’inscrit dans le cadre d’une vision à long terme, jusqu’à 50 ans. En tant que designer, elle nous incite faire preuve d’engagement dans nos recherches, à nous positionner face aux questionnements posés par la société de consommation : La protection de la nature, la pauvreté…
Pour elle, l’écologie et les nouvelles technologies ne sont pas incompatible, au contraire. L’usage des nouvelles technologies peut, sous certaines conditions, être un moyen de préserver l’environnement. C’est ce qu’elle appelle « l’écologie futuriste ».
L’industrie textile est actuellement l’une des plus polluantes au monde. Mais de nouvelles méthodes ces fabrications permettent par exemple de réaliser des vêtements en limitant les déchets liés aux découpes du tissu ou de concevoir des textiles biodégradables.
L’industrie textile est aussi l’une de celles ou la recherche est la plus active. Le textile est loin de ne concerner que la mode et l’habillement. Il fait l’objet de nombreuses recherches dans le domaine militaire notamment. En plus de la chimie, la génétique est utilisée afin de produire de nouveaux matériaux : une forme de design peu connue, le design animal…
Carole et ces étudiants collaborent fréquemment avec des scientifiques de différentes disciplines. Un moyen d’explorer de nouveaux territoires et d’imaginer des applications concrètes pour des innovations qui pourraient rester des expérimentations de laboratoire.
Cela l’incite notamment à exploiter les caractéristiques des matériaux « intelligents ». Des produits qui à la différence de l’électronique réagissent naturellement à l’environnement ambiant : la température, la lumière, le mouvement, les ondes…
Une démarche qu’elle nomme « biomimicry ». Faire comme la nature : Optimiser plus qu’augmenter, être modulaire, multifonction et exploiter les énergies disponibles gratuitement.
3 – Qu’est-ce que le textile.
Nous avons explorés dans cette phase du workshop nos aprioris par rapport au textile et de le définir en cherchant en groupe des réponses aux trois questions suivantes :
Qu’est ce que le textile nous évoque ?
Où le trouve-t-on ?
Qu’est-ce que c’est ?
Voici les réponses
Qu’est ce que le textile nous évoque :
Couleur, Matière, Odeur, Procédé, Matrice, Fibre, Son, Touché-tactile, Maillage, Inerte / activité, Matrice, mémoire, Décoré / caché, coudre, Repriser, bruler, Chine, Prendre dans la main, Peser, Sous-peser, étendre, Étirer, Déchirer, Enrouler Caresser.
Ou le trouve t’on :
Magasin, Poubelle, Vêtement, matériaux composite, animaux, objet technologique, Sur soi, Mur / sol / plafond, Architecture, Art, Médical, Espace, Plongé.
Qu’est-ce que c’est : Matière, protection, Lieu de passage, Peau, Outil, Produit transformé, Comestible ?, Émotion, Magie, fiction, Connotation historique, Statu social, Drapeau, Camouflage, Gilet pare balle, Armée, Identité, Icône, Symbolique, Mémoire, Vêtement, nanotechnologie, Fibre optique, Luxe, Mode, Artisanat, Marque, Marketing
Les textiles sont classifiés de la manière suivante :
Les textiles « naturels », issus de matières végétale, animale ou minérale
Les textiles « synthétiques », issus essentiellement du pétrole.
Les textiles « artificiels » issus de produits naturels transformés, comme la viscose.
4 – Méthodes d’explorations prospectives
Nous avons expérimenté avec Carole des méthodes d’explorations des usages futurs structurées par des matrices.
Dale Herigstad is an internationally recognized thought leader on the future of media consumption in an interactiveand “many-screen” world of increasingly rich media interfaces. With an extensive background in Broadcast Designand branding, he has pioneered a unique spatial context approach to designing advanced navigation systems forInteractive TV and connected screens. From this work are emerging new content mediums that blur the line betweenTV and Games—and, in fact, Dale is currently engaged with a variety of Schematic teams to redefine what Televisions becoming.
Dale was a part of the research team that developed the visionary gestural interfaces that first appeared in the film“Minority Report.
Bonjour Dr Tak. Qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?
Je suis universitaire depuis 16 ans. Actuellement, je suis chercheur à l’Institute of Computer Technology de l’Université Nationale de Séoul. Je suis aussi chef d’entreprise (http://www.shtouch.co.kr). Et en parallèle, je siège en autre au comité coréen de normalisation ISO/IEC .
J’ai été diplômé d’un doctorat en informatique que j’ai obtenu à l’université de Paris 6 en 1984. J’ai étudié pendant six ans en France où j’étais boursier.
J’ai travaillé sur de nombreux projets liés aux identités numériques : En 1993, j’étais chef de projet pour la carte nationale d’Identité coréenne. Depuis j’ai travaillé entre autres sur le système de carte des transports en communs coréen. Un système pour les péages autoroutiers, et plus récemment, le nouveau passeport numérique coréen. La technologie au cœur de tous ces projets était la carte à puce.
Je développe actuellement sur un système de payement par carte pour le e-commerce et le cyber banking. C’est un lecteur miniature de carte à puce USB qui peut se connecter sur un ordinateur, ou un Iphone. De la taille d’une clef USB il peut être utilisé comme espace de stockage de données si on y ajoute une carte mémoire. Il coute moins de 10$. Ce système est commercialisé depuis 5 ans en Corée où il est devenu un standard. Une nouvelle version va bientôt voir le jour.
Que signifie pour vous la notion d’identité numérique ? Dans votre quotidien et dans votre travail ?
Elle prend de multiples formes, la carte bleue, la carte d’identité, la carte de sécurité sociale, etc …
En Corée, le passage de l’identité « analogique » à l’identité numérique c’est surtout fait pour des raisons de sécurité. Depuis 40 ans, un numéro unique d’identité est attribué à chaque coréen. Un peu comme le numéro de sécurité sociale français, à la différence qu’il a beaucoup plus d’applications. Il est utilisé dans le système de santé, bien sur, mais aussi à la banque, pour les démarches administratives… et sur Internet, le e-commerce ou les sites dont l’accès nécessite une identification.
C’est avec le développement du Web des problèmes de sécurité sont apparus. Ce numéro étant utilisé pour de nombreuses activités en ligne, des cas de Hacking, de vol, ou d’usurpation d’identité ont eu lieu. La numérisation et le cryptage de l’identité sont apparus comme la solution. Mon objectif est de rendre ces systèmes pratiques, efficaces et sûrs.
Mon lecteur de carte de payement s’appuie le Cryptographic Service Provider de Microsoft pour assurer la sécurité. Le système de cryptage des données qui représente une part importante du prix du lecteur. Il répond aussi aux standard PKCS et est donc compatible avec d’autres systèmes comme Linux.
Cela dit, le principe de lecteur de carte pour le payement en ligne n’est pas nouveau. La France a même été précurseur dans le domaine, en intégrant un lecteur de carte bancaire dans le Minitel, il y a plus de 10 ans.
Pouvez –vous nous donner des exemples d’applications de l’identité numérique ?
Par exemple, le E-passeport, le futur passeport numérique intègre une carte à puce. Cela permet de nouvelles fonctionnalités, comme par exemple la possibilité d’obtenir un Visa en ligne. Vous pouvez aussi télécharger le visa sur Internet et l’enregistrer sur la puce du passeport.
La carte d’identité avec carte à puce quand a elle, a déjà commencée à être diffusée en Corée. C’est actuellement un projet pilote. Elle est notamment utilisée comme certificat d’identité pour réaliser des démarches administratives en ligne sur les sites gouvernementaux.
Et il y a de nombreuses autres applications possibles. Les transports publics sont gratuits pour les coréens âgés de plus de 65 ans. Avec la puce RFID contenue dans leur carte d’identité numérique, ils pourront passer les portillons automatiques du métro en utilisant leur carte d’identité à la place d’un titre de transport.
(En Corée, depuis plusieurs années avec le système T-money, les cartes bancaires, et certains téléphones mobiles intègrent en option un puce RFID qui leur permettent de tenir lieu de titre de transport en commun ou de payer une course en taxi)
Les cartes bancaires vont aussi évoluer. Par exemple, imaginons que sur le site Internet de la SNCF, avec un lecteur et une carte adaptée, il serait possible que le billet de train acheté en ligne soit automatiquement enregistré sur sa carte de payement. Le contrôle se ferait alors simplement en scannant la carte du passager.
Et bien sûr, au delà des transactions commerciales, il y a le Single Sign-On ou SSO, la possibilité de développer un système sécurisé pour l’accès aux services Web grâce à un identifiant unique.
Le support lui-même peut prendre d’autres formes que celle d’une carte rectangulaire. J’ai crée une « carte » RFID pour les transports public Coréen qui se présente comme un porte clef. Le dispositif d’identification est un anneau, un peu de la taille d’une bague. il peut être attaché à un téléphone mobile. C’est un objet qui a rencontré un grand succès auprès des jeunes coréens.
A votre avis, allons-nous vers une convergence des supports des identités numériques ?
Le projet d’agrégation dans une même carte date de 1993. L’objectif était déjà d’intégrer tous les systèmes d’identité sur un même support : La carte d’identité, de payement, de scolarité… Les téléphones mobile qui sont maintenant de véritables ordinateurs et cela y participe aussi.
Donc oui je crois à la convergence. A titre personnel, je préfère rassembler toutes mes identités sur un support unique. Cela dit, d’autres préfèrent qu’elle soit fragmentés sur plusieurs. Les deux sont possibles.
Il faut savoir que le support, la carte, n’est que la partie visible de l’Iceberg. Elle ne représente que 10% du système. Il peut donc y avoir aussi des divergences. Les technologies évoluent comme un arbre. Elle partent d’une même base puis elles peuvent se ramifier.
D’après vous, que nous réserve le futur des systèmes d’identification numérique ?
La capacité de stockage des cartes va augmenter : De la SIM à la méga SIM, à la giga SIM. Il est déjà possible de créer des cartes avec 18Go de mémoire. C’est la même capacité de stockage que celle d’un Iphone.
Que peut-on stocker ? Enormément de choses, des photos, des vidéos… le débit lui même va s’accroitre. On peut déjà créer des cartes a puces compatibles avec le standard USB. Cela ouvre des perspectives immenses. Il est donc certain que les cartes vont contenir de plus en plus d’éléments de nos identités. Et cela va aller de pair avec le besoin croissant d’être identifié. Sur Internet, les systèmes d’identification numérique vont devenir la norme et je pense qu’il vont être employés de plus en plus systématiquement.
Un excellent billet d’Hubert Guillaud, qui, comme à son habitude analyse parfaitement les phénomènes et usages émergents.
Un extrait :
« La mobilité, c’est la liberté d’aller comme bon nous semble, croit-on souvent… Pas si sûr, vient de constater le professeur Albert-László Barabási et son équipe, qui ont étudié les déplacements de quelques 50 000 utilisateurs de téléphone mobiles.
“Nous sommes tous d’une manière ou d’une autre ennuyeux. Les individus spontanés sont largement absents de la population. Malgré de grandes différences dans les modèles de déplacements, nous avons trouvé que la plupart des gens sont également prévisibles”, reconnaît le professeur Barabasi, directeur du Centre de recherche sur les réseaux complexes au New Scientist. La prévisibilité, explique-t-il représente la probabilité que nous sachions prévoir les allées et venues d’un individu dans l’heure suivante, en se basant sur ses trajets précédents. Cette prévisibilité n’est pas liée à la distance parcourue : ceux qui font de grands voyages réguliers (les “jetsetters“) comme ceux qui restent à proximité de chez eux (les “homebodys“) sont également prévisibles, à quelque 93 %. »
Et de conclure sur :
« L’étude des mobilités permet par exemple de montrer que le succès du vélo à Copenhague n’est pas un hasard dû seulement à une politique volontariste de la ville… Mais qu’il est lié à une répartition très homogène des équipements. Comme le signalait un dossier du Groupe Chronos sur le sujet, pour augmenter la part modale du vélo dans les déplacements, la ville de Copenhague a affiché que d’ici 2015 (.pdf), 90 % des habitants devaient se trouver à 15 minutes maxi à pied ou à vélo d’un parc, d’une piscine ou d’un espace naturel… Et pour optimiser encore l’emplacement de ces équipements, il va être encore plus nécessaire de comprendre les parcours des habitants qui dorment dans leurs téléphones mobiles.«
Bonjour Abdel, qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?
Je m’occupe d’AMUSEMENT (www.amusement.fr), un magazine tendance sur les loisirs numériques, avec un parti pris haut-de-gamme. J’y évoque tout le spectre d’outils permettant de s’amuser avec le numérique. Les jeux vidéos y tiennent une grande place (50 à 60 % du magazine) mais au delà de, on parle aussi des gadgets, de musique electronique, d’art numérique… Je pense que l’on peut s’amuser en regardant de l’art numérique : il a une connotation ludique quand on parle d’art numérique, du design interactif….
Je vais également ouvrir un concept store/galerie à la fin de l’année, lié à la Gaité (Espace de création et de diffusion vouée aux musiques actuelles et aux arts numériques) au centre de Paris. Notre espace consistera en une entrée inédite vers des services et des produits innovants.
Est-ce qu’il y aura des objets communicants ?
Il y aura deux types de produits : à la fois des produits expérimentaux dans la partie exposition au premier étage, et en bas des produits plus industriels mais déjà produit en série. Quand tu me dis « objets communicants », oui nous en proposerons. Ca ira du dernier téléphone cool ou des gadgets improbables et design que nous aurons trouvé au Japon, en Corée ou aux Etats-Unis à ce que l’on a pu voir lors du dernier workshop de Jean-Baptiste Labrune (http://web.media.mit.edu/%7Elabrune/) ou ce que fait Antonin Fourneau (http://atocorp.free.fr/) à l’ENSAD. On va aussi proposer des jeux vidéo sur mesure, à la demande, des objets de design liés au numérique que l’on ne trouve pas forcément en France ou dans les distributeurs classiques, toute une gamme de services innovants. Je pense que ce sont les services qui vont démarquer la boutique.
Quels types de services ?
Des jeux vidéos créés sur demande, par exemple. C’est vraiment ça que l’on va essayé de développer.
Sur quelle plate-forme fonctionneront-ils ?
Nous travaillon encore dessus, on privilégie les solutions les plus flexibles possible, des choses qui tournent sur internet, flash, virtools. J’ai l’impression que le HTML 5 permet de faire des choses aussi dans le jeu vidéo. Si on n’est pas sur internet on sera téléchargeable sur PC ou mac, mais on ne va pas rentrer dans des choses qui nous dépassent du type des formats console.
Cela me fait penser à tout l’univers créé autour de la Xbox avec les kits de développement et sa plateforme communautaire pour diffuser ses jeux…
Oui mais il faut déjà être développeur pour ça. De notre côté, on va faire de l’intermédiation entre le public, les marques et les développeurs. Il ne s’agit pas pour nous de développer des jeux, on va juste prendre un cahier des charges du public et des marques et le transmettre à un éco-système de développeurs avec lesquels on aura établi des contacts pour de la customisation, du développement etc.
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Il y aura-t-il une communauté en ligne, autour du concept store ?
On y travaille. C’est effectivement important de pouvoir se dire que, grâce à la Gaîté, à ses services et à sa position innovante, nous voulons être un des points de ralliement physique de la génération numérique, des créatifs numériques. Le fait que l’on ait un lieu va sans doute nous permettre de créer une communauté et de rencontrer les gens. Amusement organise peu d’événements, on est peu dans le monde physique et là on va se permettre d’aller plus loin. Je l’espère !
Dans ce contexte, que signifie pour vous la notion d’identité numérique ?
A titre personnel, j’ai l’impression qu’on laisse une partie de soi sur chacun des réseaux qui nous entourent. Je ne dis pas la même chose, n’utilise pas les mêmes mots, ne montre pas les mêmes photos et ne diffuse pas les mêmes médias selon que j’utilise twitter, facebook, le mail, un jeu en réseau etc… J’ai aussi l’impression que les réseaux sociaux révèlent ce que nous sommes intrinsèquement : à savoir une personne à identités multiples (on ne parle pas de la même manière à ses collègues de bureau, aux gens dans la rue…). J’ai le sentiment que nous sommes poussés à être schizophrènes socialement, et que les réseaux sociaux formalise, mettent en évidence, montrent cela. Même s’ils sont dématerialisés, les réseaux sociaux formalisent cette multi-identité. Au final ces sites, révèlent des canaux d’identité que je ne soupçonnais pas forcément.
Je m’en suis rendu compte plus particulièrement avec twitter. Je ne dis pas les mêmes choses sur facebook ou sur twitter. Sur twitter tu es plus exposé, comme sur un blog finalement. Tu es plus à la vue de tout le monde alors que sur facebook il y a une forme de tri. En même temps sur facebook, je rajoute aussi des gens que je ne connais pas (j’ai 2000 friends)… Tout se passe dans les détails des fonctions. Sur twitter tout est mis en œuvre pour que tu puisses t’exprimer rapidement : il y a une barre, tu écris dedans, il y a quelque chose de très factuel. Alors que sur facebook, tu communiques plus par média (photo, videos…), ce qui nous pousse plus à y diffuser ses états d’âme. En fait j’ai vraiment l’impression que la facilité avec laquelle tu envoies des informations te définit auprès de ton public et informe sur ta personnalité. Les identités numériques, selon moi, sont multicanales.
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Comment arrivez-vous à gérer vos multiples identités ?
Je suis beaucoup sur le web, du coup je suis plutôt un adepte des onglets Firefox. J’utilise beaucoup les webmails, rien en local… Je trouve cela plus simple d’accès, plus fluide. Pour les documents Word et Excel je les utilise de plus en plus sur le web avec Google doc. Les agrégateurs non, quand je parlais de formaliser les différentes identités au travers des canaux, cela se formalise dans mes onglets de page web.
Qu’est-ce que, selon vous, l’identité numérique dans la mobilité ?
Pour parler de mon domaine de prédiléction, je pense que le jeu vidéo est en train de passer de la chambre de l’enfant et du salon, à la rue. Je pense que la prochaine révolution du jeu, ce n’est pas simplement le jeu nomade la PSP ou la DS, c’est le fait de pouvoir s’amuser avec des gens que tu ne connais pas dans l’environnement urbain. De ce point de vue là, le succès de Foursquare (foursquare.com/) dénote vraiment de quelque chose d’intéressant. Le jeu vidéo en tant qu’objet qui se tient dans la ville, est quelque chose d’imminent. Ebay, à sa manière, est un jeu de rôle avec les étoiles, le « power seller… La question de la réputation me fait beaucoup penser aux RPG, aux jeux de rôle. Idem pour certains logiciels de « customer relationship management », les logiciels de relations clients qui utilisent justement les ressorts du jeu vidéo.
Je pense que la voie du ludique est amenée à se développer pour des choses qui le sont moins. L’identité dans la mobilité, c’est peut être la première fois que le numérique nous amène à avoir une multi identité. Il va y avoir une convergence entre ton être physique réel et ton être virtuel. Donc cette multi identité là, va reconverger vers ce qui t’est propre, ta personne et même peut-être ton visage si les personnes se rencontrent. Je trouve que ce renversement de situation est intéressant. Finalement on était un peu maître de son image, des informations que l’on distille, et là il y a cette information qui est invariable : ton corps qui se déplace. Impossible de tricher à moins de mentir sur l’endroit ou tu es. Cela pourrait être intéressant de savoir comment les gens vont redéfinir le droit d’accès à la vie privée, les informations qu’ils diffusent sur des outils comme Google Latitude aujourd’hui, et à l’avenir avec d’autre service. Comment cela va-t-il se réagencer avec la présence physique sur un lieu? C’est encore une nouvelle information qu’il va falloir prendre en compte.
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Quels sont, pour vous, les enjeux de l’identité numérique mobile ?
Certainement la vie privée, la façon dont on va pouvoir réagencer les informations que l’on diffuse. Informations que l’on a librement diffusé pendant des années parce que les outils nous protégeaient. Nous étions relativement maîtres de ce que nous souhaitions diffuser -même s’il y a eu beaucoup de débats sur la manière dont les réseaux gère la vie privée. Bientôt nous allons mettre un autre pied dans le monde réel avec cette identité-là. Cela va être intéressant de savoir quels filtres les plateformes Internet vont, pour des raisons esthétiques, ludiques, de vie privée… se superposer à ta personne dans le monde réel. Est-ce que nous serons avatars ou, au contraire, montrer d’avantage notre visage…?
Il y a aussi tout ce qui concerne l’internet des objets, le fait que l’information (comme le disait William Gibson) va finir nous entourer : nous ne serons plus dans l’information et non plus face à l’information, face à un ordinateur. Si l’information nous entoure, comment allons nous, en tant qu’être humain nous protéger physiquement? Il ne s’agit plus d’une personne qui donne une information à une entité numérique, c’est l’identité numérique qui absorbe ton identité dans la sphère numérique. Il est vraiment important de comprendre que maintenant nous sommes dans l’information avec les GPS, nous vivons dans l’information avec la mobilité, nous serons dans l’information avec les puces RFID qui vont nous entourer. Nous vivons déjà dans l’information avec les ordinateurs portables, le WIFI, la 3G… Le fait que le corps s’engouffre physiquement dans une espèce de matrice de l’information doit complètement inverser notre rapport à la vie privée, à notre identité, et on doit se dire que nous ne sommes plus là pour donner des informations mais plutôt pour en stocker, afin de conserver une sphère privée. Il y a un renversement qui doit nous amener à de nouveaux réflexes.
Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2012 ?
Les présidentielles ? (rires)
J’ai l’impression que le téléphone portable va devenir l’outil de choix pour consommer l’information. L’ordinateur, comme le laptop ces dernières années, est devenu l’ordinateur de choix pour beaucoup de personnes. Je pense que les gens vont intuitivement se saisir des outils les plus nomades pour réaliser leurs tâches courantes. Finalement quand on regarde un ordinateur, il sert à travailler, à s’amuser, la partie « travail » est finalement réduite comparée au reste. On « surfe » beaucoup, consulte des contenus multimedia, de ce point de vue, je pense que l’ipad et tout ce qui va arriver vont constituer les outils prédominants de notre vie numérique. L’iPhone le préfigure d’une certaine manière. Beaucoup de gens passent plus de temps sur leur iPhone que sur leur ordinateur et ils y passeront encore plus de temps quand les tablettes vont arriver et permettre des applicatio ns un peu plus puissantes.
Si Internet à explosé ces dernières années c’est entre autre parce qu’il y avait une convergence d’éléments techniques qui rendait agréable de « surfer » sur internet par rapport au passé. Donc en 2003/2005 avec l’ADSL (et le fait que l’on puisse regarder des vidéos, télécharger rapidement avec des ordinateurs capables de suivre le rythme) nous sommes arrivés a un compromis à peu près parfait. Ce qui a permis à de nombreuses web-applications de se développer. Je pense que l’on va atteindre le même stade avec la mobilité avec les années à venir. A un moment il sera difficile de faire beaucoup mieux… En 2012 je pense que l’on aura quelques chose d’assez parfait avec les tablettes en terme de diffusion de média, de mobilité.
En 2005, nous avions dejà Youtube par exemple. En termes d’infrastructure nous n’avons pas fait beaucoup mieux depuis, on a juste du broadband plus avancé. Facebook aurait pu s’épanouir de la même manière il y a 5 ans, Youtube aussi, ce sont justement les outils mobiles qui ont permis de booster la consommation des services. C’est sur le mobile que cela c’est passé ces dernières années et je pense que c’est sur le mobile que cela va ce passer dans les années à venir. C’est difficile de dire quelle sera la « killer app » mais je pense qu’il y a peut être l’opportunité pour le jeu online de battre tout ce qui s’est fait, tout ce qu’il y a actuellement en terme de jeu. Il peut y avoir un Blizzard (http://us.blizzard.com/fr-fr/) qui sorte de nulle part et qui produise un jeu mobile auquel tout le monde va adhérer à travers le monde. Une sorte de World Of Warcraft (http://www.wow-europe.com) sur facebook, qui profiterait du fait que tout le monde possède un téléphone, une tablette avec soi. Peut-être que d’ici 2012/2015 il y aura un jeu vidéo planétaire, les codes du web et du jeu vidéo vont se rencontrer. Cela va être à mon avis une des prochaines (r)évolution du jeu et des usages en lignes.
Could you please introduce yourself and what your activities are?
Very well. My name is Manuel Lima. I am an interaction designer and I’m currently working on a book on information visualization. That’s my current full time activity.
What does digital identity means for you?
It’s basically an extension of my own physical identity I would say. In my work, it is quite important, especially in what we developed for Nokia. Digital identity was the core of everything we did.
Because it is mostly related with a lot of your activities and services and so on… having a better understanding of digital identity is key to a lot initiative. Since there is a huge departure, the more of your life is spent online in a digital environment the more companies need to understand about the boundaries of that space.
How do you consider the relationship between digital identity and mobility?
The mobile is just another medium of access for a lot of features. I think the key change is that usually you’ve associated the digital identity with the laptop. Mobility introduces a new world. With the mobile you can take the digital identity with you everywhere you go.
That changes dramatically a lot of your behaviour. Because now you can access some of these features everywhere you are.
It brings an aspect of mobility where things used to be statics. Usually you entered this digital world or this digital identity from a simple location, the place where you work or at home. Now it changes. But it also creates another change for services design for example. You need to understand this drastic change in order to increase services that you only accessed at work, to services that you actually access on the go, on the subway.
The time that you have has changed drastically. How much time you have to spend reading data to decrypt environment, from also the screen size. Everything has changed by using a mobile phone.
We recognized that these changes are keys trends for companies to understand services design. That is the future.
Do you have some examples of digital identity usage in the mobility field?
Maybe Yahoo OneConnect is a good example. I think the aggregation of things is also a key trend.
There is this huge debat about some people avoid of maintaining their social network aggregators; It’s a bit like the way of we behave as human beings.
You probably behave in a different way depending on your physical environment, depending on the context where you are.
If you’re going in a very trendy restaurant, you probably behave differently that if you’re going in a fast-food. So you behave change with the context. Studies in this area show always that your behaviour in your social network also changes. For example : LinkedIn being more professional oriented, you probably not have the same sort of free expression as you would have on Facebook who is mostly seen by close friends .
But there is also the consequence that more and more people are using a lot more networks. It becomes very cumbersome for you to explore all the different networks, from Facebook to Twitter, etc…
So the idea of aggregation became very meaningful for people and it also save time. And especially in digital identity and mobility, time is a very critical issue. Decreasing the time that it takes to understand the digital identity of your friend is very important.
The concept of aggregators came in and Yahoo OneConnect was one the best project I have seen because it aggregates all the different social network of the person into one place into one stream of activity.
This is why the concept of life stream becomes so fashionable. It really decreases the time to explore someone else digital identity. Yahoo OneConnect is a really strong concept of aggregation.
What are the stakes of Mobile Digital identity?
Yes, stakes are something to consider. I have mentioned that time is a critical issue.
It is also really about context. I mean, context before, in the way that you’re understood, the laptoping, either at home or at work, in most case was fairly under control. But now, with being mobile, literally everywhere you can go context change drastically, from the weather, the time that you have… so context now it a whole different setup.
We really need to understand context in a larger scale. To understand holistically all the different details of what this context is and how you can express yourself in the mobile environment.
What are your predictions for 2012 ?
I don’t know. So many different things! 2012 is so far ahead.
So what would you expect to happen?
Well, maybe I will talk a few about one thing that is relevant to me which is visualization.
I would like to see more and more visualization being applied to things that are really important and meaningful, like helping saving the planet. Things that are really happening and you need probably take some time thinking and setup some trends, like mapping your Last.fm friends or Facebook friends. Think about things that are really important for all of us as a race, as a community as a global village.
As designers we have the responsibility to make a change.
So for 2012, that’s my wish: visualisation for the real world.
Je suis historienne et théoricienne du design graphique et professeur dans l’option design graphique à l’école des Beaux-Arts de Valence. Je m’intéresse beaucoup aux questions des médias, à leur histoire, à celle de la matérialité du texte. J’écris des articles, j’organise des colloques et il m’arrive de donner des conférences, en général dans d’autres écoles d’arts.
Que veut dire pour vous, l’Identité numérique ?
J’aurais envie de dire que, en l’état, ce sont deux notions contradictoires. Historiquement, le terme « identité » s’inscrit dans la durée, dans une certaine pérennité. C’était véritablement le signe d’une singularité que l’on pourrait définir comme l’absence officielle de masque. L’identité, c’est celle qui figure sur la carte d’identité ; celle que l’on confère aux codes vestimentaires, aux codes du mobilier. C’est un parcours personnel, une histoire personnelle. Et la notion d’identité, de ce point de vue, semble contradictoire avec l’environnement numérique extrêmement malléable, en constante transformation, en constant déplacement et mouvement. Et j’aurais envie de dire que ce que permet le numérique, c’est de cacher son identité et de porter des masques.
Et dans la mobilité ?
Mon adresse mail reprend très basiquement mon nom et mon prénom (prénom.nom). Là c’est un affichage de mon identité officielle, administrative/avérée. Je ne pratique pas « Facebook » et les réseaux sociaux, mais j’y ai pensé. Je m’étais dit que si je devais m’inscrire sur « Facebook », je devrais adopter un pseudo. Je ne souhaiterais pas nécessairement affirmer mon identité avérée. J’aurais plutôt envie de mettre un masque, un peu comme dans ce jeu « SecondLife » où l’on crée son avatar.
En fait, la mobilité dans le numérique permet une strate d’identités. Ca ne signifie pas que ce que j’appelle les pseudos ou les masques soient des mensonges. Je pense qu’un avatar, par exemple, on le définit en fonction de ses propres fantasmes. De même, on ne définit pas ses pseudos de manière innocente, anodine. L’identité dans la mobilité représente une possibilité de stratifier son identité ; de garder tout au fond de sa tête son identité avérée, et pouvoir circuler socialement dans l’espace du net sous des masques plus ou moins complexes. Et c’est une manière probablement de préserver la distinction entre sa vie privée et la vie publique ; c’est une manière de se protéger d’une forme de sur-exposition.
Que pensez-vous des nouveaux téléphones mobile, qui permettent d’être connectés partout et tout le temps, avec une démultiplication des points d’accès. Comment gérer ses identités ?
Ce n’est pas dans mes usages. J’en suis encore au téléphone portable qui,en même temps, est un très mauvais appareil photo. Mais je prévois de rentrer en possession d’un IPhone, parce que, a priori, cela m’amuserait (la dimension ludique de l’objet, ce qu’il permet). Si je ne l’ai pas encore acheté, c’est probablement parce que je résiste à ce que je perçois comme une forme de dépendance. Cela peut paraître un peu ringard mais malgré les diverses formes d’identité numérique que peut adopter un seul individu, je pense qu’il ne faut pas se leurrer. Même si l’identité est stratifiée, même si elle se cache derrière des masques, des filtres et des paravents, il y a néanmoins, derrière, l’existence d’un individu. Et je n’ai pas envie d’être une individue surdéterminée par les connexions permanentes. Etre connecté en permanence, c’est être soumis à la permanence du bruit ; c’est être immergé dans les bruits visuels, sonores. Je pense que chaque individu est un mélange de liens (de connexions) et de solitude ; pas la solitude subie, mais la solitude comme le retrait ponctuel et volontaire dans son propre silence. Et je crois que j’ai envie de préserver cette solitude !
Pour vous, quels seraient alors les enjeux des identités numériques mobiles ?
Si je suis du côté du verre a moitié vide, l’un des risques est le contrôle des consciences et des individus : par exemple, quand on passe dans une galerie marchande avec son portable, que l’on est repéré,et que l’on reçoit de la publicité contextuelle. Et je trouve cette possibilité insupportable ! Là, on est dans le domaine du marketing… je suis assez pessimiste sur le devenir de la liberté individuelle indissociable du désir de solitude. Mais si je suis du côté du verre a moitié plein, je pense que cette connectivité, cette capacité de connexion peut être un outil extraordinaire pouvant se constituer justement en contre-pouvoir, permettant de rendre extrêmement mobiles des collectifs, des individus dans des contextes difficiles ; permettant d’être lié/relié. Dans ce contexte, « lié » n’est pas absolument synonyme de « relié ». « Relié », c’est la connexion ; le lien c’est encore autre chose…
Quelle prévisions pour 2012 ?
J’aurais peut être un IPhone :-)
Je n’ai pas de prévision a formuler, mais disons des souhaits !
Notre culture numérique produit de nouveaux analphabètes. Il ne suffit pas de posséder les objets ; il ne suffit pas d’être connecté ; il ne suffit pas de surfer sur le net pour maîtriser cette culture numérique. Alors si j’avais un souhait, ce serait que l’on transforme profondément le système scolaire ; que soit transmise une pensée, une culture de la technique et de la technologie ; que cette transmission soit accompagnée de l’apprentissage des langages de programmation comme on apprend à déchiffrer l’alphabet ou une partition ; que l’on cesse de considérer ces textes que sont les programmes comme dénués de pensée et d’intentions. S’il faut parler de « fracture numérique », alors il faut la situer là : non pas dans la possession des objets, mais dans la conscience et la connaissance de ce qu’ils sont, de ce qu’ils rendent possible, de ce qu’ils transforment. Bref, mon souhait serait que soient affrontés enfin, les transformations que le système des technologies liées imposent à la culture historique.
Bonjour Jéremy? Qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ?
Je suis Jéremy Coxet, directeur conseil de l’agence Vanksen, agence de communication ayant une origine historique dans le marketing 2.0, les formes de communication alternative. On ne se positionne pas sur la publicité intrusive, le « 1.0″ d’antan, mais on créé des expériences de marques que l’on va pouvoir faire vivre aux consommateurs. Je m’occupe du conseil et je chapeaute le pôle des consultants à Paris, Genève et Luxembourg. Donc je suis amené à être en contact avec les clients, répondre à des briefs client, à accompagner des chefs de projets ou des directeurs de clientèle pendant la durée de vie d’un projet avec un client.
Que signifie pour vous la notion d’identité numérique ? Dans votre quotidien et dans votre travail ?
Pour moi, cela évoque des formes d’expression et de représentation, les avatars que l’on va pouvoir adopter sur internet (en particulier sur les blogs, facebook, twitter etc).Il y a aussi les certifications d’identité avec les outils d’open ID et autres, ou encore ma position de consommateur avec mon profil ebay, amazon, ou en tant que collaborateur sur les encyclopédies comme wikipédia. C’est pour moi toutes les représentativités de mon identité physique sur internet. Cela rejoint les notions de personal branding sur internet, lorsque l’on se présente avec son nom réel. Les identités numérique et physique sont tellement proches qu’aujourd’hui beaucoup de recruteurs utilisent Google.
Il y a des façons de gérer son identité avec plusieurs niveaux d’accès, que se soit sur facebook avec les différents groupes auxquels j’appartiens, les publications que l’on choisit de diffuser à tel groupe, même chose sur twitter. L’identité numérique publique, à un niveau individuel, est quelques chose que l’on peut travailler, et à laquelle on peut donner de l’attrait en vue d’éventuels recruteurs, de clients, de collaborateurs susceptibles de faire de petites recherche sur Google. Maintenant, il y a des réseaux plus orientés « professionnel » comme Linkedin ou Viadeo (qui est une spécificité française) et les réseaux fermé comme Facebook même si la visibilité de facebook est de plus en plus importante. C’est pourquoi il est intéressant d’utiliser les nouveaux dispositifs de mise à jour de statuts, qui permettent de choisir les personnes à qui on publie l’information, et donnent une granularité plus fine.
Il y a, entre tous ces reseaux sociaux, différent niveaux d’interphasage. Linkedin a permis de mettre a jour son statut, de publier de l’information a partir de twitter, de facebook et les informations qui se retrouve sur facebook ou twitter n’ont pas leur place sur linked in etc. Il y a donc des possibilités de choisir le type d’information, l’endroit où elle va être publiée avec différents outils. Sur facebook, cela prend un certain temps de catégoriser sa liste d’amis, d’être vigilant à chaques ajout d’amis etc. S’agit-il d’une liste de collègues, d’amis, de collaborateurs? Est-ce public ou privé? Si c’est rédhibitoire dans un premier temps, ça prend ensuite toute sa puissance, une fois que l’on exploite vraiment cette option. Ça fait 6 ou 9 mois que cette option a été annonceé donc on l’attendait vraiment. Je pense que ça permet a certaines personnes de ne pas multiplier les profils (profil privé, perso et pro) et je pense qu’on doit sensibiliser le grand public à cette notion de confidentialité, de perméabilité des informations privées et professionnelles.
Il y a aussi l’identité des entreprises, l’e-reputation. Comment parle-t-on d’une marque sur les réseaux sociaux? C’est de plus en plus au coeur des préoccupations des entreprises de se dire que leur consommateur ne les a pas attendu pour parler. Plutôt que de parler chacun de leur coté, autant prendre part de manière assumée au débat et pas en mode « infiltration des conversations ». Il importe d’écouter et d’utiliser toutes ces formidables bases de données, de data, pour faire des remontées marketing sur les impression des consommateurs. Il y a un vrai chantier en cours et une révolution pour les marque dans leur manière d’appréhender les consommateurs et savoir où ils se trouvent.
Qu’est ce que, selon vous, les enjeux de l’identité dans la mobilité? Pouvez-vous nous donner des exemples d’usages nouveaux ?
La mobilité est le tournant de cette année. Je pense qu’on va mixer de plus en plus le reseau social, le mobile avec les données GPS, avec une explosion dans les 6 mois de l’utilisation de Foursquare, qui a pas mal décollé contrairement à Latitude de Google. Je pense qu’on va pas mal en entendre parler dans les mois a venir. Ça ne va pas éclipser Facebook mais c’est une sur-couche, un plugin a ajouter sur son identité numérique sociale dans la mobilité. Les risques sont croissants en termes de traking des personnes et il faut se méfier des dérives et bien savoir utiliser l’outil. Il y a pas mal de perspectives en termes de commerce de proximité avec Foursquare (on fait un checking des restaurants aux alentour, des pubs…). Foursquare peut proposer des pubs géo-localisées. Il y a un vrai marché là-dessus. Une grosse tendance chez Google, c’est l’advertising sur téléphone portable avec des adwords contextuels et géo-localisés. Il y a ici de vrais enjeux en termes de marketing.
Quels sont les enjeux de l’identité numérique mobile ?
Tout ce rejoint selon moi. On peut avoir le stress de l’identité numérique mobile avec la récupération de données par de grosses firmes publicitaires. Mais des entreprises comme Google donnent la possibilité de contrôler ses données, de les publier ou non. cela rejoint clairement les enjeux de l’identité mobile, la confidentialité, le respect de la vie privée etc… Maintenant, si les barrières sont placées au bon endroit, ça ne peut être qu’un avantage pour l’utilisateur de ne pas avoir de pubs venant d’un restaurant qui se trouve a 300 km de l’endroit où il se trouve. Ce sont aussi des services qui sont utiles, un peu comme le cyber-comportemental dont certain se plaignent. Mais, personnellement, si mes données ne sont pas utilisées à d’autres fins que celles qui correspondent a mes attente - j’avoue que les crème dépilatoires ne rentrent pas dans ce qui m’intéresse -, autant avoir de la pub qui correspond a mes comportements d’achat. Ce qui compte, c’est que les barrières soient être bien placées en termes d’exploitation des données.
Ikoox est un réseau social novateur qui propose un système de géolocalisation pour qu´à tout moment vous soyez informé de l´endroit où se trouve vos amis et qu´eux sachent où vous êtes.
Grâce à Ikoox, vous pourrez discuter, échanger tout ce que vous avez envie de partager et ce en toute liberté et dans la plus grande discrétion. En effet ce nouveau réseau est sécurisé et seuls ceux que vous aurez choisis pourront entrer en contact avec vous. La géolocalisation et l’atout qui fait la différence plus besoin de passer votre temps à contacter vos amis pour leur dire que vous bougez, il leur suffit d’aller sur Ikoox et ils savent si vous êtes près de chez eux ou trop loin pour une rencontre.
Ikoox se veut être un réseau qui réuni les personnes sans que cela reste virtuel chacun chez soi. C’est un vrai réseau d’échange et d’amitié.
1. Bonjour Giuseppe, pourriez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours ?
Je m’appelle Giuseppe Attoma. Je dirige l’agence qui porte mon nom, basée à Paris et spécialisée en design d’interaction et design de services. L’agence existe depuis une dizaine d’années et nous intervenons auprès de grands comptes comme Orange, Thales, la SNCF, la RATP, Keolis et d’autres.
Je suis autodidacte. J’ai fait des études d’architecture et de sciences de la communication en Italie, mais je ne les ai pas terminées car j’ai commencé à travailler en tant que dessinateur de bandes dessinées. J’ai fait ça pendant un certain temps avant de commencer à m’intéresser au design graphique, et par là même au design d’information. Finalement, il y a une continuité assez évidente entre la bande dessinée et ce que je fais aujourd’hui : la notion de story-telling, d’architecture des contenus, de scénarisation…
2. Comment définiriez-vous, en tant que designer et dans votre vie quotidienne, la notion de «mobilité» ?
Nous vivons dans un espace en 3 dimensions, dont nous percevons la profondeur. Elle nous appelle à le traverser, à l’explorer, à le naviguer. C’est dans notre nature la plus profonde. La mobilité commence ici : moi, individu unique, je me déplace dans l’espace, je le traverse. Durant ce temps-là j’ai des activités : je réfléchis, j’observe… Si je suis « transporté », j’ai une certaine autonomie ; je peux alors communiquer, m’informer, faire d’autres activités.
Ainsi, une première façon de définir la mobilité c’est de s’intéresser à tout ce qu’on met en place pour faciliter cette « nécessité » de déplacement et y répondre de façon de plus en plus efficace en termes de distances, de vitesse, et de services qu’y sont rattachés. C’est la question des infrastructures, physiques (les moyens et les réseaux de mobilité) aussi bien que mentales (la représentation des territoires et des réseaux de mobilité, l’information concernant le transport…), les deux niveaux étant bien entendu liés.
Par ailleurs, normalement, je me déplace pour une raison bien particulière (sauf si je flâne, ce qui est en quelque sorte une façon de se déplacer qui se suffit à elle-même). Ainsi, on pourrait dire que la mobilité c’est d’avoir un objectif de déplacement d’un point de départ vers un point d’arrivée. Je me déplace pour satisfaire certains besoins, ce qui m’amène à concevoir des stratégies de mobilité pour pouvoir les atteindre dans les meilleures conditions possibles.
Tout cela demande de la connaissance : déjà, il faut que je sache où je me trouve ; ensuite, il faut que je connaisse les ressources qui sont offertes par le lieu dans lequel je me rends. Ce lieu a une richesse qui lui est propre, un potentiel, que ce soit de services, de rencontres, d’activités… La géo-localisation est une façon d’accéder à cette connaissance de façon dynamique, mais c’est bien plus que cela : en permettant au système de me localiser, j’introduis dans ce même système une donnée concernant le lieu dans lequel je me trouve, et ceci de façon dynamique. Dès lors, le système devient le témoin de mon déplacement et j’instaure avec lui un dialogue. J’accepte ainsi de laisser des traces de mon trajet dans l’espace. Le système récupère ces données et il en fait quelque chose : il les cumule avec d’autres, il les traite, il les analyse, il les pondère, etc. La géo-localisation est liée à la question de la trace. Qu’est-ce que je suis disposé à céder, à partager, concernant la visibilité et la lisibilité de mon histoire personnelle, afin qu’un système en fasse un « quelque chose » que je ne vois pas et dont je ne maîtrise pas forcément tous les tenants et les aboutissants ?
3. Qu’évoque pour vous la notion d’« identité » numérique ?
La question de l’identité est liée précisément à cette notion de la trace. Car à partir du moment où, étant en situation de mobilité, je me déclare comme étant « localisable », alors je déclare un statut donc une identité qui est pertinente et prégnante par rapport à l’expérience spécifique de cette situation. A ce moment-là ma trace prend un sens qui lui est propre. Elle signifie une chose, et pas une autre. Pour moi la question de l’identité c’est celle de la relation de confiance qui existe avec un système, et le cas échéant avec une communauté. Quelle est la promesse ? Qu’est ce que j’ai en échange ? C’est-à-dire, si je cède une partie de ma personnalité (je partage une visibilité qui est intime), qu’est-ce que j’en obtiens en retour ? Quelle valeur j’attribue à ce retour ? Et comment je valorise ma « cession de droits » de cette expérience individuelle et unique ?
C’est une question de grande actualité. Parce que tout ce qui est lié à la géo-localisation et à la traçabilité, ouvre des champs de possibles, notamment en termes de services d’information à valeur ajoutée, gigantesques. La question est de savoir ce que nous, en tant que citoyens, en tant qu’usagers, en tant qu’êtres humains, avons envie de céder, quelle est la maîtrise que l’on a et que l’on souhaite avoir de cette information que l’on cède. Car je suis convaincu qu’il s’agit vraiment d’une part de nous même, c’est notre temps unique, notre motivation, notre désir, ce qui nous fait sortir dans la rue, se déplacer, aller dans un lieu donné à un moment donné…
C’est un enjeu sociétal qui est même en amont de la question de l’interaction et des services eux-mêmes. Il s’agit de savoir jusqu’à quel point on a envie d’être dans une société dans laquelle tout le monde est identifié, tout le monde laisse des traces, et quels sont les contre-pouvoirs et les systèmes de contrôle qu’on met en place.
Par exemple, quelle est la durée de vie de ces traces, dans une sorte de gigantesque mémoire numérique collective ? Ces données-là, qu’est-ce qu’elles deviennent ? A qui appartiennent-elles ? Est-ce que mon trajet m’appartient ? Est-ce une donnée personnelle ? Est-ce une donnée collective, à partir du moment où je suis dans l’espace public par exemple ? Est-ce une donnée de l’opérateur de transport, lorsque je suis dans son réseau ?
Aujourd’hui on se demande, dans les transports en commun, à qui appartiennent les données de l’exploitation en temps réel. L’opérateur organise son offre selon le contrat qui le lie à son autorité régulatrice, donc s’engage sur un horaire. C’est ce qu’on appelle le « temps théorique ». Cela appartient à tout le monde, parce que le temps théorique c’est le temps contractuel et c’est aussi l’information de base qui permet d’utiliser le réseau. En revanche, la donnée temporelle que l’exploitant produit par lui-même, générée dynamiquement par l’exploitation réelle (le train qui est réellement part de cette station à ce moment là, et accuse peut-être un retard, un décalage par rapport à l’horaire théorique), appartient à l’opérateur. Ça pose problème. Car dans une logique de partage des données, c’est à dire d’interopérabilité des données multimodales en temps réel, il faut se mettre d’accord sur la propriété de ces données et des règles de partage.
En poussant la métaphore, je pense qu’on arrivera assez rapidement à avoir le même questionnement par rapport au statut de la trace générée par chaque individu mobile. Si cette trace a une valeur, comment cette valeur est « rétribuée » à partir du moment où elle est partagée ? Quel serait un dialogue gagnant-gagnant que l’on peut envisager ? On peut imaginer plusieurs choses, pas forcément en termes de transaction économique.
La notion d’identité numérique mobile amène d’autres questions, notamment celle de la nature d’une « identité dynamique ». Suis-je la même personne selon les lieux dans lesquels je me trouve, selon les choses que je fais, quand je me trouve à mon point d’origine et quand je me trouve à mon point de destination ? Quel est le statut de mes identités multiples, mes alias ? Dans ma propre expérience des sites de e-commerce, par exemple, je me rends compte – et ce n’est pas du tout intentionnel – que je ne suis pas forcément la même personne partout. Alors que ce serait sans doute plus simple pour moi en termes de mémoire, de mot de passe, de profil client etc.
Ils commencent à exister des systèmes de compte unique, des « coffre-forts d’identité », qui récupèrent une identité unique à chaque fois que je me connecte à différents systèmes. Nous avons d’ailleurs travaillé à l’agence sur un dispositif de ce type dans le domaine du service public en ligne. Mais nous avions réalisé à l’époque, notamment à l’occasion de tests utilisateurs, que cela ne va pas de soi, même dans un domaine dans lequel il y a des enjeux assez explicites et évidents, comme justement la relation avec l’administration.
Personnellement, je constate que l’usage que je fais de mon identité numérique, ne me mène pas naturellement vers une logique de convergence. La réalité c’est que, de fait, j’ai des identités différentes. Je ne suis pas forcément la même personne sur Facebook que sur Twitter, que sur le site de e-commerce de la Fnac etc. Il s’agit bien sûr de nuances, mais ces nuances contextuelles ont sans doute un sens, même si je ne saurais pas l’interpéter. Est-ce qu’on a envie d’être le même partout ? Je ne sais pas, je n’ai pas de réponse à ça.
4. Pouvez-vous nous parler d’un projet récent dans lequel la mobilité occupe une place stratégique ?
L’agence Attoma est aujourd’hui impliquée dans un projet très intéressant : celui de la signalétique de la future nouvelle salle d’échange de Châtelet-Les Halles. En fait, dans le cadre du projet on ne réfléchit plus dans la logique de la seule salle d’échange, mais dans celle d’un seul pôle multimodal qui va des Halles jusqu’à la Seine. C’est une autre vision de la mobilité urbaine, beaucoup plus systémique. On réfléchit en termes d’orientation, donc de jalonnement, mais on y intègre aussi, dès l’amont, la problématique de l’information en temps réel. On est alors arrivés, par le bais de la scénarisation des usages, à décomposer l’information en temps réel en des formats différents selon les lieux où l’on se trouve. La technologie permet d’avoir des briques d’information en temps réel à différentes échelles, dans des lieux différents. Tu n’as pas la même information quand tu arrives par exemple à l’extérieur du pôle, parce que tu peux juste avoir besoin de savoir si une ligne donnée fonctionne ou pas, s’il y a une perturbation par exemple. Quand tu t’approches tu as peut-être besoin d’avoir une vue synthétiques des prochains départs. Puis quand tu arrives sur le quai, là tu as besoin de connaître exactement les dessertes de chaque train au départ, etc. Donc il y a une notion de profondeur de l’information en temps réel, qui est très intéressante car ça permet d’envisager un accompagnement de l’information dans l’environnement, personnalisée par rapport aux besoins du voyageur à ce moment-là, à son avancement dans la navigation de l’espace, et de réduire sa charge cognitive. Là on est en phase d’AVP, donc tout le monde trouve toutes les idées très intéressantes, il faudra voir au cours du projet si ces partis pris tiennent dans le temps. C’est assez étonnant, dans le domaine de l’information, de travailler sur un projet avec un tel décalage. Le nouveau pôle sera ouvert en 2015, 2016. Donc on est en train d’imaginer des choses aujourd’hui avec des technologies qui seront probablement obsolètes au moment de la mise en service… Ainsi, il faut que la construction logique soit suffisamment robuste pour que les principes continuent à avoir du sens, même si la technologie évolue.
5. Quels sont selon vous les enjeux de l’identité « numérique » et de la mobilité auxquels nous allons être confrontés prochainement?
Les principaux enjeux de la mobilité pour les prochaines années, pour moi, concernent des questions de modèle économique, d’usages, et d’acteurs. Les enjeux technos sont selon moi assez secondaires. Je pense que ce n’est pas là que ça se joue ; il y a plein de solutions et il y en aura plein d’autres demain. Mais ce qu’on n’a pas encore résolu et qu’on ne comprend pas encore très bien, c’est le nouveau modèle économique de « l’information de mobilité ». Car celui qui existe aujourd’hui ne semble plus adapté.
D’autre part, une autre question intéressante c’est de comprendre comment on intègre dans les dispositifs des comportements qu’on souhaite en réalité « orienter ». Car il est nécessaire que la mobilité évolue, que les gens se déplacent différemment –voir moins. Quels sont les leviers que l’on met en œuvre pour pouvoir rendre cela possible ? La question du « jeu des acteurs », que j’ai évoquée précedemment, c’est de savoir qui pilote quoi à un moment donné, et qui est légitime à se saisir d’une démarche de changement et avec quels moyens. Comment l’information est-elle gérée ? Par qui ? Et comment la relation entre l’information, la régulation et la gouvernance est-elle organisée ? Là aussi il y a des modèles qui ne sont plus forcément tout-à-fait adaptés à ce qui nous attends, et qui devront évoluer. Et la question des usages, ça reste évidemment mon point de préoccupation majeur, c’est justement de comprendre comment on peut rendre la mobilité simple et lisible, alors même qu’elle devient de plus en plus compliquée. Comment permettra-t-on aux utilisateurs d’intégrer une offre qui devient de plus en plus pléthorique et illisible ? Ce ne sont jamais des questions qu’on se pose suffisamment en amont, mais elles viendront bien sur le tapis tôt ou tard.
Une étude menée en octobre 2008 par l’agence Create with Context. À voir si maintenant les gens utilisent toujours leur iPhone de cette façon ou si les usages ont évolués et leur accessibilité est devenue plus aisée.
Bonjour Lucas, pouvez-vous vous présenter ? Que faites vous dans la vie ?
Lucas Delattre, je suis responsable de la communication à l’Institut Français de la Mode. C’est un établissement d’enseignement supérieur basé à Paris et qui délivre des diplômes de type master en management de la mode, du luxe, du design des industries créatives. C’est aussi une école de création de mode, internationale, de haut niveau, et un centre de ressources pour l’ensemble de la profession avec un observatoire économique, des experts de la consommation et de la distribution. C’est un institut qui publie beaucoup de choses dans le domaine des sciences humaines reliées toujours aux industries de la création. Je suis un ancien journaliste. J’ai fait ce métier pendant 10 ans. Ensuite je suis passé a la Com. J’ai dirigé le bureau de Paris du Cconseil de l’Europe et je suis arrivé par le hasard des amitiés à l’IFM. Ce n’est pas du tout mon terrain d’origine car je n’étais pas journaliste de mode, j’étais journaliste en relations internationales : correspondant à l’étranger puis journaliste au « Monde » dans la rubrique internationale pendant quelques années.
Qu’évoque pour vous la notion d’identité numérique pour vous ? Dans votre travail ?
C’est avant tout les traces que l’on laisse sur le net, c’est très très utile d’avoir des comptes. Ca peut être une page Google. Ca peut être un profil Facebook, Twitter que j’utilise. Mais l’identité numérique pour moi ça veux dire un certain nombre d’informations me concernant, qui font partie d’un nuage comme on dit aujourd’hui. C’est très utile, et de plus en plus d’ailleurs. Je suis très content de stocker mes info sur un réseaux. Il m’est déjà arrivé plusieurs fois de perdre un ordinateur ou de me le faire voler. Je vois tous les avantages de ce système. En même temps, je suis assez conscient des problèmes de traçabilité, de référencement de la personne, qui peuvent avoir un certain nombre d’inconvénients concernant l’anonymat et la protection des données. Donc, je laisse le moins possible d’informations me concernant. Je le fais parce que je suis un utilisateur de e-commerce par exemple. Parfois pour accéder au paiement, il faut laisser sa date de naissance ou dire si l’on est un homme ou une femme. Pour moi c’est le maximum que je laisse. Je ne laisse pas de mot passe. Je n’utilise pas de coffre fort numérique. Il y a des services qui proposent de conserver ses données personnelles dans un fichier strictement inaccessible, mais je n’ai pas encore confiance.
Dans le travail, je suis très content d’avoir dissocié mon identité numérique perso de mon identité professionnelle en séparant mon profil Facebook perso de celui de l’IFM. Je vais enfin pouvoir travailler en n’affichant que ma fonction et non ma personnalité (au départ tout était un peu confondu, par manque de maîtrise des outils).
Selon les réseaux dans lesquels on s’exprime, on a une identité qui n’est pas forcément la même. L’identité c’est aussi celle que te renvoie tes dialogues avec tes interlocuteurs, c’est très mouvant. Je ne suis pas sûr d’être pleinement conscient de ma propre identité. Je pense au fait qu’en ayant mélangé les choses en utilisant mon profil personnel pour gérer les infos de l’Institut Français de la Mode, je me suis retrouvé ami avec des gens avec lesquels je n’aurais jamais été amis par ailleurs. Des amis qui ont des centres d’intérêt très éloignés des miens. La mode par exemple est un centre d’intérêt très éloigné de mes préoccupations personnelles. C’est un métier pour moi, ce n’est pas quelque chose qui me touche profondément. Au fur et a mesure que je fais ce métier je me rends compte qu’il y a des porosités et des influences. On est une personne et finalement l’identité numérique renvoie à une réalité profonde, qui est le résultat d’un mélange d’influences diverses, de rencontres. Finalement l’avantage du numérique c’est qu’on doit s’exprimer clairement, alors que dans la vie réelle on est plus libre de taire, de ne pas formuler des choses. Il y a peut-être ici quelque chose de révélateur du monde numérique. C’est un monde d’expression, alors que le monde réel est plus un monde d’impression. D’ailleurs, je considère que Twitter est une révolution plus grande que Facebook : l’outil Twitter permet véritablement d’entrer dans le cerveau de n’importe qui (savoir ce qui l’intéresse, ce qu’il voit, ce qu’il retient de ses lectures…) alors que Facebook est une plate-forme où s’échangent trop de banalités qui ne m’intéressent pas du tout.
Quels sont, selon vous, les enjeux de l’identité numérique dans la mobilité ?
C’est la révolution du smartphone, qui est quelque chose que je vis positivement. Quelque chose de très important. Juste le fait d’avoir une activité numérique dans son lit, vers minuit, c’est quelque chose de nouveau pour moi depuis que j’ai un iPhone. C’est comme avoir un troisième bras. L’ordinateur portable qui chauffe sur les genoux ça atteint vite ses limites! Au bout de 3 ou 4 d’heures, tu as envie de l’arrêter. Là tu peux y passer deux heures. Il m’est déjà arrivé de passer deux heures entre minuit et deux heures du matin à m’exprimer avec des contacts ou à lire des choses. Les réseaux sont un prolongement de ton identité et quand tu es sur Facebook ou Twitter c’est ça l’enjeu. Cette question de la station allongée m’a paru vraiment nouvelle. La mobilité, le voyage, le déplacement, le fait de pouvoir lire n’importe quel contenu de n’importe quelle partie du monde n’importe où, où que l’on se trouve, pourvu qu’il y ait un réseau disponible c’est évidement une révolution.
Pouvez-vous nous donner des exemples d’usages d’identité numérique dans la mobilité ? Dans votre vie quotidienne, dans votre travail?
La question du nuage a changé beaucoup de chose pour moi. Me trouvant en Chine et ayant besoin d’accéder à mon agenda, je peux le faire par une page Google, Netvibes etc… Cela a été un changement très positif pour moi. D’autant plus qu’en Chine, je me suis fait voler mon ordinateur portable dans lequel il y avait énormément de choses qui n’avaient pas de back up. La notion de back up automatique est une notion qui me plait bien. Je ne connais pas encore vraiment « mobile me » d’Apple, mais il faut que j’aille y voir de plus près.
Avoir un back up de tout ce que l’on fait et avoir un centre de ressources personnel c’est vraiment important. C’est très contradictoire avec ce que je t’ai dit sur le coffre fort numérique mais je pense que j’y viendrai.
Je ne suis pas excessivement prudent, il m’est arrivé d’acheter un jeu en ligne pour mon fils, un jeu de simulateur par exemple. Sans connaître l’émetteur, ni le fabricant, je sais que c’est au Etats-Unis… Si ça me semble correct : j’y vais.
Quels sont, selon vous, les enjeux de l’identité numérique mobile ?
L’enjeu politique numéro un c’est la confidentialité, la traçabilité, le profilage. Tant que l’on peut avoir la liberté de décocher une case, j’accepte de faire confiance. Mais si on se trouve environné de messages ciblés sur son profil, cela commence a me déranger. Même si je n’ai rien à cacher, fondamentalement je n’ai rien à cacher. Je ne m’inquiète pas trop de la notion de « cyber police »…
Hier j’ai reçu un courrier m’annonçant que j’avais 9 points sur mon permis de conduire et pas 12. Le fait que cela m’arrive par courrier et le fait que je n’ai pas accès à cette information sur un site internet me dérange. Je prendrais les choses à l’envers et dirais que le monde ancien finalement – la centralisation de données dans des silos en brique et pas numérique – me dérange presque plus que de savoir que je suis fiché sous toutes les coutures mais que j’ai accès moi-même au données. Si tu as accès a tes données, tu es rassuré. Si tu n’a pas accès a tes données, qu’elles soient numériques ou pas, tu sais que des choses s’écrivent sur toi mais que tu n’y a pas accès. Cela me dérange beaucoup et ça n’a rien a voir avec le numérique ou le non numérique.
Enjeux négatif, enjeu danger… L’enjeu positif, c’est l’accès au savoir. C’est une avancée énorme. L’identité mobile pour moi c’est aussi une avancée dans le droit de chacun à maîtriser ses données. Cela peut donner les moyens de garder le contrôle. Je suis prêt à partager le contrôle. De toute façon, quoi qui se passe, ceux qui veulent nous contrôler y arrivent. J’y vois un moyen de disposer d’un outil extraordinaire.
Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2010 ?
L’enjeu est de savoir si l’on va pouvoir tout faire avec un téléphone mobile. Je fais énormément de choses avec. L’autre jour, j’ai reservé des places de spectacle sur l’application Fnac de l’iphone après avoir échoué à le faire sur leur site. A l’inverse, j’ai voulu me renseigner sur un horaire de la sncf, et il a fallu que je téléphone car la gare était trop petite pour faire partie de l’application. J’ai l’impression qu’on en est au tout début. C’est très frappant de voir les possibilités. Cela vaut pour internet et les nouvelles technologies. Il y a un décalage énorme entre les possibilités qui s’ouvrent et l’offre disponible. On a des outils absolument inouïs et l’offre n’est pas encore du tout à la hauteur.
Ce qui me rassure c’est de voir que tout ce qui est plus intéressant est gratuit : en matière culturelle, les textes, les livres… Je suis très preneur de l’ebook. Je suis un gros lecteur sur l’iphone. Je trouve que le format du reader stanza de l’iphone est très agréable. Le fait de pouvoir indexer les passages… est-ce que cela fait partie de l’identité numérique mobile? Je ne sais pas. Mais le fait de pouvoir lire Don Quichotte dans n’importe quel RER fait partie de mon identité, cela influe sur mon identité, mon existence profonde.
Merci Lucas.
// Propos recueillis par Kévin.
Bonjour Lucas, pouvez-vous vous présenter ? Que faites vous dans la vie ?
Lucas Delattre, je suis responsable de la communication à l’Institut Français de la Mode. C’est un établissement d’enseignement supérieur basé à Paris et qui délivre des diplômes de type master en management de la mode, du luxe, du design des industries créatives. C’est aussi une école de création de mode, internationale, de haut niveau, et un centre de ressources pour l’ensemble de la profession avec un observatoire économique, des experts de la consommation et de la distribution. C’est un institut qui publie beaucoup de choses dans le domaine des sciences humaines reliées toujours aux industries de la création. Je suis un ancien journaliste. J’ai fait ce métier pendant 10 ans. Ensuite je suis passé a la Com. J’ai dirigé le bureau de Paris du Cconseil de l’Europe et je suis arrivé par le hasard des amitiés à l’IFM. Ce n’est pas du tout mon terrain d’origine car je n’étais pas journaliste de mode, j’étais journaliste en relations internationales : correspondant à l’étranger puis journaliste au « Monde » dans la rubrique internationale pendant quelques années.
Qu’évoque pour vous la notion d’identité numérique pour vous ? Dans votre travail ?
C’est avant tout les traces que l’on laisse sur le net, c’est très très utile d’avoir des comptes. Ca peut être une page Google. Ca peut être un profil Facebook, Twitter que j’utilise. Mais l’identité numérique pour moi ça veux dire un certain nombre d’informations me concernant, qui font partie d’un nuage comme on dit aujourd’hui. C’est très utile, et de plus en plus d’ailleurs. Je suis très content de stocker mes info sur un réseaux. Il m’est déjà arrivé plusieurs fois de perdre un ordinateur ou de me le faire voler. Je vois tous les avantages de ce système. En même temps, je suis assez conscient des problèmes de traçabilité, de référencement de la personne, qui peuvent avoir un certain nombre d’inconvénients concernant l’anonymat et la protection des données. Donc, je laisse le moins possible d’informations me concernant. Je le fais parce que je suis un utilisateur de e-commerce par exemple. Parfois pour accéder au paiement, il faut laisser sa date de naissance ou dire si l’on est un homme ou une femme. Pour moi c’est le maximum que je laisse. Je ne laisse pas de mot passe. Je n’utilise pas de coffre fort numérique. Il y a des services qui proposent de conserver ses
données personnelles dans un fichier strictement inaccessible, mais je n’ai pas encore confiance.
Dans le travail, je suis très content d’avoir dissocié mon identité numérique perso de mon identité professionnelle en séparant mon profil Facebook perso de celui de l’IFM. Je vais enfin pouvoir travailler en n’affichant que ma fonction et non ma personnalité (au départ tout était un peu confondu, par manque de maîtrise des outils).
Selon les réseaux dans lesquels on s’exprime, on a une identité qui n’est pas forcément la même. L’identité c’est aussi celle que te renvoie tes dialogues avec tes interlocuteurs, c’est très mouvant. Je ne suis pas sûr d’être pleinement conscient de ma propre identité. Je pense au fait qu’en ayant mélangé les choses en utilisant mon profil personnel pour gérer les infos de l’Institut Français de la Mode, je me suis retrouvé ami avec des gens avec lesquels je n’aurais jamais été amis par ailleurs. Des amis qui ont des centres d’intérêt très éloignés des miens. La mode par exemple est un centre d’intérêt très éloigné de mes préoccupations personnelles. C’est un métier pour moi, ce n’est pas quelque chose qui me touche profondément. Au fur et a mesure que je fais ce métier je me rends compte qu’il y a des porosités et des influences. On est une personne et finalement l’identité numérique renvoie à une réalité profonde, qui est le résultat d’un mélange d’influences diverses, de rencontres. Finalement l’avantage du numérique c’est qu’on doit s’exprimer clairement, alors que dans la vie réelle on est plus libre de taire, de ne pas formuler des choses. Il y a peut-être ici quelque chose de révélateur du monde numérique. C’est un monde d’expression, alors que le monde réel est plus un monde d’impression. D’ailleurs, je considère que Twitter est une révolution plus grande que Facebook : l’outil Twitter permet véritablement d’entrer dans le cerveau de n’importe qui (savoir ce qui l’intéresse, ce qu’il voit, ce qu’il retient de ses lectures…) alors que Facebook est une plate-forme où s’échangent trop de banalités qui ne m’intéressent pas du tout.
Quels sont, selon vous, les enjeux de l’identité numérique dans la mobilité ?
C’est la révolution du smartphone, qui est quelque chose que je vis positivement. Quelque chose de très important. Juste le fait d’avoir une activité numérique dans son lit, vers minuit, c’est quelque chose de nouveau pour moi depuis que j’ai un iPhone. C’est comme avoir un troisième bras. L’ordinateur portable qui chauffe sur les genoux ça atteint vite ses limites! Au bout de 3 ou 4 d’heures, tu as envie de l’arrêter. Là tu peux y passer deux heures. Il m’est déjà arrivé de passer deux heures entre minuit et deux heures du matin à m’exprimer avec des contacts ou à lire des choses. Les réseaux sont un prolongement de ton identité et quand tu es sur Facebook ou Twitter c’est ça l’enjeu. Cette question de la station allongée m’a paru vraiment nouvelle. La mobilité, le voyage, le déplacement, le fait de pouvoir lire n’importe quel contenu de n’importe quelle partie du monde n’importe où, où que l’on se trouve, pourvu qu’il y ait un réseau disponible c’est évidement une révolution.
Pouvez-vous nous donner des exemples d’usages d’identité numérique dans la mobilité ? Dans votre vie quotidienne, dans votre travail?
La question du nuage a changé beaucoup de chose pour moi. Me trouvant en Chine et ayant besoin d’accéder à mon agenda, je peux le faire par une page Google, Netvibes etc… Cela a été un changement très positif pour moi. D’autant plus qu’en Chine, je me suis fait voler mon ordinateur portable dans lequel il y avait énormément de choses qui n’avaient pas de back up. La notion de back up automatique est une notion qui me plait bien. Je ne connais pas encore vraiment « mobile me » d’Apple, mais il faut que j’aille y voir de plus près.
Avoir un back up de tout ce que l’on fait et avoir un centre de ressources personnel c’est vraiment important. C’est très contradictoire avec ce que je t’ai dit sur le coffre fort numérique mais je pense que j’y viendrai.
Je ne suis pas excessivement prudent, il m’est arrivé d’acheter un jeu en ligne pour mon fils, un jeu de simulateur par exemple. Sans connaître l’émetteur, ni le fabricant, je sais que c’est au Etats-Unis… Si ça me semble correct : j’y vais.
Quels sont, selon vous, les enjeux de l’identité numérique mobile ?
L’enjeu politique numéro un c’est la confidentialité, la traçabilité, le profilage. Tant que l’on peut avoir la liberté de décocher une case, j’accepte de faire confiance. Mais si on se trouve environné de messages ciblés sur son profil, cela commence a me déranger. Même si je n’ai rien à cacher, fondamentalement je n’ai rien à cacher. Je ne m’inquiète pas trop de la notion de « cyber police »…
Hier j’ai reçu un courrier m’annonçant que j’avais 9 points sur mon permis de conduire et pas 12. Le fait que cela m’arrive par courrier et le fait que je n’ai pas accès à cette information sur un site internet me dérange. Je prendrais les choses à l’envers et dirais que le monde ancien finalement – la centralisation de données dans des silos en brique et pas numérique – me dérange presque plus que de savoir que je suis fiché sous toutes les coutures mais que j’ai accès moi-même au données. Si tu as accès a tes données, tu es rassuré. Si tu n’a pas accès a tes données, qu’elles soient numériques ou pas, tu sais que des choses s’écrivent sur toi mais que tu n’y a pas accès. Cela me dérange beaucoup et ça n’a rien a voir avec le numérique ou le non numérique.
Enjeux négatif, enjeu danger… L’enjeu positif, c’est l’accès au savoir. C’est une avancée énorme. L’identité mobile pour moi c’est aussi une avancée dans le droit de chacun à maîtriser ses données. Cela peut donner les moyens de garder le contrôle. Je suis prêt à partager le contrôle. De toute façon, quoi qui se passe, ceux qui veulent nous contrôler y arrivent. J’y vois un moyen de disposer d’un outil extraordinaire.
Plus généralement, quelles sont vos prévisions pour 2010 ?
L’enjeu est de savoir si l’on va pouvoir tout faire avec un téléphone mobile. Je fais énormément de choses avec. L’autre jour, j’ai reservé des places de spectacle sur l’application Fnac de l’iphone après avoir échoué à le faire sur leur site. A l’inverse, j’ai voulu me renseigner sur un horaire de la sncf, et il a fallu que je téléphone car la gare était trop petite pour faire partie de l’application. J’ai l’impression qu’on en est au tout début. C’est très frappant de voir les possibilités. Cela vaut pour internet et les nouvelles technologies. Il y a un décalage énorme entre les possibilités qui s’ouvrent et l’offre disponible. On a des outils absolument inouïs et l’offre n’est pas encore du tout à la hauteur.
Ce qui me rassure c’est de voir que tout ce qui est plus intéressant est gratuit : en matière culturelle, les textes, les livres… Je suis très preneur de l’ebook. Je suis un gros lecteur sur l’iphone. Je trouve que le format du reader stanza de l’iphone est très agréable. Le fait de pouvoir indexer les passages… est-ce que cela fait partie de l’identité numérique mobile? Je ne sais pas. Mais le fait de pouvoir lire Don Quichotte dans n’importe quel RER fait partie de mon identité, cela influe sur mon identité, mon existence profonde.
Bonjour Nicolas, qui êtes vous, que faites vous dans la vie ?
Je suis un homme de 35 ans, profil MBTI « intj »*, et je travaille aujourd’hui à Minatec (www.minatec.com/), pour le CEA/ Leti. Pour ne parler que de ça, mon travail consiste à écouter des utilisateurs potentiels de nouvelles technologies afin d’imaginer avec eux de nouveaux produits et de nouveaux services. Auparavant, j’étais consultant freelance, ou associé dans de petites structures de conseil. * dans certaines grosses sociétés américaines IT, le profil MBTI est tellement crédible qu’il figure sur la carte de visite.
Pour vous, qu’est-ce que l’identité numérique ? Comment s’exprime-t-elle dans votre travail ?
L’identité numérique, c’est une suite de représentations partielles de soi, de surface, que l’on utilise avec plus où moins de bonheur. En cela, pas de différences majeures avec les supports précédents qui remplissaient la même fonction sociale; sinon que, peut être, la rapidité d’irruption des technologies d’info et de com’ fait que nous ne sommes pas égaux dans la constitution de ces petites ambassades de soi. Je me sens aujourd’hui (un peu) dépassé par la génération Y-.
J’ai toutefois eu deux chances :
1/ J’ai grandi avec la première génération de PC grand public, avec des interfaces graphiques (j’ai eu mon premier PC à 12 ans, je crois, merci à mes parents).
2/ Et j’ai littéralement vu arriver Internet avant la plupart des gens (je devais avoir 18 ans la première fois, par chance…)
Ces « opportunités » expliquent en partie mon rapport actuel aux nouvelles technologies :
1bis : je ne suis pas très disposé à programmer, donc je suis un bon indicateur de la naturalité d’un service
2 bis : je ne suis pas inhibé par Internet, je crois profondément que tout y est très superficiel et volatile.
Dans mon travail :
- je considère que je n’ai « rien à cacher ». Depuis que je vais sur Internet, je crois ne jamais avoir pris de pseudonyme – y compris à une époque sur des forums privés, de rencontre, ce qui détonait plutôt. Au plus, j’ai utilisé quelques images plus ou moins abstraites comme avatar.
- ceci dit, je me dois, aujourd’hui en particulier, de faire un peu attention aux traces que je laisse, et parfois à la récupération des documents que je poste.
- travaillant au CEA… je suis à la fois relativement accessible pour qui veut, et tenu à une certaine obligation de réserve.
- dans mes vies professionnelles antérieures, c’était un peu la même chose. pour un consultant, il y a toujours une certaine obligation de discrétion commerciale, même quand on ne travaille pas sur des sujets objectivement sensibles.
- du coup, mon CV (premier dépositaire de mon identité numérique, et qui circule toujours un peu malgré moi) comporte quelques intitulés allusifs.
- je ne mets pas d’énergie à alimenter mon profil Linkedin, j’ai tort…
- par ailleurs, ayant des dispositions « corporate » assez limitées, je ne signe pas souvent mes mails autrement que par mon nom (je n’indique quasiment jamais ma fonction).
J’ai eu quelques expériences de collaboration purement virtuelles (notamment avec la Chine, dans des vies professionnelles antérieures)… même si je peux regretter de ne pas avoir pris un verre avec mes collaborateurs, je ne crois pas qu’il y ait eu un vrai préjudice, mais c’est plus le fait de mon profil MBTI qu’autre chose, je crois. Je peux comprendre l’appétence de nombreuses personnes à mettre vite de la chair à une relation de travail.
Comment définissez-vous l’identité numérique dans la mobilité ?
A mon poste actuel, il n’est pas trop souhaitable de jouer avec son identité numérique, de multiplier les présences virtuelles (même simplement sur des sites sociaux). Je suis déjà relativement privilégié dans la mesure où j’ai un ordinateur portable (ce n’est pas le cas de tout le monde au CEA), mais je n’ai même pas demandé le dongle qui me permettrait de me connecter en VPN sécurisé, parce que je ne me connecte jamais en dehors du réseau local du CEA. Ma carte Wifi n’a jamais servi. J’ai des « relais » personnels en cas de gros impondérables, mais je n’ai jamais eu à les utiliser. Et quand il m’arrive de faire des interventions en mon nom propre (le reliquat de mes vies professionnelles antérieures), je le fais avec des machines personnelles. En fait, mon « existence » professionnelle numérique est très cloisonnée, sans que cela ne me pèse – j’en veux pour preuve le fait que je n’ai même pas demandé de carte de visite papier. En général, quand une relation professionnelle a besoin de s’établir, je n’ai aucun mal à me mettre en position d’initiateur.
Pouvez-vous nous donner des exemples de l’usage de l’identité numérique dans la mobilité ? Et concernant vos usages ?
Pour des raisons très liées à ma réponse précédente, je préfère relater une double anecdote remontant à l’une de mes vies antérieures :
- en 2003 (?) je me suis offert un Palm Zire, plaisir geek du moment. Une des premières choses que j’ai faite a été de bien documenter ma carte de visite électronique (je crois qu’elle était en format v-card, mais je n’en suis même plus sûr)… et j’ai du en tout et pour tout la beamer 2 ou trois fois seulement… y compris avec le Zire 72 qui l’a remplacé en 2005.
- dans le même temps, ma soeur vivait à New York, et elle me racontait comment ce geste était devenu un code de drague… en gros, dans le métro, un clin d’oeil, on se rapproche et on se beam sa carte (probablement autrement documentée ^^) afin de se donner un chance de se revoir.
C’est ce genre de tensions qui m’intéressent dans mon boulot : comment dessiner des produits qui soient autant rationnels et porteurs de nouveaux usages… parce que riches d’effets de signes (bien entendu, le palm était d’abord un signe extérieur de richesse…). Dans le même registre anecdotique, quand l’iPod était très exclusif, les étudiants se reconnaissant aux écouteurs blancs s’échangeaient leurs prises jack quelques secondes, sans se connaître et sans rien se dire, juste pour découvrir ce qu’un alter ego communautaire Apple pouvait écouter à côté d’eux.
Selon-vous, quels sont les enjeux de l’identité numérique mobile ? À ce sujet, quelques prévisions pour 2010 ?
Sans prendre de pari trop spécifique sur le terme :
- « always on », vieille lune des études IT : ou comment on assure la continuité de présence d’une device à une autre, d’un service à un autre
- conséquence et condition de « always on » : la fluidité de l’indicateur de statut, et la neutralisation de sa nécessaire intrusivité.
- nouvelles formes de politesse numérique : non pas tout à inventer, mais tout à accompagner.
- sophistication du CV numérique
- érosion des sites communautaires massifs,
>> ce ne sont pas des paris, mais des opportunités, à saisir pour les plus malins…
Et si je comprends le sens de ce questionnaire, peut être l’idée d’agrégation des identités numériques mobiles…. par exemple avec une application mobile comme DateCheck. Voir apple byte / Apple table rumors galore ! (tinyurl.com/ycczavq -> 2″35 à 4″30)
> En France : caricatural ? pas compatible avec la CNIL ???… à voir.
Et je ne suis pas le plus objectif au sujet du design de l’émotion autour du carnet d’adresse, mais j’espère que l’équipe d’IDN pourra faire son évangélisation à ce sujet.
Avez-vous un site ou un blog ou un twitter que vous aimeriez nous faire partager ?
Oui, un en particulier, parti littéralement d’un détournement d’identité : www.fakesteve.net/
Autrefois très drôle (et très bien informé), aujourd’hui souvent plus grossier. Mais l’histoire est belle… surtout quand il s’agit d’évoquer les questions d’identité pro.
Nicolas, merci !
Travaux réalisés lors du workshop IDN avec Manuel Lima pendant le mois de Janvier 2010
L’une des 50 personnalités les plus influentes et les plus créatives de l’année 2009 selon le magazine « Creativity ». Manuel est designer d’interaction, chercheur, et créateur de VisualComplexity.com, une encyclopédie en ligne de la visualisation des réseaux complexes.
Manuel a obtenu un diplôme de design industriel a Lisbonne. Il a ensuite étudié, travaillé et enseigné à New York pendant trois ans. Il est actuellement à Londres où il travaille notamment à la rédaction d’un ouvrage sur la visualisation d’informations.
Il nous a fait l’honneur d’animer ce workshop.
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Marie De Quatrebarbes
Le fonctionnement de Facebook repose sur le mélange des différents cercles d’intimité. Les sphères privées et publiques s‘y trouvent, par défaut, inextricablement mêlées. Comment s’y retrouve-t-on dans le brouhaha des conversations? Comment bénéficier des avantages d’un réseau ouvert, sans être inondé par un flot d’information désordonné et composite? Quelles fonctions de filtres cela suppose-t-il, quels affinages? Et, par suite, comment échange-t-on au sein d’un cercle de relations restreint? Comment réguler la perméabilité des différents cercles?
As a social network, Facebook mixes up very heterogenous issues : personal, professional, cultural, etc. By default, different spheres of intimacy meet themeselves and interact. How to deal with this permeability? How do we communicate within each sphere of intimacy? And, as a result, how to find relevant information in this mess? What kind of filter does it suppose? What kind of information do I want to receive from others, and how?
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Kévin Boezennec
Je souhaite développer une application pour téléphone mobile dans laquelle il est possible de voir l’activité de l’ensemble de son réseau d’un seul coup d’œil et ou il est également possible, par la même interface, de rentrer dans un espace d’échange personnel et intime avec l’un de ses contacts.
“I want to develop a mobile adresse book where you can glance at all your network quickly and share a feeling space with one contact, all in the same application.”
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Pascal Chirol
Quel est le futur des données numérique ?
Comment introduire une mémoire sensible de notre utilisation personnel et social a nos fichiers ?
Ou : From TreeMap to MuchroomMap
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Florent Deloison
Représenter, d’une manière ludique, l’évolution de votre relation avec une personne sur un réseau social, et donner envie de s’impliquer encore plus dans cette même relation.
Represent, in a ludic way, the evolution of your relationship with someone on a social network, and make you want to get involved more in that relationship.
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Geoffrey Dorne
Quelles corrélations entre la vie physique & sa représentation en ligne ?
What’s correlation between physical & virtual life ?
La visualisation de données dépasse l’analyse statistique & les algorithmes afin de proposer un sens pour l’utilisateur. Fondée sur un langage visuel & hiérarchique, la visualisation de données trouve un équilibre entre représentation visuelle & unité conceptuelle. Pour ce projet, la dimension sociale sert de point de départ. La complexité des relations entre les individus, les évènements & la création de nouveaux liens sociaux augmente de plus en plus grâce à internet et via des réseaux comme Facebook, Twitter, Linkedin, etc. Mon axe de recherche sera donc de trouver une corrélation entre la vie « physique » & la vie « en ligne» (digital presence & community).
Data visualizations are more than statistical analyses & algorithms. They must make sens for users. Based on a visual language & hierarchical data visualization is a balance between visual & conceptual. For this project, the social dimension is the starting point. I’ll focus on the complexity between people, relationships, events and the networks nodes on Facebook, Twitter, Linkedin, feedburner, my blog, etc.. My work will be to find a correlation between « physical » and « online » life (digital presence & community).
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David Serrault
From: messages
To: communication
How can we humanize emails by making them not only a functional information exchange but also social connections, through visualization? The aim of this research is to intégrate a « social » layer within the email application itself.
Comment humaniser l’email, le transformer non plus seulement en un outil d’échange d’information mais aussi le support d’une relation humanisée grâce à la visualisation. L’objectif de cette recherche est d’intégrer une « couche » sociale à l’intérieur même de l’application.
Je suis directeur de l’équipe User Experience de l’unité d’innovation Orange Vallée, enseignant au laboratoire IDN d’ENSADlab, et également photographe à mes temps perdus.
Je m’intéresse à l’exploration des nouveaux usages qui découlent de la convergence internet / médias / télécom. C’est l’objet du laboratoire EnsadLab où plsu précisément, nous explorons les enjeux de la connexion permanente dans la mobilité et l’impact sur notre identité. De toutes évidences, les modèles d’interactions que nous connaissons vont évoluer, et la contextualisation des expériences, notamment va être clef.
Qu’évoque pour vous la notion d’ « identité numérique mobile » ?
Cela commence par la carte bancaire, mais c’est aussi la tracabilité de mes activités, de mon identité, de mes références, de mes préférences, epour augmenter mes expériences mobiles.
Quels sont, selon vous, les enjeux de l’identité « numérique » dans un contexte de mobilité?
Dans la mobilité, l’identité numérique, c’est pour commencer la capacité à tracer mon activité. C’est que l’on appelle le personal informatics, ou Lifelogging, qui ouvre un nouveau territoire de services. Nike+ en a été l’un des point d’entrée par exemple.
De ce lifelogging vont se structurer des nouveaux usages qui vont s’articuler autour de moi, mes liens forts, mes liens faibles, la république.
Dominique Cardon et Christophe Aguiton ont publié sur ce sujet.
Pour la République, il s’agit des données anomynisées qui vont permettre de visualiser les flux (voir les travaux de Sensable city an Media Lab) pour pouvoir servir ce que l’on appelle une ‘ville temps réel’.
C’est aussi la mémoire des lieux.
C’est la capacité pour les individus d’accéder, depuis leur terminal mobile à une couche d’informations contextualisée, restée jusque-là invisible dans le contexte de mobilité. C’est une forme de réalité augmentée qui ouvre l’accès à des expériences nouvelles.
Avec la convergence internet et telecom, et l’émergence de smartphones simples et grand publique, c’est la réinvention d’Internet qui se construit sous nos yeux. En 2012, nous accéderons à internet principalement via les mobiles. Cela signifie que les usages sont à réinventer. Car toute l’expérience d’internet est héritée d’une logique de bureau, productiviste, sans considération du contexte (la mobilité).
Le contexte est complexe, multi-paramètres. Il inclu notamment le temps, le lieu, les gens autour de moi, mais aussi le contexte culturel.
Peut-être les usages de l’internet mobile vont-ils être plus influencés par la dimension culturelle que ne l’était l’internet fixe.
Voyez-vous d’autres enjeux à l’identité numérique ?
La capacité à rester en contrôle, de préserver son intégrité, et donc fondamentalement à mentir est l’un des enjeux de l’internet mobile. Il s’agit de garantir à l’utilisateur la possibilité de garder le contrôle sur ses informations, de pouvoir mentir sur sa localisation, ou de pouvoir jouer sur certaines facettes de son identité…
La difficulté de l’identité numérique mobile, c’est de transposer et de fédérer des usages fragmentés. C’est finalement un enjeu semblable à l’internet des objets, c’est la fusion du numérique et du réel.
Et c’est là qu’il y a un champs intéressante pour le design : absorber et dissoudre la complexité dans une nouvelle grammaire d’interaction, contextualisée, gestuelle, tactile, visuelle, où de nouvelles métaphores de représentation qui, pour certaine ambigües, pour d’autres explicites, aideront une conscience augmentée.
Quelques sont vos prévisions pour les prochaines années ?
On va voir encore se développer les services géo-localisés, bien sûr. Mais pour le moment, il y a peu de candidats pour des services gagnants. Four square a été la star fin 2009 et on en voit l’usage décroître aujourd’hui. La mécanique du jeu n’a pas été pertinente.
On voit dans la géolocalisation un champs de service à part entière, il y en aura beaucoup, mais l’enjeu me semble être la contextualisation des usages dans la mobilité. L’internet mobile peut commencer par chez moi. Par le simple fait que je cherche une information sur mon iPhone, je peux faire une recherche en rapport à ma localisation, et ça, ça n’était pas possible avec l’internet fixe.
La réalité augmentée va se développer aussi.
Le Lifelogging va aussi se développer également, de toutes évidences. Je suis convaincu du potentiel spectaculaire de ce nouveau champs de services […] L’enjeu de l’émergence de la traçabilité, c’est de rendre clair aux usagers l’usage de cse données, par exemple distinguer ce qui sera anonymisé et public et ce qui ne le sera pas. […]
En 2010, si la tablette Apple sort, ce sera peut-être aussi le début de l’internet mobile. Un iPhone en plus grand. Qui sait si cela ne sera pas un pas nouveau vers la mobilité, une forme de portabilité nouvelle. Je l’espère en tous cas avec une Sim. A suivre…
Le micropaiement et le paiement dans la mobilité vont aussi se développer en 2010. Square, qui a été lancé par le fondateur de Blogger et Twitter est un module qui se connecte sur le téléphone. Je pense que le micropaiement peut faire naitre de nouveaux modèles de business dans les télécoms.
On pourrait imaginer donner gratuitement des téléphones, mais en se rémunérant sur les commissions des transactions. […]
Et puis, on va également voir émerger les usages où l’interaction va se dissoudre dans le geste et notamment toutes ses interactions qui n’ont pas besoin d’un écran, avec un RFID, notamment. J’ai entendu dire que le prochain iPhone intégrerait probablement un RFID. Cela va être très intéressant.