Posted on: février 5th, 2010 Entretien avec Remy Bourganel, Orange Vallée

Qui êtes-vous, Rémy Bourganel ?

Je suis directeur de l’équipe User Experience de l’unité d’innovation Orange Vallée,  enseignant au laboratoire IDN d’ENSADlab, et également photographe à mes temps perdus.

Je m’intéresse à l’exploration des nouveaux usages qui découlent de la convergence internet / médias / télécom. C’est l’objet du laboratoire EnsadLab où plsu précisément, nous explorons les enjeux de la connexion permanente dans la mobilité et l’impact sur notre identité. De toutes évidences, les modèles d’interactions que nous connaissons vont évoluer, et la contextualisation des expériences, notamment va être clef.

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Qu’évoque pour vous la notion d’ « identité numérique mobile » ?

Cela commence par la carte bancaire, mais c’est aussi la tracabilité de mes activités, de mon identité, de mes références, de mes préférences, epour augmenter mes expériences mobiles.

Quels sont, selon vous, les enjeux de l’identité « numérique » dans un contexte de mobilité?

Dans la mobilité, l’identité numérique, c’est pour commencer la capacité à tracer mon activité.  C’est que l’on appelle le personal informatics, ou Lifelogging, qui ouvre un nouveau territoire de services. Nike+ en a été l’un des point d’entrée par exemple.

De ce lifelogging vont se structurer des nouveaux usages qui vont s’articuler autour de moi, mes liens forts, mes liens faibles, la république.

Dominique Cardon et Christophe Aguiton ont publié sur ce sujet.

Pour la République, il s’agit des données anomynisées qui vont permettre de visualiser les flux (voir les travaux de Sensable city an Media Lab) pour pouvoir servir ce que l’on appelle une ‘ville temps réel’.

C’est aussi la mémoire des lieux.

C’est la capacité pour les individus d’accéder, depuis leur terminal mobile à une couche d’informations contextualisée, restée jusque-là invisible dans le contexte de mobilité. C’est une forme de réalité augmentée qui ouvre l’accès à des expériences nouvelles.

Avec la convergence internet et telecom, et l’émergence de smartphones simples et grand publique, c’est la réinvention d’Internet qui se construit sous nos yeux. En 2012, nous accéderons à internet principalement via les mobiles. Cela signifie que les usages sont à réinventer. Car toute l’expérience d’internet est héritée d’une logique de bureau, productiviste, sans considération du contexte (la mobilité).

Le contexte est complexe, multi-paramètres. Il inclu notamment le temps, le lieu, les gens autour de moi, mais aussi le contexte culturel.

Peut-être les usages de l’internet mobile vont-ils être plus influencés par la dimension culturelle que ne l’était l’internet fixe.

Voyez-vous d’autres enjeux à l’identité numérique ?

La capacité à rester en contrôle, de préserver son intégrité, et donc fondamentalement à mentir est l’un des enjeux de l’internet mobile. Il s’agit de garantir à l’utilisateur la possibilité de garder le contrôle sur ses informations, de pouvoir mentir sur sa localisation, ou de pouvoir jouer sur certaines facettes de son identité…

La difficulté de l’identité numérique mobile, c’est de transposer et de fédérer des usages fragmentés. C’est finalement un enjeu semblable à l’internet des objets, c’est la fusion du numérique et du réel.

Et c’est là qu’il y a un champs intéressante pour le design : absorber et dissoudre la complexité dans une nouvelle grammaire d’interaction, contextualisée, gestuelle, tactile,  visuelle, où de nouvelles métaphores de représentation qui, pour certaine ambigües, pour d’autres explicites, aideront une conscience augmentée.

Quelques sont vos prévisions pour les prochaines années ?

On va voir encore se développer les services géo-localisés, bien sûr. Mais pour le moment, il y a peu de candidats pour des services gagnants. Four square a été la star fin 2009 et on en voit l’usage décroître aujourd’hui. La mécanique du jeu n’a pas été pertinente.

On voit dans la géolocalisation un champs de service à part entière, il y en aura beaucoup, mais l’enjeu me semble être  la contextualisation des usages dans la mobilité. L’internet mobile peut commencer par chez moi. Par le simple fait que je cherche une information sur mon iPhone,  je peux faire une recherche en rapport à ma localisation, et ça, ça n’était pas possible avec l’internet fixe.

La réalité augmentée va se développer aussi.

Le Lifelogging va aussi se développer également, de toutes évidences. Je suis convaincu du potentiel spectaculaire de ce nouveau champs de services […] L’enjeu de l’émergence de la traçabilité, c’est de rendre clair aux usagers l’usage de cse données, par exemple distinguer ce qui sera anonymisé et public et ce qui ne le sera pas. […]

En 2010, si la tablette Apple sort, ce sera peut-être aussi le début de l’internet mobile. Un iPhone en plus grand. Qui sait si cela ne sera pas un pas nouveau vers la mobilité, une forme de portabilité nouvelle. Je l’espère en tous cas avec une Sim. A suivre…

Le micropaiement et le paiement dans la mobilité vont aussi se développer en 2010. Square, qui a été lancé par le fondateur de Blogger et Twitter est un module qui se connecte sur le téléphone. Je pense que le micropaiement peut faire naitre de nouveaux modèles de business dans les télécoms.

On pourrait imaginer donner gratuitement des téléphones, mais en se rémunérant sur les commissions des transactions. […]

Et puis, on va également voir émerger les usages où l’interaction va se dissoudre dans le geste et notamment toutes ses interactions qui n’ont pas besoin d’un écran, avec un RFID, notamment. J’ai entendu dire que le prochain iPhone intégrerait probablement un RFID. Cela  va être très intéressant.

Rémy, merci !

Merci à vous !

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Propos recueillis par David et Florent.

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